Edward & Bella

Edward & Bella

samedi 14 avril 2012

Quand vient l'ennui...

Leur terrible métamorphose achevée, les Lycans hululèrent à la gloire de la lune et tournèrent enfin leurs grosses gueules repoussantes vers nous.
Leurs yeux vermillon luisaient dans la nuit noire légèrement éclairée par la lune.
Brusquement, je me figeais, incapable de réagir, lorsque l’un d’eux se jeta sur moi…

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Je percutais violemment le sol, emporté par le poids du loup-garou et m’apprêtais à riposter en entendant les hurlements stridents de ma Bella, mais la bête m’enlaça étroitement avant de me lécher goulument le visage. Beurk ! Le Lycan s’arracha de mon corps et me tendit une énorme patte pour m’aider à me redresser sous le regard ébahi de mon ange. Je n’y comprenais plus rien…
Observant autour de moi, je vis qu’Emmett et Carlisle, qui nous avait accompagnés cette fois-ci, étaient également aux prises avec des loups garous un peu trop affectueux. Je sondais leurs pensées et fus étonné de voir qu’elles paraissaient claires. Celles de Nicholaï me parvenaient plus facilement puisqu’il s’arrangeait pour penser dans notre langue. J’étais sidéré… ça a marché.
Leurs mâchoires démesurées étaient bizarrement déformées et en voyant leurs yeux rieurs, je compris qu’ils souriaient à leur façon. Des petits bras fermes s’enroulèrent autour de ma taille et une voix mélodieuse me parvint aux oreilles.

- Je suis fière de toi mon amour, tu as réussi ! Murmura doucement Bella.

Je me retournais et la serrais contre moi avant de me pencher pour capturer ses lèvres tentantes. Au moment où mon nez effleura le sien, elle s’arracha de mon étreinte.

- Dans tes rêves, mon pote ! T’as la tronche remplie de bave et tu voudrais que je t’embrasse ? Mais t’es malade ma parole ! Je n’ai aucune envie de m’approcher de ton visage tant que tu ne te seras pas débarrassé de cette chose dégoulinante, puante et écœurante ! S’exclama-t-elle horrifiée, une mimique dégoutée sur le visage.

Je grognais, frustré, ce qui fit bien rire mes frères. Mais lorsque Rosalie repoussa Emmett alors qu’il souhaitait l’embrasser, et qu’il se mit à pleurnicher quémandant un baiser, je me foutais de lui à mon tour.
Je finis par m’éloigner et au bout de quelques kilomètres, j’entendis le ruissellement d’un cours d’eau. Fonçant en direction du bruit, je découvris un petit ruisseau. Bénis sois-tu joli ru !
Je mis mes mains en coupe et récupérais de l’eau, frottant vivement mon visage pour me débarrasser de la bave. Je grognais en me rendant compte que mes cheveux étaient également envahis par la salive du Lycan…

T’as changé de gel mon pote ?
Hein ?
Bah oui ! C’est très stylé ce mélange de mèches et de bave ! Crade à souhait ! Tu relances la mode grunge ? Pas sûr que ça plaise aux filles !
Oh ta gueule !

Je muselais l’autre imbécile et immergeais ma tête sous l’eau, frottant mon visage et mon cuir chevelu à deux mains. Eurk ! C’est pas possible, ce sont de vraies usines à morve ces Lycans ! Même la flotte se retrouvait envahie par l’infâme substance visqueuse.
Une fois que je me jugeais propre, je retournais dans l’immense clairière et tombais sur un spectacle des plus étranges.
Mes frangins étaient en plein combat de catch avec les Enfants de la Lune !
Carlisle et Marcus s’amusaient à décrypter le comportement des Enfants de la Lune et ils organisèrent des pseudos jeux inter-espèces afin d’étudier leur vitesse, leur force et leur puissance.
Il y eût donc une épreuve de lancer de troncs et de rochers, vampires d’un côté, Lycans de l’autre. Brusquement, l’un des loups garous attrapa la cheville d’Emmett, le fit tournoyer au-dessus de sa tête en se moquant éperdument des hurlements de mon frère, puis l’envoya de toutes ses forces contre un arbre et... Emmett en brisa une bonne dizaine sous la puissance du tir, avant d’atterrir les fesses enfoncées dans un tronc une soixantaine de mètres plus loin.
Il pleurnicha, vexé dans son amour propre et son égo de mâle « dominant », appela sa Rosie d’amour à la rescousse et se fit consoler tel un enfant se planquant dans les jupes de sa mère après un gros chagrin.
Il y eût également une épreuve de course où les Lycans se firent battre à plate couture ; ils étaient incapables de rivaliser avec notre saisissante vélocité.
Vint également l’épreuve de lutte, puis de gymnastique, de saut en hauteur et en longueur… Bref, les deux vieux s’en donnaient à cœur joie !
Je percevais clairement la douleur, la tristesse et la honte de Marcus. Le vénérable vampire s’en voulait atrocement d’avoir été floué par son frère et celui qu’il avait longtemps considéré comme un proche. Leurs mensonges, leur vilénie avaient été à l’origine de l’éradication des Enfants de la Lune et Marcus était horrifié d’avoir été l’instigateur de leur extermination maintenant qu’il connaissait la vérité ; il cherchait à tout prix un moyen de se racheter à leurs yeux.
Alors que nous étions en train de nous amuser comme des petits fous en jouant au football avec les loups garous, je captais des pensées familières et à la fois extrêmement affolées.

- Merde ! Mais qu’est-ce qu’il vient foutre ici ?
- Que se passe-t-il, Edward ? Qui vient ? Demanda Carlisle alors que les Lycans se figeaient, dans l’expectative.
- Seth.

J’eus à peine le temps de prononcer son prénom que son odeur nous parvint. Brusquement, un loup couleur sable épouvantablement imposant, immense, gigantesque, se dressa devant nous.
La taille de Seth, déjà énorme sous sa forme lupine, était dorénavant démesurée. Il mesurait au bas mot plus de 2 mètres au garrot.
Il hulula au clair de lune, terrorisé par ce qui lui arrivait.
Carlisle, les yeux ronds, s’approcha du Quileute et lui tapota doucement le flanc, seule partie du loup que mon père pouvait atteindre en levant le bras.

- Seth ! Est-ce bien toi ? Demanda-t-il d’une voix douce et apaisante.

Le loup beugla un son déchirant de tristesse et hocha sa grosse tête velue.

- Quoi ? C’est le p’tit Seth ce machin-là ? S’exclama Emmett, les yeux pétillants. Waaa ! Cool mon pote ! T’as une sacrée allure ! Ça va déchirer dans les chaumières de la Push !

Seth se remit à hululer son chagrin lorsque mon frère évoqua la réserve et je perçus quelques bribes de souvenirs récents dans ses pensées ; En voyant la réaction du jeune Indien face à la pleine lune, Sam l’avait chassé sans ménagement de la Push malgré le soutien des autres membres de la Meute envers Seth…
Carlisle et Marcus caressèrent doucement le Quileute jusqu’à ce qu’il s’apaise.

- Seth, peux-tu reprendre ta forme humaine s’il-te-plait ? Cela serait plus facile pour parler, tu ne crois pas ? Lui demanda mon père d’une voix calme et mesurée.

Le loup hulula sa peine une fois de plus avant de secouer sa tête en signe de dénégation.

- Tu ne peux vraiment pas ? S’étonna Carlisle, d’une voix douce aux accents de tristesse.

Edward, entends-tu toujours ses pensées ?

Je lui affirmais d’un hochement de tête.

Pourras-tu m’expliquer ce qui lui est arrivé une fois que je l’aurai interrogé ? Merci.

- Seth, je vais te poser quelques questions et j’aimerai que tu détailles tes pensées au maximum afin qu’Edward m’explique le pourquoi de ce… phénomène. As-tu déjà muté depuis ta… guérison, faute de meilleur terme ? As-tu ressenti quelque chose d’étrange, d’anormal par rapport à tes précédentes transformations ? Que s’est-il également passé ce soir pour que tu sois dans… cet état ?

Carlisle continua son flot intarissable de questions et je vis dans l’esprit du jeune Quileute tout ce qu’il s’était produit récemment. Je m’approchais de lui et tapotais doucement le flanc avant de lui mettre un coup de poing joueur au niveau de l’épaule.

- T’inquiète mon pote, t’es toujours le même… en un peu plus volumineux mais y’a pas de mal ! Carlisle, j’ai les réponses à tes questions… Seth t’a écouté et a préféré miser sur la sécurité après son rétablissement, il n’a donc recommencé à muter que depuis quelques jours. Tout se passait normalement, enfin normalement pour un membre de la Meute. Il se métamorphosait en loup et reprenait apparence humaine comme bon lui semblait, quand il en avait envie. Il a commencé à se sentir bizarre en fin d’après-midi, j’ai perçu dans ses pensées qu’il était stressé, sans raison apparente. Il avait comme une boule d’angoisse qui lui pesait sur l’estomac mais aussi la chair de poule. Il a donc préféré rentrer chez lui pour se coucher, mais au fur et à mesure que le soir arrivait, il se sentait de plus en plus mal. Il a brutalement ressenti un fort besoin de sortir, c’était une sensation pleine d’urgence, presque vitale, et une fois à l’extérieur, son regard s’est directement posé sur la lune, sans même la chercher. C’est comme s’il savait d’instinct où la trouver, comme si elle l’appelait. Contrairement aux Enfants de la Lune, il n’a pas souffert de sa transformation. Il a juste changé d’apparence comme le ferait Jacob, par exemple. Il a hululé en direction de la lune jusqu’à ce qu’il se fasse chasser de la Push – désolé mon pote – par Sam. Il ne comprenait pas pourquoi, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive qu’il avait triplé de taille par rapport aux autres. Il s’’est donc enfuit et a été attiré, un peu comme par un aimant, ici. Il a peur de rester comme ça mais il est surtout terrorisé à l’idée de ne plus pouvoir rentrer chez lui.

Un Lycan, Nicholaï à en juger par ses pensées, s’approcha de Seth et lui tapota l’épaule en grondant doucement. Lorsque je vis ses interrogations dans son esprit, je posais directement la question à Seth.

- Eh mon pote ! Est-ce que… est-ce que tu ressens un besoin incontrôlable de manger ? Quelque chose de bien… sanguinolent si possible. Ou encore de te battre à mort ?

Le Quileute secoua la tête en reniflant de dédain.

- Cool ! C’est bon. Ça veut dire que tes instincts de « Protecteur » restent les mêmes…
- Qu’entends-tu par-là, Edward ? Demanda mon père, les sourcils froncés.
- Et bien… Nicholaï pense qu’une partie de leur gêne est resté en Seth malgré le venin. D’après lui, Seth risque de réagir à la pleine lune de cette façon, c’est-à-dire d’avoir une forme lupine gigantesque. J’ai vu dans ses pensées que les Lycans sentent l’appel de la lune plusieurs heures avant qu’elle ne se lève. Tout comme Seth, ils sont angoissés et ressentent l’arrivée de la pleine lune jusqu’au plus profond de leur être. C’est pour ça qu’ils s’éloignent vivement de toute présence humaine avant leur mutation… Mais vu que Seth ne réagit pas à l’appel du sang, il est fort possible que sa nature de Protecteur prenne le dessus malgré sa taille démesurée. Tout compte fait, on n’a pas vraiment réussi à inverser la mutation de Seth et… Bon sang ! Mais qu’est-ce qu’ils viennent faire ici, nom de Dieu !
- Qu’arrive-t-il Edward ?! Paniqua Marcus.
- Leah et Jacob débarquent !

Les Enfants de la Lune se figèrent, affolés à l’idée de leur faire du mal mais Carlisle les rassura. Vu leurs réactions jusqu’à présent, ils étaient à même de contrôler leurs pulsions sauvages et sanguinaires.
Deux loups arrivèrent et Leah se cacha derrière des buissons pour n’en ressortir qu’une fois vêtue d’un vieux short et d’un débardeur, les pieds nus.

- Seth ! Oh Seth, ne fais plus jamais ça ! J’ai eu si peur…

Elle fit un bond énorme pour se jeter sur son frère, crochetant difficilement ses bras autour de l’encolure démesurée du jeune Quileute. Jacob grondait doucement, les babines retroussées sur ses crocs découverts, en direction des Enfants de la Lune et il se posta défensivement entre Leah, Seth et les Lycans. Les trois loups garous levèrent les bras en signe de reddition, attendant que Jacob abandonne sa posture agressive.

- Tu peux te détendre Jacob, ils ne feront rien, le traitement a marché. Affirma Jasper en essayant de tempérer les sentiments belliqueux de l’Indien.

Voyant que les Enfants de la Lune n’attaquaient pas et qu’ils ne regardaient même pas Leah sous sa forme humaine, il fonça également dans les fourrés avant de revenir, un vieux bermuda défraîchi en guise de vêtements.

- Mais qu’est-ce qu’il se passe, Doc ? Il lui arrive quoi à Seth ? Je pensais qu’il était soigné ! S’énerva Jacob, le corps tremblant de fureur.
- Et bien… Il semblerait qu’une partie du gène Lycan n’ait pas été éradiquée par le venin. Il est fort possible que Seth se transforme ainsi à chaque pleine lune mais…
- Il va s’en prendre aux humains, alors ! Il deviendra incontrôlable !
- Non, tu te trompes… D’après nos trois amis, ici présents (Carlisle désigna les russes), Seth ne souffre aucunement de l’appel du sang. Sa nature de Protecteur est fortement ancrée en lui, tu comprends ? Il serait incapable de faire du mal à un humain, ce serait en totale contradiction avec ses instincts. Cependant, à chaque pleine lune, il aura cette apparence… D’ailleurs, Seth est actuellement incapable de reprendre sa forme humaine… Je me demande si cela a un lien avec sa métamorphose… Continua-t-il les yeux dans le vague en se frottant pensivement le menton.
- Étant donné que les Enfants de la Lune prennent cette apparence une nuit par cycle lunaire et qu’ils ont transmis, bien malgré eux, une partie de leurs caractéristiques à ce jeune Indien, il est fort possible que le jeune Seth ne parvienne pas à reprendre forme humaine avant le lever du soleil. Enfin, ce n’est qu’une supposition parmi tant d’autres. Statua Marcus en réponse aux propos de mon père.

Jake et Leah observaient attentivement les Enfants de la Lune puis finirent par se détendre complètement lorsqu’ils aperçurent les étranges grimaces déformant les babines des loups garous. Eux aussi, sous leurs formes lupines, souriaient de cette drôle de manière.

- Ça a marché alors ? Votre espèce de médicament miracle anti-monstre que vous avez mijoté a vraiment marché ? Dit Jacob d’une voix douce et émerveillée. C’est cool pour vous les ruskofs ! Vous nous aviez dit que vous ne supportiez plus vos instincts qui vous poussaient au meurtre, ça doit faire du bien de contrôler son corps et ses pensées.

Nicholaï – maintenant j’arrivais à les reconnaître tous les trois tant leurs pensées étaient claires – hocha vivement sa grosse tête velue, ses yeux vermillon brillant de joie alors que le mois dernier, ils ne luisaient que du besoin bestial de tuer. Jacob lui décocha un poing joueur dans l’épaule et le loup-garou le lui rendit ; malheureusement, il ne se rendit pas compte de sa force et envoya Jacob valser au sol, contre un tronc défoncé par nos précédents jeux. Il se redressa tant bien que mal en frottant son épaule, marmonnant un chapelet de jurons qui lui aurait valu de se faire tirer les oreilles par Esmée ou Sue mais qui excita Tanya qui se retenait difficilement de se jeter sur lui. Apparemment, elle adorait le langage de charretier de son « Jacobinou d’amour » !

- Il s’est passé quoi avec Sam tout à l’heure ? Seth n’a pas su nous l’expliquer.

Emmett avait parlé d’une voix sèche, ce qui était rarissime chez lui. Il était particulièrement en colère à l’encontre de l’Alpha de la Meute ; il adorait Seth qui était un vrai compagnon de jeux et paris en tout genre, et depuis les évènements du mois dernier, il se sentait très protecteur envers le jeune Quileute.
En entendant le prénom de leur Alpha, Jacob et Leah se renfrognèrent et les traits de leurs visages se durcirent. Leah tremblait d’une fureur mal contrôlée et faisait tout ce qu’elle pouvait pour ne pas se transformer sous nos yeux. Elle inspira lentement et profondément à plusieurs reprises puis ouvrit finalement les yeux après avoir reçu une bouffée de calme de la part de Jasper.

- Merci Jazz, j’en avais bien besoin. Pour faire court, il se passe que ce crétin de Sam est persuadé que Seth allait assassiner tout le monde. Je ne suis pas fière de moi, mais j’avais également peur des réactions de mon frère… Désolée frangin, je vois bien que ce n’est pas le cas. Mais l’autre abruti refuse que Seth revienne à la réserve, il l’a banni !
- Sam admettra forcément qu’il s’est trompé lorsqu’il verra vos souvenirs. Il a agi sous la peur et la colère et reviendra sur sa décision, j’en suis certain. Mon père parla d’une voix douce.
- C’est un peu plus compliqué que cela, Carlisle. Commença Jake. Sam a un comportement des plus étranges ces derniers temps. Nous nous en sommes finalement aperçus lors de la bataille contre les Lycans. Il était survolté et prenait des décisions totalement irréfléchies, faire venir les jeunes en renfort, par exemple. Mon père était dans une rage noire lorsqu’il est revenu à la Push pour lui parler. Il a retrouvé une Emily en pleurs ce jour-là, elle ne comprend pas ce qu’il se passe avec son époux, elle dit qu’elle ne le reconnaît plus, qu’il a changé. On a bien vu sa réaction injuste à votre encontre alors que vous faisiez tout en votre pouvoir pour aider Seth, vous nous avez soigné, quand même et on dirait qu’il l’a oublié. Le renvoi définitif de Seth a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et il y a eu pas mal de grabuge après que Seth se soit enfui.
- Comment cela, Jacob, qu’essayes-tu de nous dire ? Demanda mon père, les sourcils froncés.
- Les anciens se sont réunis. Le vieux Quil, Sue et mon père. Ils étaient d’accord pour éloigner Seth le temps qu’il soit sous cette… forme hallucinante, afin d’assurer la sécurité de la réserve, mais en aucun cas ils ne voulaient son ban définitif ! Sam a hurlé qu’en tant qu’Alpha de la Meute, c’était à lui de prendre les décisions qu’il estimait nécessaires et justes pour le bien-être de notre communauté. Mon père a donc dit qu’il était peut-être tant que la Meute se choisisse un nouveau chef, amène d’assurer la sauvegarde et la pérennité de notre clan. Sam est devenu comme fou, le pouvoir lui est monté à la tête, et il s’est mis à hurler qu’il était le seul et unique Alpha de la Push, que personne n’était capable d’assurer ce poste ! Leah s’est énervée, elle lui en voulait toujours d’avoir traité Seth aussi durement… Elle n’a pas su contenir sa fureur et s’est transformée avant de se jeter sur lui. Mais Sam a été plus rapide, il a muté à son tour et l’a méchamment mordue pour lui rappeler sa place. J’ai vu rouge. Je me suis jeté sur lui. Nous nous sommes battus. Violemment. J’ai choisi d’endosser mon rôle d’Alpha légitime et me suis désolidarisé de la Meute. Je suis donc le nouvel Alpha d’une Meute de trois loups, Leah et Seth compris.
- Mais… il ne peut y avoir deux Alphas à la Push, non ? Cela va créer des tensions. Commença Carlisle.
- Effectivement ! Et comme pour beaucoup de membres de la Meute je ne suis pas un « véritable » Alpha puisque je me suis imprégné d’une « sangsue » - désolé mon amour – personne n’a suivi et…
- C’est là que tu te trompes, mon pote ! Claironna une voix enjouée.

Nous étions tellement plongés dans le récit de Jacob que nous n’avions pas entendu les autres arriver. Embry, Quil, Jared, Paul et Cole sortaient des bois environnants, le sourire aux lèvres. Ils frémirent en apercevant les Enfants de la Lune puis lâchèrent le souffle qu’ils avaient retenu en voyant que les Lycans restaient maîtres d’eux-mêmes.

- Mais qu’est-ce que vous faites là ? S’exclama Jacob, sa voix augmentant de quelques octaves sous la surprise.
- On a simplement choisi notre Alpha, c’est tout ! Ricana Embry.
- Euh…
- Wow ! Il est mou du ciboulot notre nouveau chef ! Railla Paul en voyant l’expression ahurie de Jake.
- C’est peu d’le dire ! Ajouta Jared. On a juste décidé qu’on en avait marre de suivre les directives d’un mégalo incapable de voir ce qui est bien ou mal. Mais à part Cole, aucun des jeunes n’a suivi, ils sont terrorisés par Sam. Continua-t-il tristement.
- Et que se passe-t-il exactement avec Sam, je ne comprends rien à rien ! Se lamenta mon père.
- Pas plus que nous ! Je me rappelle de votre retour à Forks, nous ne vous supportions pas à ce moment-là. Vous n’étiez que des sangsues, des monstres avides de meurtres, mais nous avions maintenus le traité signé avec Ephraïm. C’est Sam qui nous avait demandé de rester cordiaux envers vous afin de respecter la parole de nos ancêtres, que c’était une question d’honneur. Au fil du temps, surtout lorsque la sangsue dégénérée a voulu s’en prendre à Forks, Maria, c’est ça ? Ouais, c’est comme ça qu’elle s’appelait, nous vous avons découvert sous un autre jour. Pour preuve, le traité a été aboli et nous vous avons accordé l’accès à la Push. C’est même Sam qui l’a voulu, nous expliquant que vous n’aviez rien à voir avec les vampires tueurs d’humains, que vous étiez de bonnes personnes. Et quand vos potes non végétariens ont commencé à débarquer à cause de la menace qui pèse sur vous, il ne disait rien non plus, je ne comprends pas ce qu’il se passe ! S’énerva Quil en décochant un coup de poing rageur sur une souche d’arbre.

Jared fronça les sourcils et se massa les tempes en cherchant dans ses souvenirs un élément qui aurait pu expliquer l’étrange attitude de Sam, puis subitement, il se raidit.

- Eh ! Vous vous souvenez de notre dernière patrouille à Seattle ? Dit-il aux autres.
- Quelle patrouille à Seattle ? Demanda Jasper.
- Et bien… Quand les disparitions et les meurtres ont commencé à Seattle - vous savez de quoi je parle Carlisle, vous nous avez même dit que c’était l’œuvre d’un vampire - Angela a paniqué, sa cousine ne répondait plus au téléphone depuis des jours, elle avait peur qu’il ne lui soit arrivé quelque chose alors… Alors on est allés là-bas de nuit, afin qu’aucun humain ne nous voit, et nous l’avons cherchée. Nous avons dû nous séparer un moment pour couvrir un territoire plus large, et pendant une dizaine de minutes, l’esprit de Sam ne communiait plus avec les nôtres…
- Il a tout simplement changé d’apparence, Jared ! Expliqua Leah.
- Oui, je pense mais… Il a changé depuis cette expédition. Pas de manière réellement visible, mais il a changé quand même.
- On voit le résultat ! S’énerva Paul. Merde ! Sam est mon meilleur pote et je ne le reconnais plus !

Je fronçais les sourcils, me demandant clairement ce qu’il avait pu se passer pour que Sam en vienne à avoir des idées de grandeur et m’aperçus du coin de l’œil que tous les miens présents avaient la même idée à l’esprit ; Sam avait certainement croisé l’un des nôtres. Mais qui ? Et pourquoi ?
Voyant la façon dont les Quileute réagissaient lorsqu’on évoquait Sam, Marcus décida de détendre l’atmosphère et leur proposa de participer à ces « jeux inter-espèces » qu’il avait conçus avec mon père. Nous nous retrouvâmes donc une fois de plus à nous mesurer à la lutte, au saut, gymnastique… et au bout d’un moment, allez savoir pourquoi, Emmett se jeta sur Seth, lui frappa doucement la truffe en criant « chat ! » avant de s’enfuir en ricanant sous nos yeux éberlués. Et voilà comment, nous pauvres créatures surnaturelles, en arrivâmes à jouer à « chat ». Franchement, à nos âges… J’essayais d’échapper à Leah, qui était le chat, et filais comme l’éclair à travers les bois, mais brusquement, elle me sauta dessus, m’aplatissant de tout son poids, et sa truffe me poussa les fesses alors que ses pensées amusées me parvinrent.

Touché Eddy ! C’est toi le chat !

Elle décampa à toute allure, tout comme les Quileute et vampires présents, et je me ruais à toute vitesse vers les Lycans. Leurs corps musculeux se mouvaient en souplesse dans les arbres, on aurait dit de grands singes – très volumineux – sautant de branches en branches avec une incroyable aisance. Je bondis et touchais la cuisse d’un loup-garou, criant « chat ! » avant de déguerpir à mon tour.
Les Lycans n’étaient peut-être pas aussi rapides que nous, vampires, ou les Quileute, mais ils étaient incroyablement rusés. De plus, maintenant qu’ils jouissaient de toute leur conscience, ils étaient devenus de fins stratèges. Jouer à « chat ! » avec les Enfants de la Lune était franchement amusant, ils pouvaient être vraiment diaboliques ! Bella hurla de rire lorsque, Sergueï, descendant en flèche d’un arbre, l’attrapa par la taille pour la jeter par-dessus son épaule, grognant un borborygme ridicule devant surement signifier « chat ! » en langage garou.
Ouais je sais, c’est pathétique.
Un groupe d’êtres surnaturels, vieux de quelques siècles à millénaires pour la plupart, jouant à « chat ! » comme des gosses de cinq ans, on a vu mieux ! Mais bon, ça pourrait être pire puisque mon ours de frère voulait jouer à «saute-garous», trouvant le jeu plus approprié à la situation. Sacré Emmett, un vrai gosse, il ne changera jamais !
Puis je les perçus, en même temps que Jasper et Alice…
Elle les « vit » avant leur arrivée, lui ressentait leurs émotions extrêmes et moi, leurs pensées décousues.
Sentant le danger, Bella déploya son bouclier, nous englobant tous dans sa bulle protectrice et nous attendîmes patiemment qu’ils viennent.
Quelques minutes plus tard, alors que les Lycans et les Quileute piaffaient d’impatience, cachés dans les fourrés, un petit groupe apparut entre les arbres.
Ils étaient une quinzaine, jeunes, trop jeunes même pour certains, allant de 13 à 20 ans environ.
Leurs yeux noirs comme une nuit sans lune trahissaient leur soif intense. Ils se figèrent lorsqu’ils virent que nous n’étions pas un groupe isolé et s’aperçurent que nous étions expérimentés par rapport à eux.

Oh Seigneur, quelle cruauté ! Ils sont bien trop jeunes ! Quel gâchis…

Marcus avait le visage déformé par le chagrin lorsqu’il vit les nouveau-nés devant nous. Sa peine s’intensifia lorsqu’il comprit que nous ne pouvions pas leur laisser une alternative ; ils étaient bien trop jeunes, émotionnellement instables et surtout assoiffés pour réagir normalement.
Trois d’entre eux étaient étroitement maintenus au niveau des poignets et du cou par les autres, leur empêchant toute fuite ; leur terreur était évidente, elle se lisait clairement sur leurs visages. Ils craignaient leurs… accompagnateurs, faute d’un meilleur terme, ils voulaient s’échapper, mais ils étaient effrayés à l’idée que nous ne leur en laissions pas l’opportunité.
Les autres, cependant, n’avaient pas peur de nous, pensant surement que leur incroyable puissance allait les sauver…

Ces trois-là fuient quelque chose – ou quelqu’un – je le sens. Les autres les poursuivaient, ils se connaissent… On va devoir les interroger, on doit savoir.

Je fis un bref signe de tête à Jasper montrant que je l’avais compris, mais sans jamais quitter les nouveau-nés des yeux ; ils étaient bien trop volatiles…
Brusquement, tout changea lorsqu’ils aperçurent ma Bella.
Alors qu’ils étaient à peu près calmes, mesurant leurs chances de pouvoir s’échapper sans difficulté, ils n’eurent plus qu’une idée à l’esprit une fois que leurs regards à tous se posèrent sur mon ange : l’attraper. Ils voulaient m’enlever celle qui est mienne.
Quelque chose se brisa en moi, un voile rouge de haine obscurcit ma vision et je rugis férocement, m’échappant de la bulle protectrice qui m’englobait.

- Edward NON !

Je ne sais pas qui parlait. Je m’en foutais complétement. Je n’avais plus qu’une idée fixe à l’esprit : protéger ma compagne, éradiquer la menace.
Déchirer… Frapper… Détruire… Cogner… Mordre… Tuer… Exterminer…
Alors que mes dents s’enfonçaient dans une gorge qui explosa sous la pression de mes mâchoires, je fus brutalement arraché à ma victime ; je ne pouvais plus bouger.
Je rugis, haineux, et me rendis compte que ma Bella avait étroitement resserré son bouclier autour de mon corps, m’empêchant tout mouvement. Ne comprenait-elle pas qu’elle était en danger ? Que je devais la protéger ?

- Edward. Calmes-toi, fils. C’est fini.

Ceinturé par Emmett, libéré du bouclier de mon ange, abruti par les ondes apaisantes de Jasper, les paroles de mon père se frayèrent lentement un chemin dans mon esprit. Je recouvrais lentement mon calme et grondais sauvagement en voyant les trois nouveau-nés terrorisés retenus par les Quileute et les Lycans. Je fermais brièvement les yeux et les rouvris pour apercevoir la clairière juchée de membres éparpillés de-ci, de-là alors que Marcus allumait un feu.

- Bordel Eddy ! C’était quoi, ça ? J’étais tellement envahi par ta… fureur ? Que je n’ai pas eu le choix, je devais les tuer avec toi ! C’est une chance que Bella ait pu nous arrêter. S’exclama Jasper, étonné par mon geste.
- Je… Ils voulaient Bella. Ils voulaient l’emmener. Elle est à moi ! MIENNE ! Hurlais-je, le corps tremblant de fureur.

Une petite main douce se glissa dans la mienne et je me calmai instantanément.

- Ssssh Edward. C’est fini mon cœur, je suis là, avec toi. Je ne vais nulle part.

J’enfouis mon visage dans son cou, inspirant son sublime parfum de freesia et de fraise, puis une fois rassuré par sa présence, je relevais les yeux. La culpabilité m’envahit lorsque je m’aperçus du carnage que j’avais commis…
Les membres éparpillés et détruits de douze vampires jonchaient le sol, des lambeaux de chair s’agrippaient aux arbres et du venin séché avait détruit la faune par endroits, tandis qu’une épaisse fumée pourpre à l’odeur plutôt âcre s’élevait du brasier alimenté par les restes de nouveau-nés que Marcus et Peter jetaient au feu.

- Chapeau frangin ! Trop fort, t’es une vraie bête, ma parole ! Tu t’rends compte que Jazz n’en a détruit que quatre ? S’exclama gaiement Emmett en me frappant l’épaule.

Je gémis d’autant plus et me lamentais d’avoir tué ces vampires dont je ne connaissais rien, j’avais été réellement monstrueux.

- Non Ed, t’as seulement protégé ta compagne, ni plus, ni moins. Pas la peine de t’en vouloir, Carlisle, Emmett et moi aurions réagi de la même façon. Expliqua Jasper d’une voix douce, une main posée sur mon épaule en guise de soutien. Bon j’avoue, j’ai pas trop eu le choix que de te donner un coup de main, ta rage meurtrière était vraiment trop puissante ! C’est pas la gloire d’être empathique, parfois…

Je ricanais doucement, un rire jaune, et secouais la tête avant de poser les yeux sur les trois nouveau-nés épargnés, bien que salement amochés. Mon regard noirci instantanément et mes envies de meurtres revinrent en force. Un grondement bas, menaçant, roula dans ma gorge et je m’avancer lentement vers les intrus ; je voulais des réponses…

- D’où venez-vous et comment connaissez-vous ma Bella ?

Les nouveau-nés tremblaient de peur mais leurs instincts reprenaient le dessus et ils sifflèrent de façon menaçante.

- J’ai dit d’où venez-vous et comment connaissez-vous ma Bella ? Répondez !

La femelle ouvrit la bouche pour parler mais l’un des mâles lui décocha un regard rageur et elle referma brutalement la bouche dans un bruit sec. Je ne percevais plus aucune pensée émanant de leurs esprits aussi en déduisis-je que mon ange les avait englobés sous son bouclier pour leur sécurité.

- Bella, tu peux ôter ton bouclier, s’il te plait ? Je n’entends rien, je veux savoir…
- Bella ? C’est qui Bella ? Demanda l’un des nouveau-nés.

Je vis dans ses pensées qu’il n’avait aucune idée de « qui » était Bella. Alors pourquoi l’avaient-ils tous reconnue ?
Mon ange avança vers moi et entremêla ses doigts aux miens, puis fit face aux jeunes vampires terrorisés.

- Je suis Bella. Mainten…
- Mais non ! Toi tu t’appelles Didyme, pas Bella ! S’exclama la femelle, les yeux écarquillés par la stupeur.

A l’entente du prénom de feue son épouse, Marcus gémit tel un animal à l’agonie. Après de lourds efforts, Jasper réussit enfin à le détendre suffisamment afin de poursuivre l’interrogatoire.

- Je vous le garantis, je m’appelle réellement Bella. Maintenant, il me semble que mon compagnon vous a posé des questions. Il serait dans votre intérêt d’y répondre et au plus vite. Dit-elle d’une voix sourde et menaçante.

La femelle courba l’échine et les deux mâles grognèrent en l’entendant parler sur ce ton. Finalement, la fille – elle était très jeune, pas plus de 14 ou 15 ans – souffla lourdement et releva la tête.

- On vient de l’Alaska et…
- Ferme ta gueule, Bree ! S’il l’apprend il va nous tuer !
- Tais-toi, Riley ! De toute façon, il nous tuera s’il nous met la main dessus ! On ne s’est pas enfui pour rien !

Le dénommé Riley feula méchamment, ce qui lui valut un coup de coude dans les côtes de la part de l’autre mâle. Celui-ci sourit doucement à la femelle, Bree, et d’un signe de tête, il l’encouragea à nous parler. Elle tremblait et souffla une fois de plus pour se donner du courage, mais ne put s’empêcher de froncer les narines à cause des épouvantables odeurs des Quileute et des Enfants de la Lune. Vu le temps qu’on passait avec eux, je m’étais largement habitué à leur puanteur…

- Je… Je m’appelle Bree. Et mes... amis sont Riley et Diego. Je suis comme ça (cracha-t-elle en désignant son corps d’une main, une mimique de dégoût gravée sur le visage) depuis mon anniversaire. J’ai fêté mes 15 ans il y a deux mois. Mes amis avaient organisé une soirée dans un club et lorsque j’en suis repartie, on m’a attaquée… Je ne sais pas qui. Je me rappelle du feu, j’ai cru qu’on me torturait, qu’on faisait je ne sais quelle expérience maléfique et… Une fois réveillée, je me suis retrouvée comme ça.

Sa voix se brisa à la fin lorsqu’elle évoqua sa condition et Carlisle ne put que s’en émouvoir. Il s’approcha lentement de la jeune fille pour ne pas l’effrayer plus qu’elle ne l’était, puis parla d’une voix douce.

- Est-ce que tu sais maintenant qui vous a fait ça ? Demanda-t-il calmement, bien que bouillant de l’intérieur.
- On ne sait pas qui il est, il ne nous a jamais dit son nom. Tout le monde l’appelle « Maître ». Il est juste fou à lier… Chuchota Riley, en proie à la panique.
- Il va nous tuer s’il nous retrouve, laissez-nous partir on ne vous embêtera pas et on ne parlera de vous à personne ! S’écria la petite Bree, le regard envahi par la terreur.
- Avant de faire une telle chose, j’ai besoin d’avoir des réponses. Tout d’abord, j’aimerai savoir à quoi ressemble votre créateur, bien que j’aie une certaine idée de son identité. De plus, j’aimerai savoir pourquoi vous avez réagi de la sorte en voyant Bella. Qui vous en a parlé ? Continua mon père d’une voix douce mais assurée.

Le mâle, Diego, commença alors son récit et lorsqu’il nous décrit le physique de leur créateur, plus aucun doute n’était possible : Felix les avait transformés.

-… Il est fou à lier, il nous torture à chaque fois que l’on fait un pas de travers ! Il y a une petite femelle sadique avec lui, Jane, elle a utilisé son don sur Bree pendant une journée entière simplement parce qu’elle avait soif ! Il n’arrête pas de nous dire qu’on a de la chance, qu’on a été élu pour représenter la race dominante, que le Nouvel Ordre Mondial est en passe d’être établi, il est… il est fou… Complètement fou. Bon à enfermer si vous voulez mon avis ! On a profité de son absence et de celle de Jane avant-hier pour nous échapper, mais on a dû assommer le frère de la folle pour qu’il n’ait pas de problèmes à cause de nous. C’est le seul qui a un semblant de raison dans cette baraque de timbrés mais il est logé à la même enseigne que nous, tortures et compagnie. On lui a bien proposé de s’enfuir avec nous mais il n’a pas voulu, il est encore plus terrorisé que nous…
- Vous avez bien fait Diego, vous avez bien fait… Mais pourquoi avez-vous réagi de la sorte en voyant Bella ? Pourquoi vouliez-vous l’emmener ?

Je ne pus m’empêcher de grogner en entendant les paroles de mon père et ce furent les doigts de ma douce, se resserrant autour des miens, qui me calmèrent instantanément.
Lorsqu’ils m’entendirent grogner, les trois nouveau-nés furent terrorisés à l’idée de rencontrer le même sort funeste que leurs acolytes, si bien que Jasper les bombarda d’une vague de sérénité et de confiance.

- Il… Il nous a dit qu’elle s’appelait Didyme, qu’elle était sa compagne. Il nous a dit qu’un groupe de vampires aux yeux jaunes l’avaient enlevée et qu’il devait la récupérer car elle était en danger. Alors quand on l’a vue, on s’est dit que si le Maître nous retrouvait, il ne nous tuerait pas si nous avions sauvé sa compagne, vous comprenez ? S’affola Bree en tremblant de tous ses membres.

Marcus se redressa péniblement et fit face aux nouveau-nés. Son visage était un masque de chagrin et de haine mélangés et lorsqu’il prit la parole, sa voix était dure, sans appel.

- Didyme est morte depuis bien longtemps maintenant. Elle était ma compagne, mon rayon de soleil, mon âme-sœur, et elle est morte, assassinée des mains mêmes de votre « Maître » qui n’est autre qu’un vampire nommé Felix. La jeune Bella est le sosie de ma Didyme, c’est pour cela qu’il souhaite la récupérer…
- Alors tu n’es pas en danger ? S’exclama Bree en se tournant vers ma Bella.
- Non, enfin si. Nous sommes tous en danger à cause de Felix, aussi bien les vampires que les humains…

Voyant l’incompréhension marquée sur les visages des trois nouveau-nés, Carlisle et Marcus leur expliquèrent la situation avec Felix, d’une part, mais également Caïus, de l’autre.

- Caïus, vous dites ? Demanda Riley, les sourcils froncés.
- Oui, enfant. Pourquoi ? En as-tu déjà entendu parler ? Se renfrogna Marcus.

Les trois nouveau-nés se concertèrent silencieusement du regard puis Riley releva brièvement le menton en direction de Bree. La petite femelle pinça les lèvres, essayant de retenir ses paroles puis finit par secouer la tête en soufflant.

- De toute façon, au point où on en est, ça peut pas être pire… Commença-t-elle en lâchant un petit rire sarcastique. Je ne sais pas qui est ce Caïus, mes compagnons d’infortune non plus, mais… J’ai déjà eu l’occasion d’écouter une conversation téléphonique entre le Maître… euh Felix… - Elle frissonna de dégoût et de terreur en prononçant son prénom - et ce Caïus. Je… Je n’étais pas à côté mais…
- Tu es une traqueuse ? M’étonnais-je en voyant dans son esprit l’endroit où elle était lorsqu’elle avait perçu la communication.
- Une traqueuse ? C’est comme ça qu’on dit quand on a des sens plus aiguisés qu’un autre ?
- Il y a plusieurs catégories de traqueurs, mais apparemment, tu en es bien une. Statua Jasper en captant l’intensité des sens de la jeune femelle.
- Effectivement, puisque la jeune Isabella a liquidé ce traqueur, James, lors de sa fuite, il est normal que Felix veuille s’assurer d’en avoir un autre à ses côtés. Expliqua Marcus, la voix suintant de dégoût et de haine. Dis-moi, jeune fille, étais-tu sensible aux bruits et aux odeurs étant humaine ?

Bree rentra la tête dans ses épaules, gênée d’être le centre d’attention.

- Et bien… euh… Je… j’avais l’oreille « absolue » et faisais partie de la chorale au conservatoire, mais bien qu’étant douée pour le chant et malgré mon ouïe parfaite, je souhaitais être « nez » chez un grand parfumeur, mon odorat était tout autant développé, si ce n’est plus, que mon audition. Enfin… C’était avant. Maintenant, c’est impossible... Chuchota-t-elle d’une voix à peine audible et cassée sur la fin.

Carlisle et Marcus échangèrent un regard et leurs pensées m’enragèrent… Merde ! Ils avaient voulu me prendre ma Bella !

- Tu n’y penses pas sérieusement, Carlisle ? Grondais-je d’un ton sourd.

Ils sont innocents dans cette histoire, tu le sais bien fils.

- Ils l’auraient enlevée s’ils avaient pu !

Ils n’en savaient rien, ils pensaient la sauver. Ils ont été bernés, Edward, ce n’est pas de leur faute. Eux aussi sont des victimes, fils.

Je m’arrachais les cheveux tant j’étais énervé ; la colère que je nourrissais à l’encontre des nouveau-nés se mêlait à la compréhension et à la compassion quant à leur situation. Ouvrant les yeux, je vis que les trois jeunes vampires avaient le regard rivé sur moi. Ils tremblaient de toute part, leurs yeux carmin étaient écarquillés de terreur et leurs pensées affolées à l’idée de connaître leur destruction prochaine. Gémissant de frustration, je hochais la tête brièvement, signifiant mon accord à mon père.

- Fais ce que tu veux. Ça te démange de toute façon, vas-y !

En voyant Carlisle avancer vers eux, les trois nouveau-nés se raidirent, prêts à bondir, persuadés que leur dernière heure avait sonné. Comprenant un peu tardivement leur réaction, Carlisle leva les bras en signe d’apaisement.

- Non, ne craignez-rien, nous ne vous ferons aucun mal. Leur dit-il d’une voix douce.
- P’t’être pas vous mais eux là, ils ont tué les autres ! S’affola Diego en nous pointant du doigt Jasper et moi.
- Mon fils s’est senti menacé lorsque vous avez voulu emmener de force sa compagne. Mon autre fils n’a pas eu d’autre choix que de lui venir en aide ! Expliqua Carlisle tout en taisant le don de Jasper.
- Mais on ne savait pas ! S’exclama Bree d’une voix faiblarde.
- Nous connaissons votre réaction maintenant. Ne vous inquiétez pas, vous êtes désormais en sécurité parmi nous. Enfin… Si vous voulez rester. Continua Carlisle d’une voix douce.

Les nouveau-nés, ébahis face à la proposition de mon père, se concertèrent du regard, puis la femelle haussa finalement les épaules. Riley, quant à lui, nous observait tour à tour, fronçant les sourcils lorsqu’il voyait un membre de ma famille. Finalement, il se décida à parler.

- Pourquoi vos yeux sont dorés ? Ils devraient être rouges, non ? Le Maî… Felix… nous a dit que c’était une caractéristique de folie, que c’était le signe d’un vampire dégénéré mais… vous n’en avez pas l’air !

Nous nous esclaffâmes de concert en entendant ça. Felix est complètement cintré, mais nous, nous sommes dégénérés !
Marcus s’approcha alors des nouveau-nés, un sourire indulgent aux lèvres.

- Non mon jeune ami. Felix a tort. Le fait que ces vampires aient les yeux dorés découle de leur mode d’alimentation…
- Ils ne boivent pas de sang ?! S’exclama Bree d’une voix stridente.
- Bien sûr que si. Un vampire doit son existence au sang qu’il ingère. Non, ces vampires-ci sont, comme qui dirais-je, végétariens. Ils ne se nourrissent que de sang animal.

Les nouveau-nés, les yeux ronds et la bouche-bée, nous observaient, interloqués par ce que Marcus venait de leur apprendre.

- On… On n’est pas obligé de tuer des humains pour vivre ? Demanda finalement Riley d’une petite voix.
- Non, ce n’est pas une obligation. Le sang animal nous apporte la force nécessaire, même si la soif n’est jamais réellement apaisée. Il faut quelques temps pour parvenir à se contrôler suffisamment et vivre parmi les humains. Expliqua Jasper, une grimace aux lèvres. Il éprouvait encore parfois des difficultés à évoluer au milieu d’hommes, femmes et enfants.
- On… On peut vivre avec les humains ? S’exclama Bree, émerveillée à l’idée de pouvoir revoir sa famille ou ses amis.
- Oui Bree. Cependant, il faut que tu saches que pour les tiens, tu es morte. Ils ne doivent pas découvrir notre existence, les humains doivent rester dans l’ignorance, c’est la Loi. Lui dis-je, ne pouvant retenir un faible sourire compatissant lorsque la tristesse de ne jamais revoir sa famille l’envahit.

Carlisle, le sourire aux lèvres à l’idée d’avoir sauvé trois jeunes vampires d’une mort certaine et espérant les convaincre de suivre notre mode d’alimentation, fit un pas en avant vers les nouveau-nés et continua.

- Une fois que nous pouvons contrôler notre soif, nous pouvons vivre parmi les humains. Ce n’est pas toujours évident puisque la brûlure est toujours présente dans la gorge mais… ça vaut le coup, nous pouvons mener une vie presque normale et rester dans un endroit pendant quelques années de suite. Mes enfants vont au lycée ou à la faculté. Parfois ils travaillent mais leurs traits sont un peu trop juvéniles pour cela. Moi-même je suis médecin et…
- Médecin ? Comme soigner des humains ? Comment est-ce possible ? Le sang ? S’affola Diego.
- Il m’a fallu de nombreuses décennies pour avoir un contrôle total sur ma soif. A force, j’ai réussi à me désensibiliser totalement à l’odeur du sang humain et ça en vaut la peine. Je peux ainsi pratiquer un métier que j’aime. Vous aussi, si vous vous en donnez la peine…

Les nouveau-nés le regardaient émerveillés, tel le Messie répandant la parole Divine. Ils haïssaient leur condition et ne supportaient plus de tuer pour se nourrir. Savoir qu’un mode d’alimentation alternatif existait leur donnait de l’espoir.

- On… on peut… Vous voulez bien nous... nous apprendre ? Bafouilla Riley, la voix tendue par l’émotion.

Carlisle se contenta de sourire en réponse. Marcus s’approcha alors, impatient.

- Les Cullen vous apprendront, ne vous inquiétez pas. Mais avant toute chose, j’ai besoin que tu me parles de Caïus, jeune Bree. Qu’as-tu entendu ?
- Vous… vous ne nous tuerez pas ? C’est vrai ?
- Pas de meurtres et encore moins de tortures, c’est promis. Les Cullen n’accepteraient jamais ça !

La première fois qu’elle avait entendu notre nom de famille, Bree avait légèrement frémi. Mais la seconde fois, elle en avait sursauté.

- Tu as déjà entendu parler de nous, Bree ? Demandais-je en voyant sa réaction.

Elle hocha fébrilement la tête, tout comme les deux mâles.

- Il… enfin le Maître… euh Felix… Il disait que… que vous étiez une menace pour… pour la sécurité du monde vampirique… Qu’il fallait vous… vous détruire… Bafouilla Diego, tremblant à l’idée que nous nous en prenions à lui après ses propos.
- Il voulait vous détruire après avoir récupéré Didy… Euh… Bella… Il disait qu’elle était la clef de leur réussite. Continua Bree. Caïus n’arrêtait pas de lui dire que Bella devait rejoindre leurs rangs, de gré ou de force. Il parlait d’une révolution, je n’ai pas vraiment compris quoi mais… il disait que l’heure avait sonné, qu’il devait reprendre ses droits, que ses frères étaient bien trop laxistes et indulgents. Il a demandé au Maî… à Felix d’arrêter immédiatement ses carnages à Seattle, qu’il devait être plus prudent pour ne pas éveiller les soupçons d’un certain Aro…
- Seigneur… Nous avions raison… Souffla Marcus d’une voix faiblarde.

Le vénérable vampire était abattu par ce qu’il venait d’apprendre, ses craintes étaient désormais fondées et la guerre arriverait bientôt.
Je ne pus m’empêcher d’enlacer étroitement ma Bella afin de me rassurer et je la maintenais tout contre moi le temps que Carlisle et Marcus expliquent aux nouveau-nés les grands traits de toute l’histoire.

- Felix. Il a combien de nouveau-nés à ses côtés ? Demanda Jasper, son esprit stratégique se mettant immédiatement en route.
- Nous étions une quarantaine en plus des dix vampires de son clan. Entre ceux qui se sont entretués au départ et ceux que vous avez éliminés, il ne lui en reste plus qu’une quinzaine, je pense. Expliqua Riley d’une voix sombre.
- Humm… C’est bon. Nous sommes suffisamment entraînés et nombreux pour faire face à une quinzaine de nouveau-nés. Il pourrait y en avoir le triple qu’on l’emporterait quand même mais…
- Mais quoi, Jasper ? Demanda Carlisle, inquiet.
- Et bien… Felix sait que nous sommes nombreux. Il connaît également l’existence des Quileute et sait qu’ils se battront à nos côtés…
- Mais comment ?
- James. Lorsque Charlie était porté disparu et qu’il nous aidait, soit disant, à le retrouver, il a vu comment fonctionnaient les techniques de chasse des bêtes et il a également vu une partie de nos amis présents pour nous aider.
- Et alors ? Où veux-tu en venir jeune Jasper ? Continua Marcus, les sourcils froncés.
- Et bien… Si j’étais à sa place, je ne me lancerai pas les mains vides. A mon avis, il va attendre d’avoir une armée suffisamment vaste pour nous écraser. Je pense également que Caïus, de son côté, doit l’entraîner à créer plus de nouveau-nés.
- Pou-pourquoi craignez-vous tant notre statut ? Nous sommes trop jeunes, trop inexpérimentés ! Demanda Diego.
- En effet, vous n’avez aucune expérience. Par contre, votre force, votre vitesse et votre puissance sont bien plus importante que les nôtres car votre sang humain coule encore dans votre corps. Ce n’est pas vraiment un problème car nous sommes entraînés au combat. Le souci, c’est que vous êtes bien trop volatiles et ça, c’est dangereux. Expliqua patiemment Jasper.

Bree cracha et siffla, on aurait dit un petit chaton furieux, puis elle se mit à faire les cent pas d’une démarche vive.

- On s’est sauvé parce qu’on ne supportait plus les tortures… On a fui parce qu’on ne voulait pas faire partie d’une armée… N’avons-nous pas d’autre choix que celui de joindre vos rangs pour nous battre contre lui ? S’exclama-t-elle rageusement.
- Bien sûr que si, jeune fille, vous pouvez toujours fuir. Crois-moi lorsque je te dis que je n’ai aucune envie de guerroyer, encore moins contre mon propre frère, mais… Nous n’avons pas d’autre choix que celui de nous battre si nous voulons que ce monde et cette sérénité actuelle perdurent. Expliqua Marcus, le visage soudainement frappé par le poids des ans.
- Mais pourquoi ?
- Pourquoi ? Parce que si nous ne nous battons pas pour ce monde, cela sera la fin de l’Homme.

Les trois nouveau-nés levèrent les yeux vers l’ancien, l’observant avec effarement, tout comme nous tous.

- Si Caïus et Felix veulent nous éradiquer, c’est uniquement parce qu’ils veulent dominer le monde. Les humains n’auront pas d’autre choix que de vivre en esclavage, pour les plus chanceux. Ils seront asservis et ne deviendront que du bétail. Dites-moi, jeunes gens, trouvez-vous que ce monde mérite d’être détruit par des fanatiques ? Les humains se détruisent déjà l’un l’autre par leurs incessantes guerres de religions, ils épuisent les ressources de la planète inutilement, mais ils ne méritent pas le sort que mon frère leur réserve. Personne ne le mérite ! Maintenant, je vous le demande, croyez-vous honnêtement que le monde tel qu’il est aujourd’hui doit connaître sa fin ? Demanda Marcus d’une voix lasse.

Les trois nouveau-nés nous observaient tour à tour, essayant de percer un quelconque mensonge que ce soit dans les propos de l’ancien, ou alors dans nos yeux. Lorsqu’ils s’aperçurent que nous leur disions la vérité, ils se concertèrent du regard pour finalement se redresser fièrement.

- Nous vous aiderons. Nous ne sommes peut-être que des enfants pour vous, mais nous serons à vos côtés. Nous avons encore des familles, des amis… qui pensent peut-être toujours à nous et nous refusons qu’ils subissent la folie démesurée de vampires mégalomanes. Vous avez raison, les humains sont bien mieux de rester dans l’ignorance, ils ne doivent pas savoir ce que nous sommes, ce monde est à eux. Nous nous battrons à vos côtés. Trancha Riley d’une voix décidée tandis que Bree et Diego hochaient vivement la tête.

Nous fûmes brutalement arrachés à cette discussion lorsque de puissants hurlements résonnèrent dans l’atmosphère ; un nouveau jour venait de se lever et la douloureuse métamorphose des Enfants de la Lune ne faisait que commencer…



samedi 3 mars 2012

Les paradis artificiels : analyses et diagnostics

J’entrais dans la villa, Bella sur les talons, et mon regard dévia immédiatement sur le sofa où Seth reposait, son corps se contorsionnant sous le flot intarissable de douleurs qu’il subissait.
Me rappelant la raison de ma présence, je me tournais vers mon père qui était en grande conversation avec Marcus et Aro.

- Carlisle, tu as besoin de moi ?
- Comment ? De quoi parles-tu, fils ? Me demanda-t-il, le visage marqué par l’incompréhension.
- Tu as besoin de moi ?
- Bien sûr que non ! Mais où es-tu donc allé pêcher une idée pareille ?
- Alice !

Je me tournais vers ma sœur, retenant difficilement le grognement qui lui était destiné.

- Oui mon cher petit frère adoré ? Dit-elle, parfaite illustration angélique.
- J’t’en foutrais des petits ! C’est quoi ça ? Je pensais que Carlisle avait besoin de moi et…
- Ouais ben c’est tout ce que j’ai trouvé pour stopper votre sexathon ! Si je n’étais pas venue, on ne vous aurait pas vu pendant une paire de jours…
- Et alors ?! S’exclama ma Bella rageuse.
- Et alors ? Ben je pensais que vous souhaiteriez être présents lorsque notre ami ici présent se réveillera ! Expliqua gaiment Alice en pointant Seth du doigt.

Ma douce Bella fulminait de colère et je l’enlaçais tendrement, essayant de contenir ma rage à l’encontre d’Alice, puis l’embrassais derrière l’oreille, suçotant sa peau si goûteuse et parfumée. Bella gémit doucement en se tortillant contre mon corps et le rire tonitruant d’Emmett nous ramena à la réalité.

- Bah alors les zozos ! Toujours pas repus ? Pas que ça me dérange d’assister à un porno live mais y’a des chambres pour ça vous savez…
- La ferme Emmett ! Rugit ma Bella. Quant à toi, Alice, je te promets que je me vengerai !
- Ouh ce que j’ai peur de la terrible Bella ! Han ! Comme si tu pouvais te venger sans que je ne le sache ! Ricana Alice en se tapant la tempe du bout de l’index.
- Tu te souviens de ma vengeance à l’encontre d’Emmett, Alice ? Tu sais, la fois où ils se sont fait prendre par tout le lycée alors qu’ils s’envoyaient en l’air dans le gymnase… Tu ne l’avais pas vu, ça, Alice… Ce n’est pas parce que je te laisse accès à mon avenir que tu dois te croire intouchable. Je peux très bien te monter un mauvais coup…
- Tu-tu ne ferais pas ça, Bella !
- Tu crois ? Railla mon ange.

Bella se concentra quelques instants puis sourit narquoisement à Alice. Ma sœur, quant à elle, blêmissait à vue d’œil et son sourire moqueur se transforma en grimace terrifiée alors qu’elle tentait de fouiller son avenir proche.

- Pourquoi je ne te vois pas, Bella ? Pourquoi ? Oh non… Je ne vois plus personne ! Plus d’avenir! Plus personne de chez personne ! Oh mon Dieu ! On va tous mourir ! S’exclama Alice en hurlant de terreur.
- Mais non Alice, on ne va pas mourir… Je t’ai simplement englobée sous mon bouclier et tu es donc coupée de toute vision. C’est aussi simple que cela. Rappelles-en toi bien la prochaine fois que tu nous interrompras pendant nos petits moments de tendresse, on s’est bien comprises, Alice.

Ma sœur hocha doucement la tête, la bouche grande ouverte et le regard affolé tandis que le rire explosif d’Emmett faisait trembler les murs.

- Petits moments de tendresse ? Ah ! Ah ! Tu appelles ça des petits moments de tendresse, toi ? Oh ! Oh ! Vous savez à peine marcher tellement vous vous êtes donnés à fond… très…très à fond… pendant vos petits moments de tendresse Hi ! Hi ! Et t’appelles ça de la tendresse ! Ah ! Ah ! Dis voir, frangin, je te savais bestial mais à ce point ! Arf ! Une bête en rut ! Ouh ! Ouh !
- Oui. Bon. Emmett, ça va. Tu n’es pas obligé de vanter leurs exploits de cette façon. Coupa Carlisle d’une voix blanche.
- Ben quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit de mal ? Je dis simplement que ce sont des bêtes de sexe avides de sexe, c’est tout ! Pas la peine d’en faire tout un plat quand même…

Emmett ronchonna tandis que Carlisle et Esmée secouaient la tête, affligés par les commentaires de mon frère et horrifiés d’avoir en tête des images de Bella et moi qu’ils se seraient franchement abstenus d’avoir…
Alice se mit subitement à sautiller sur place et à taper des mains.

- Il va se réveiller ! Il va se réveiller !

Mon père fonça au chevet de Seth tandis qu’Alice faisait le décompte.

- … 5… 4… 3… 2… 1… GO !

Au même moment, le torse de Seth se courba violemment en avant, comme si son cœur cherchait à s’échapper de sa poitrine, puis dans une grande inspiration particulièrement sonore, il se redressa et ouvrit les yeux.
Son visage jovial et juvénile était toujours aussi souriant et Seth tourna la tête lentement, observant la foule présente à ses côtés. Lorsque son regard se posa brièvement sur les trois Lycans, le jeune Indien frémit avant de détourner les yeux sur Carlisle.

- Euh… Quoi d’neuf docteur ?
- Ah ! Ah ! C’est bon signe ! Tu n’as pas perdu ton humour, Seth ! Dis-moi, comment te sens-tu? As-tu des troubles de la concentration ? Un mal de crâne ? La tête qui tourne ?
- Non, non doc ! Tout va bien ! Mais… qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je… je me rappelle de la nuit dernière, quand on s’est battus avec les loups garous, mais après, plus rien, le néant ! Mis à part que je me croyais en enfer parce que je brûlais de l’intérieur, c’était horrible !

Seth secoua la tête avant d’étreindre Leah qui pleurnichait silencieusement, le visage enfoui dans le torse de son frère.

- Eh Leah… pleure pas, je vais bien !

Les sanglots de Leah s’intensifièrent et Carlisle reprit ses questions, le stéthoscope vissé dans les oreilles, tout en auscultant Seth attentivement.

- Dis-moi Seth, quels sont tes derniers souvenirs ? Demanda-t-il, intéressé par les réactions du jeune Indien.

Seth se prit la tête entre les mains et massa ses tempes, prenant le temps nécessaire afin d’assembler ses pensées de façon cohérente.

- Et bien… Je me souviens des loups garous. Nous nous sommes battus sous les directives de Sam. Je… je me suis fait mordre par un Lycan et après… Après je ne me rappelle plus ! Je sais juste que j’ai souffert le martyr, j’ai brûlé, je me suis fait carbonisé comme un morceau de charbon, c’était… atroce ! Mais… Que s’est-il passé ? Demanda piteusement le jeune Indien, l’inquiétude suintant de ses paroles.

- Tu as été malade, Seth. Très malade. Nous avons tous eu peur pour toi. Leah ? Préviens donc votre mère, veux-tu ? Je suis certain qu’elle doit être pendue à côté du téléphone en attendant des nouvelles de Seth, tu ne crois pas ?

Leah renifla puis se leva avant de téléphoner à La Push. Pendant ce temps, Carlisle expliquait à Seth ce qui lui était arrivé ; comment la morsure lui avait inoculé le « gêne Lycan » agissant comme un virus, comment son gêne lupin avait activement combattu la propagation du mal, comment son corps mutait pour devenir une espèce à part, comment son cœur faiblissait à cause de la mutation, comment nous avions trouvé un antidote miraculeux…

- Emmett ?! C’est Emmett qui en a eu l’idée ? Vous plaisantez, doc ! S’exclama Seth, frappé par l’incrédulité de la situation.
- Non, je ne plaisante pas, Seth. C’est bien Emmett qui a trouvé la solution. S’il n’avait pas eu cette idée…

Carlisle ne termina pas sa phrase, mais en voyant son air las et torturé, Seth compris que sans l’idée de mon frère, il n’aurait jamais tenu le coup.
Le Quileute se tourna vers mon frère, les yeux écarquillés et la mâchoire pendante. Sa bouche s’ouvrit et se referma à plusieurs reprises avant qu’il ne soit en mesure de parler sans bafouiller.

- Ben mon pote… ça fait longtemps que ton neurone travaille, t’as pas peur qu’il fasse une surchauffe ? Franchement, si on m’avait dit que t’avais un cerveau supplémentaire autre que celui dans ton futal, j’aurai bien ri ! T’as pas peur que ton neurone déraille avec tout ce déploiement d’intelligence ?
- Ah. Ah. Tu es très drôle Seth. Hilarant. T’as fait l’école du rire ? Ronchonna Emmett, vexé par l’attitude de Seth envers son génie scientifique.
- Non ! Je suce un clown tous les matins !
- Eeeeeeh ! Voleur de réplique ! S’exclama ma Bella en frappant doucement l’épaule de Seth. Ben quoi ? C’est vrai que je suce un clown tous les jours, n’est-ce pas mon amour ?

Je grognais alors que ma Bella enroulait ses bras autour de ma taille, ses longs cils papillonnant délicatement, dévoilant ses splendides prunelles ambrées se rivant aux miennes. Un seul regard et j’oublie tout…
Je m’emparais tendrement de ses lèvres et gémis lorsqu’elles s’entrouvrirent sous la pression des miennes pour finalement geindre lorsque ma Bella me fut brutalement arrachée des bras par… son père.

- Bonjour Charlie ! Comment allez-vous ? M’exclamais-je de manière faussement réjouie, en essayant discrètement de me réajuster.
- Hmpf… Bien… Grumpf… Et toi ? Hmpf… arf ! Ma fille… grumpf… pas touche… Hungh.

Charlie ou « l’onomatopée appliquée pour les nuls ».
J’adore mon beau-père !

- Alors Chef Swan, vous avez bien détendu ma maman ? Railla gaiement Leah. Ben alors Chef, qu’est-ce qu’il se passe ? Vous m’avez l’air un peu tendu…

J’étouffais un rire en voyant les oreilles de Charlie virer à un rouge soutenu et sa moustache tressauter. Bella fut moins discrète puisqu’elle rit ouvertement de la gêne de son père.

- Bah alors mon petit papa ! Leah a raison, tu m’as l’air bien tendu ! Demande donc à Sue de t’aider à te détendre, Edward adoooore quand je l’aide à se détendre.
- La la la la la !

Le Chef Swan se plaqua brutalement les mains sur les oreilles et me jeta une œillade assassine. Bah quoi ? Il s’imagine encore que sa petite princesse est pure et innocente ? Mais dans quelle dimension étrange vit-il ?

- Isabella !
- Oui papa ?
- Je me passerai facilement de tes soi-disant conseils. Principalement des détails sur ta vie sex… sex… sex…
- On dit « sexuelle » papa !
- Oui bon ça va !

Je laissais Bella et son père se chamailler et m’intéressais à autre chose.
Sue Clearwater étreignait son fils avec tant de force que je finissais par me demander si elle ne cherchait pas plutôt à l’étouffer. Seth, lui, grimaçait face au débordement affectif de sa mère en public.
J’étais étonné de voir Jacob, Quil, Embry et Jared discuter tranquillement avec Nicholaï. Les Quileute avaient toujours une certaine réserve envers les Lycans, mais ils souhaitaient en savoir plus sur l’étrange nature des trois russes et leur curiosité était sans limite.
Brusquement, certaines pensées de Carlisle m’interpellèrent.

- Vraiment ? Tu crois que ça pourrait marcher ? Lui demandais-je avidement.
- Et bien… Pourquoi pas ! En me basant sur les récits de la Meute ainsi que les vôtres, je pense que cela pourrait éventuellement marcher. Bien sûr, avant d’essayer, il faudrait à nouveau faire certaines analyses. Répondit mon père en se frottant pensivement le menton.

Carlisle finit par appeler Nicholaï.

- Dites-moi, accepteriez-vous de vous soumettre à des analyses complémentaires ? Demanda-t-il au Lycan de façon très professionnelle.
- Quoi vouloirrr Karrrlaï ? L’enfant êtrrre sauvé, non ?
- Et bien… Disons que… Je n’en suis pas sûr à 100% mais… je pense pouvoir parvenir à… atténuer votre mal à la prochaine pleine lune.

Voyant le Russe interloqué, mon père poursuivit.

- Voyez-vous, d’après les différents éléments qui m’ont été apportés, il semblerait possible de vous soigner, en quelque sorte. Je ne peux malheureusement rien faire en ce qui concerne votre mutation, vous serez un Enfant de la Lune ad vitam aeternam. Cependant, je peux… enfin je pense pouvoir… vous rendre votre conscience. Ainsi, vous ne subiriez plus votre nature, vous pourriez réfléchir et donc agir en connaissance de cause.

Nicholaï, les sourcils froncés, écoutait très attentivement Carlisle.

- Pour vous expliquer simplement, je vais prendre le cas d’un humain lambda. Il arrive parfois qu’un humain sain d’esprit traverse un épisode psychotique que l’on appelle «bouffée délirante». Dans une telle situation, l’humain n’a aucune conscience de ce qu’il fait, le délire arrive brutalement. L’humain pourrait se jeter du toit d’un immeuble pour voler, assassiner son voisin qu’il prend pour un démon… bref, il délire sans en avoir conscience. La bouffée délirante peut également arriver à un humain atteint d’une psychose. Un schizophrène, par exemple, n’est pas conscient lorsqu’il traverse des épisodes délirants. Bref. Afin d’atténuer ou endiguer ces symptômes, l’humain atteint de ce type de maladie suit un traitement médical adapté. Neuroleptiques, thymo-régulateurs, antidépresseurs…
- Pourrrquoi vous parler de humains, Karrrlaï ? Lui demanda Nicholaï, particulièrement confus par les propos de mon père.
- Et bien… Voyez-vous, votre métamorphose et vos agissements sous votre forme lycante me font penser à un épisode psychotique et je pense, enfin j’espère, qu’en suivant un traitement adapté à votre nature, vous pourriez corriger les impondérables de votre mutation.
- Ça veut dirrre nous plus êtrrre monstrrres ? Nous êtrrre loup garrrou calme ? Pouvoirrr réfléchir ? Penser ? Pas tuer ? S’extasia Nicholaï, le regard rêveur, un sourire barrant son visage buriné.

Lorsqu’il vit le sourire franc et apaisant de mon père, il s’empressa de rapporter les explications de Carlisle à ses compagnons.
Les trois Russes étaient en grande conversation et celle-ci avait l’air passablement houleuse. Ils faisaient tous trois de grands gestes et criaient au lieu de parler. Sergueï agrippait ses cheveux avec une telle force que je me demandais s’il ne cherchait pas à s’auto-scalper, Youri, quant à lui, avait l’air hésitant. Je ne comprenais rien à leur conversation et cela me frustrait. Bénie soit ma charmante cousine Irina qui traduisait mentalement les propos des trois Russes à mon attention…

- Ложь ! Это невозможно, ничто не может избавиться от наших наказание ! Мы прокляты ! (Mensonges ! Rien ne peut nous débarrasser de notre châtiment ! Nous sommes maudits !)
- Но это правда ! Это может помочь нам. (Mais c’est la vérité ! Il peut nous aider)
- Все это принесет нам только разочарование и разочарование ... (Tout cela ne nous apportera que déception et désillusions…)
- Мы все еще можем попробовать ! он может работать ! (On peut quand même essayer ! Ça peut marcher !)
- он также может полностью пьяный ! (Ça peut aussi complètement foirer !)
- Мы никогда не узнаем, если не так ! Предполагаю, что работает ... ты что приносят себя с учетом возможностей это принесет нам ? Более убийств, больше крови, больше невинных смертей на его совести ... (On ne le saura jamais si on ne le fait pas ! Imagine que cela fonctionne... te rends-tu compte des possibilités que cela nous apportera ? Plus de meurtres, plus de sang, plus de morts innocentes sur la conscience...)

Sergueï s’arrachait les cheveux en gémissant, j’avais l’impression de voir une bête à l’agonie. Youri, lui, ne savait pas s’il devait rire ou pleurer, quant à Nicholaï, un espoir infini illuminait son visage depuis sa conversation avec mon père. Finalement, Sergueï releva son visage, dévoilant un regard envahi de terreur, hocha lentement la tête en marmonnant « da », puis s’avança vers mon père accompagné de Youri et Nicholaï.
Carlisle, comprenant la réaction des Lycans, leur fit signe de le suivre jusqu’à son bureau où il ferait les premières analyses.

Emmène ton frère et Rosalie avec toi, veux-tu ?
Je risque fort d’avoir besoin de vous.


Je me fis donc un malin plaisir à interrompre Emmett et Rosalie, qui étaient en pleine joute buccale et tactile dans le garage. Mon frère marmonnait tout un tas d’insultes à mon intention dans sa barbe et Rose… Ben Rosalie était tellement gênée que je la voie les seins à l’air, qu’elle avait la tête basse et enfouie entre ses épaules.

- Pfff… T’es chiant Ed ! Ça t’amuse de jouer les rabat-joie et de nous casser notre coup, je parie !
- Emmett, t’as rien à dire. Est-ce que tu sais combien de fois tu nous as interrompus, Bella et moi alors…
- Eeeeh ! J’vous ai jamais interrompu dans le feu de l’action !
- Tu rigoles ? Si tu savais le nombre de fois où j’ai eu les couilles bleues parce que tu t’incrustais, tu ne la ramènerais pas comme ça ! Maintenant désolé, mais Carlisle a besoin de nous !

J’étais bien content de jouer les casseurs de plaisir. Pour une fois que je ne suis pas la victime, je ne vais pas m’en plaindre !
Alors que nous commencions à monter les escaliers, Bella m’agrippa férocement par le poignet.

- Bah… tu vas où ?
- Jouer les savants-fous, mon amour… Carlisle a besoin de nous.

J’étouffais un grognement lorsque je vis son regard noircir instantanément. Bella se mordit la lèvre inférieure en retenant un gémissement d’envie et ses yeux luisant de désir roulèrent dans leurs orbites avant que son regard se fixe sur mon entrejambe.

- Huuuummm… Tu en as pour longtemps mon cœur ?
- Je… je n’en sais rien, pourquoi ?

Elle mordilla doucement mon oreille en gémissant puis sa voix raisonna faiblement, juste pour que je sois le seul à l’entendre.

- Pour savoir pendant combien de temps je vais devoir me caresser en pensant à toi, si sexy penché au-dessus de tes analyses, en attendant patiemment que tu me reviennes et que tu m’analyses à mon tour… Haaan ! Magnes-toi, Edwarrrd !

Je m’emparais voracement de ses lèvres en gémissant et fouillais sa bouche ardemment, mes mains s’accrochant férocement à son divin petit cul, jusqu’à ce que nous soyons brusquement séparés par Emmett.

- Frangin. Tu m’as cassé mon coup, pas la peine d’espérer que je sois sympa avec toi. Maintenant, au boulot ! Et que ça saute ! Bella… C’est à prendre au figuré, bien sûr. Ajouta-t-il en ricanant après avoir entendu ma douce gémir bruyamment.

Une petite moue boudeuse déforma la bouche de ma Bella et son regard s’ancra au mien lorsqu’elle me dévoila ses pensées.

Dépêches-toi Edwarrrd ! Va vite travailler et jouer le sexy savant fou avant que je ne me consume sur place. Je serais au cottage si jamais tu me cherches…

Je grognais de mécontentement et l’embrassais chastement avant de suivre Emmett.
Une fois dans le bureau, je m’aperçus que Rosalie avait déjà fait les prélèvements nécessaires tandis que Carlisle, lui, tentait de trouver la posologie idéale pour le traitement des Lycans. Je le vis secouer la tête en soufflant de frustration et enfin Carlisle se dirigea jusqu’à un petit coffre-fort dans lequel il gardait les médicaments de type opiacés. Il en ressortit un petit flacon qu’il fit rouler entre ses doigts ; ses pensées étaient si vives, rapides, que je ne comprenais pas ce qu’il avait l’intention de faire avant qu’il ne soit trop tard. Lorsque je m’aperçus de la nature du contenu, mon père l’avait déjà injecté aux trois Russes.

- Bon sang Carlisle ! Mais tu es malade ? De la kétamine ? ! Autant leur filer du LSD ! Vive les hallucinations ! En plus, avec leur nature, ils risquent de nous faire un bad-trip s’ils se focalisent sur leurs anciennes mutations !
- Edward, je sais ce que je fais.
- Mais tu leur as filé de quoi mettre K-O tout un cheptel de chevaux !
- Au cas où tu ne l’aurais pas encore compris, leur métabolisme est différent de celui d’un humain. Ils ne sont jamais malades. Je veux juste confirmer une théorie…
- En les dopant ! Et on fait quoi s’ils se mettent à tout détruire ou à halluciner ?
- Pour l’instant, restons calme et observons.

Je soufflais de dépit et regardais Carlisle, qui s’était saisi d’un bloc-notes et d’un crayon, s’asseoir aux côtés des Lycans et leur poser des questions. Enfin… surtout à Nicholaï puisque les deux autres, bien que comprenant quelque peu notre langue étaient incapables de la parler.

De la kétamine… Il a vraiment pété un plomb le vieux !

- Ouais Emmett ! J’te l’fais pas dire…

La kétamine… Puissant anesthésique à usage vétérinaire et très rarement à prescription médicale, est principalement utilisé lors des opérations chirurgicales pour grands animaux, dans le genre cheval. Elle est également détournée à des fins… récréatives, dirais-je, par certains toxicomanes, puisque la kétamine possède des propriétés hallucinatoires.
Et voilà que Carlisle injecte à trois Enfants de la Lune confiants une dose suffisamment puissante pour assommer un troupeau d’éléphants pendant des heures ou les faire halluciner pendant des jours !
En comprenant ce que notre père avait fait, Rosalie s’était laissée tomber lourdement sur une chaise et ce malheureux assemblage de bois ne résista pas, ma sœur se retrouva donc les quatre fers en l’air, le cul par terre, bouche-bée.
Marcus arriva, espérant pouvoir nous aider, et se figea en nous voyant, Rosalie à même le sol, Emmett incrédule et moi choqué.

- Et bien, et bien mes amis… Que vous arrive donc-t-il ?
- Oh ! Ce n’est rien, Marcus. Ils sont juste choqués parce que j’ai donné de la kétamine aux Enfants de la Lune. Répondit mon père d’une voix blasée.

Je m’étranglais presque en voyant que Marcus abondait dans son sens.

- Hum… Oui mon cher ami. C’est une excellente initiative ! Comment connaître la façon dont leur organisme fonctionne autrement !
- Mais… mais… I-il les a dro-drogués ! Balbutia difficilement Rosalie.
- Vu ainsi, oui. Cependant, comme ils ont un métabolisme bien différent des humains, il leur faudra des doses à tuer un cheval ! Avec ce que votre père leur a injecté, nous verrons ainsi leurs réactions face à un puissant psychotrope et pourrons donc leur trouver la posologie idéale quant à la sédation nécessaire, comprenez-vous ?

Mouais… Vu comme ça, ils n’avaient pas tort. Mais il faut bien admettre que leurs actions sont des plus discutables

- Emmett ? Pourrais-tu aller me chercher trois lits de camp, s’il te plait ? Ils sont dans le garage. Demanda Carlisle tout en ne quittant pas les Enfants de la Lune des yeux.

Mon frère haussa les épaules puis fila rapidement avant de revenir avec les objets demandés quelques minutes plus tard.

- Ben t’en as mis du temps, mon nounours ! S’exclama Rosalie, surprise par la lenteur de son compagnon à apporter les lits d’appoint.
- Euh… Ben… C’est que… Merde ! J’ai pas pu m’empêcher de me branler sauvagement ! Si ce petit con d’Eddy ne nous avait pas interrompus ma Rosie d’amour et moi, je serais en train de lui faire un ça-va ça-vient de la mort sur le capot de la Vanquish ! Mais non, y’a fallu que je me contente de baiser ma main ! Oh... misère ! Comment j’avoue ça maintenant ! Euh… j’ai eu du mal à les trouver et…
- Eh Em ! Je ne suis pas un petit con. Ça va le poignet ? Pas trop foulé ? Au passage, ma Vanquish, pas touche.

Je ricanais en voyant mon frère mortifié. La bouche de Rosalie s’ouvrit en un O parfait lorsqu’elle comprit enfin le sens de mes paroles et son regard se noircit instantanément de désir lorsqu’elle posa les yeux sur mon frère.
Carlisle secoua la tête, contrit par le concentré de bêtise d’Emmett et Marcus nous observait avec étonnement, ne comprenant rien à la situation.
Rigolant doucement, je dépliais les lits de camp et demandais aux Lycans de s’y allonger et d’ôter leurs tee-shirts.
Ils échangèrent un regard et haussèrent les épaules avant de se plier à ma demande, et une fois étendus sur les matelas de fortune, je posais des électrodes sur leurs torses nus avant de les relier aux Électrocardiogrammes que Carlisle avait apportés. Enfin, je leur posais également chacun un brassard pour les brancher sur un tensiomètre électronique et programmais la machine pour qu’elle relève leur tension toutes les quinze minutes.

- A quoi serrrvir toutes ces machines ? Me demanda Nicholaï en jetant un regard noir aux différents fils qui encombraient son corps.
- Les petites rondelles ici et là vont envoyer votre rythme cardiaque et respiratoire à la machine, ici. Et ça, là, va mesurer votre tension tous les quarts d’heure. C’est juste pour être certain que vous allez bien, pour votre sécurité pendant les examens, d’accord ?
- Da. Pas prrroblème…
BZZZZZZZZZZZZZZZ
- AAAAAAAAAAAAH !

Les Enfants de la Lune sursautèrent de terreur lorsque leurs tensiomètres se mirent en route dans un boucan infernal.

- Du calme ! Ce n’est rien ! Les machines prennent seulement des mesures.
- Toi avoirrr pu préviendrrre, Edard que machine avoirrr bruit de l’enfer et pas agréable surrr brrras ! Cracha Nicholaï en assassinant le tensiomètre du regard.

Une fois les Lycans calmés, et prévenus que l’engin de la mort recommencerait son bruit infernal très régulièrement, je me tournais vers Carlisle qui était en grande conversation avec Marcus.

- Je ne comprends pas, ils devraient être en pleine phase d’euphorie et leur tension devrait être bien plus basse, mais rien !
- Es-tu sûr que ton dosage était suffisant Carlisle ? N’as-tu pas eu peur qu’il y ait un risque d’overdose et donc, de ce fait, diminuer la quantité injectée ?
- Tu plaisantes ! Je leur ai injecté de quoi assommer une douzaine d’éléphants chacun ! Ce n’est pas normal.

Effectivement, en y réfléchissant bien, les Enfants de la Lune n’avaient pas du tout l’air affectés par la kétamine. Le produit aurait déjà dû agir depuis longtemps maintenant…
Marcus se frotta vivement les tempes et se tourna vers ma sœur.

- Charmante Rosalie-jolie, aurais-tu l’extrême amabilité de bien vouloir me faire un nouveau prélèvement sanguin de nos amis ici présents et de faire une analyse de toxiques, je te prie ? Lui demanda Marcus d’une voix affable.

Rosalie ne se fit pas prier deux fois et se mit immédiatement au travail. Il faut dire que Marcus avait joué finement puisque ma sœur est on ne peut plus réceptive à la flatterie.

- Emmett, es-tu suffisamment doué en chimie pour être capable de nous synthétiser des stupéfiants de type LSD, ecstasy, héroïne… ? Demanda avidement Marcus.
- Euh… Ben… Avec les bons composants et la formule, c’est plus que faisable mais ça prendrait pas mal de temps, pourquoi ? Vous cherchez vraiment à les défoncer les pauvres petits !
- Mais non ! S’énerva Carlisle en secouant la tête vivement. Comment veux-tu qu’on puisse leur trouver un traitement adéquat si nous ne savons pas comment ils réagissent face aux psychotropes puissants ? C’est juste d’un point de vue médical que je souhaite mener ces expériences. Par ailleurs, sache mon cher Emmett que les hallucinogènes comme le LSD et l’ecstasy ont été conçu à des fins médicales, à but thérapeutique et psychiatrique. Grrr… On ne va quand même pas devoir chercher un dealer pour avoir ces produits, non ?

Marcus se frotta pensivement le menton avant de se tourner vers moi.

- Jeune Edward, le père de ta charmante compagne est bien policier, non ? Pourrais-tu lui demander de nous rejoindre, je te prie ?

Voyant l’impatience qui irradiait des visages de mon père et Marcus, je descendis à la recherche du Chef Swan et le trouvais dans la salle à manger, en pleine partie de cartes avec Billy, Aro, Eléazar et Jasper.

- Vous n’êtes qu’une bande de tricheurs ! Éructa Charlie, sa moustache frémissant de colère.
- Ce n’est pas de notre faute si vous ne savez pas jouer au poker, cher Monsieur ! Rigola Aro, ses yeux carmins railleurs plongés dans ceux de Charlie.
- Mais je sais jouer au poker sans tricher, moi, Monsieur ! Entre vous deux qui vous passez les cartes plus rapides que l’éclair, dit-il en pointant Aro et Eléazar du doigt, celui-ci qui cache des as sous ses fesses posées dans son fauteuil roulant et celui-là qui manipule mes émotions, je suis bien le seul à respecter le jeu ! Vous n’êtes qu’une bande de rats !
- Voyons Chef, calmez-vous ! Dit calmement Jasper en le dardant d’un regard enjôleur.
- Euh... Oui… Hum… Bon... Oh j’en ai marre ! Arrête de trifouiller mon cerveau pour m’envoyer des vagues de calme ! Tout à l’heure, c’était la frénésie sex… sex… sex… bref. Après j’ai eu une peur bleue suivie d’une incroyable hilarité, j’en ai marre ! Vous devriez avoir honte de profiter d’un faible humain sans défense ! S’époumonait Charlie en faisant de grands moulinets avec les bras.

Il grommela dans sa barbe, lançant des regards mauvais à ses compagnons de jeu et j’en profitais pour lui parler.

- Chef Swan ? Je…
- QUOI !
- Euh… et bien… c’est à dire… Marcus et Carlisle ont besoin de vous parler et…
- Hmpf ! Ils sont dans le bureau de Carlisle ? Je viens ! Ça va me faire du bien de faire une petite pause. Franchement, je suis déçu, je pensais que vous autres, vampires, aviez une certaine morale ! Profiter des faiblesses d’un être humain, c’est mal !
- Non cher Monsieur. Ce qui est mal c’est de jouer avec sa nourriture… Susurra Aro en dardant le Chef Swan d’un regard affamé tout en se léchant les lèvres avec gourmandise.
- Pas la peine de me regarder comme ça Monsieur-je-suis-le-Roi-des-Vampires-et-je-me-la-pète! Vous n’êtes pas un chien et je ne suis pas un gros bel os ! Railla Charlie.
- Évidement ! Par contre vous êtes un humain bien juteux qui sent divinement bon ! Contra Aro.
- Pfff… A mon âge, on ne peut pas dire que je sois des plus comestibles ! Comme une vache, dirais-je, plus la bête est vieille, plus la bidoche sera de la carne ! Rigola Charlie. Allez gamin, on y va, je te suis ! Sinon je n’en ai pas fini avec ce tas de sales tricheurs.

Je secouais la tête, épaté de voir à quel point le Chef Swan s’était adapté à la situation. Jouer au poker avec des vampires… et demain, il fera quoi ? Il dansera avec les loups garous ?
Nous arrivâmes dans le bureau au moment où les trois Lycans sursautaient une fois de plus à cause de leurs tensiomètres. À peine entrés, Charlie me fut arraché des bras par mon impatient de père.

- Charlie ! J’ai une question des plus importantes à vous poser et si possible, j’aurai grand besoin de votre aide.
- Hein, hein. C’est à dire ?
- Je vous prierai de garder les pensées claires et de voir tout cela d’un point de vue strictement expérimental et médical. Vous savez que nous essayons de trouver une solution afin que ces trois malheureuses créatures ne souffrent plus éternellement de leur condition...
- Ouais, ouais. Jasper, Jacob et Billy m’en ont touché un mot. Vous voulez trouver une espèce de médicament miracle pour qu’ils ne soient plus des monstres assoiffés de sang à la pleine lune, c’est ça ? Demanda Charlie, les sourcils froncés.
- Exactement ! Cependant, afin de voir comment leur métabolisme fonctionne vis à vis des médicaments, nous devons expérimenter leurs réactions face à divers psychotropes. Jusqu’à présent, ils ne réagissent aucunement à la kétamine et…
- Du spécial K ? Vous leur avez filé du spécial K et ils ne réagissent pas ? S’exclama le Chef Swan, ahuri.

Voyant que Rosalie, Emmett et moi le regardions avec ébahissement, Charlie se redressa fièrement en croisant les bras sur son torse.

- Ben quoi, je suis flic ! C’est bien normal que je connaisse tous les différents noms des stupéfiants ! Bref, je ne suis pas là pour ça. Pourquoi vouliez-vous me voir, Carlisle ?
- Et bien… Comment dire… Nous aurions besoin de tester la réaction des Lycans envers différents stupéfiants, cela nous avancerait grandement pour nos recherches. Nous pourrions éventuellement les créer nous-mêmes mais nous perdrions énormément de temps et…
- Mouais. Vous voulez savoir si je ne connais pas le nom d’un dealer ou deux, c’est ça ? Interrogea Charlie en ricanant doucement.
- Du tout ! Loin de là ! En fait… Je sais que parfois les services de police gardent une partie des saisies et…
- Mais c’est du vol ! Les prises lors des saisies ou arrestations appartiennent à l’Etat et…
- Vous devriez peut-être en informer Mark Evans qui a offert au Pasteur Weber, en remerciement pour le baptême express de sa fille, une caisse de Champagne non déclaré provenant de la perquisition du « Sexy Bitchy Bar » qui a eu lieu il y a 6 mois de cela…

Le Chef Swan se renfrogna subitement et marmonna dans sa barbe en se grattant la tête avant de se redresser et de plonger un regard décidé dans celui de mon père.

- Hmpf. Bon. Vous voulez quoi, Carlisle ?
- Et bien… Nous aurions besoin de LSD, ecstasy, cocaïne, héroïne, éventuellement du PCP.
- Ouhla ! Je ne sais pas s’il y a de tout ça ! S’effara Charlie. Ça fait un bail que je n’ai plus mis les pieds au commissariat. Et comment voulez-vous les récupérer ? Je ne peux pas m’y rendre puisque je suis officiellement « disparu » voire « mort ».
- Ah oui. Nous n’y avions pas pensé, c’est problématique effectivement… Rumina Carlisle.

Son esprit fonctionnait à toute vitesse afin de trouver une idée mais Marcus le battit à plates coutures !

- Voyons mon ami ! Avec tous les talents dont nous disposons ici, rien de plus simple ! Le jeune Edward peut s’y rendre, sa faculté de télépathe sera très utile. De plus, s’il est accompagné du jeune Jasper et que celui-ci envoie des ondes léthargiques aux policiers présents dans le commissariat, ça roulera comme sur des tapettes !
- Marcher comme sur des roulettes, Marcus. On dit marcher comme sur des roulettes ! Ricana Emmett.
- Tapettes, roulettes… ma foi, l’un dans l’autre, c’est du pareil au même !
- Problème résolu ! Interrompit mon père en voyant Marcus s’énerver quelque peu.
- Résolu, c’est vite dit, Carlisle. Où veux-tu que j’aille récupérer la came ? Je ne sais pas où elle est ! M’exclamais-je.

Charlie grommela un chapelet d’insultes, jura comme un charretier, hurla qu’il était le roi des traîtres avant de se tourner vers moi.

- A côté de feu mon bureau, il y a la salle de pause. Sur le mur de droite, il y a un grand bar et au-dessus, une cible de fléchettes. C’est ce bar là, pas celui sous l’écran plat. Bref. Tu ouvres la porte du bar, tu trouveras un mini-frigo. Tu ouvres le petit frigo et tu regardes dans le freezer, c’est là qu’on met les saisies de stups. Ben quoi ! S’exclama-t-il en voyant nos visages ahuris. Forks est une toute petite ville, on n’a pas besoin d’avoir un immense placard pour garder les saisies, un bar et un frigo suffisent ! Bon allez, j’vais voir s’ils continuent de tricher. Amusez… euh… travaillez bien.

Charlie repartit en bougonnant, les pensées affolées à l’idée d’être devenu un dealer pour créatures surnaturelles en manque de sensations fortes.

- Edward ! Mais qu’est-ce que tu fais encore ici ? S’impatienta mon père.
- Euh… oui ?
- File au commissariat voyons !

Je soufflais et fonçais dans le couloir, entendant un « et n’oublie pas d’emmener ton frère avec toi ! » une fois les escaliers dévalés.
Jasper, qui avait entendu les incessants marmonnements du Chef Swan à propos de sa traitrise envers les services de Police et de son nouveau rôle de dealer pour vampires, se leva lorsqu’il me vit en bas. Il m’accompagna silencieusement jusqu’au centre-ville, courant à mes côtés, les pensées focalisées sur sa « gazelle ». Heureusement pour nous, le commissariat était pratiquement vide lorsque nous arrivâmes et les humains présents, une femme à l’accueil l’oreille vissée au téléphone à l’affût du dernier potin, un vieux flic bedonnant les pieds posés sur son bureau bouquinant un vieux polar et un jeune astiquant son revolver avec une passion débordante, n’eurent aucune réaction envers le courant d’air que nous avions provoqué, Jazz et moi.
La femme raccrocha le téléphone d’un geste brusque et se leva ; ses pensées m’indiquèrent qu’elle souhaitait se rendre dans la salle de repos pour se servir un café. Je jetais un regard affolé à Jasper. Il hocha brièvement la tête en envoya une puissante vague de béatitude, de quoi faire planer les humains pour qu’ils ne se rendent compte de rien et oublient leurs envies.
Je fonçais dans la salle de pause. L’endroit était plutôt cosy, un vieux canapé défoncé était installé dans un coin, ainsi que trois fauteuils ayant eu une longue vie de servitude, entourant une table basse où était posé un jeu de cartes usagé. Deux immenses bars regorgeant de bouteilles d’alcool en tout genre, l’un sous un immense écran plat, l’autre sous un jeu de fléchettes, étaient recouverts d’une quantité astronomique de tasses, gobelets et emballages de bouffe vide. Ben dis donc, ils ne se refusent rien les flics !
Je me ruais vers le bar que le Chef Swan m’avait indiqué, ouvris ce qu’il appelait un mini-frigo mais qui n’avait rien de petit en soi et découvris dans ledit frigo, une incroyable quantité d’herbe.
Ouais… les flics ne se refusent vraiment rien !
J’ouvris le freezer qui regorgeait d’amphétamines, acides, ecstasys, cocaïne, crack et héroïne parfaitement emballés individuellement et emportais un peu (beaucoup) de tout ce qu’il y avait. Pour le PCP, faudra repasser, il n’y en avait pas. Je pris par contre un petit sachet de champignons hallucinogènes, des fois que Carlisle ou Marcus trouvent ça utile. Je m’assurais de tout laisser comme c’était au départ, moins évidemment les drogues que j’avais embarquées, puis rejoignis mon frère à l’extérieur.
Une fois à couvert dans les bois, Jasper libéra les humains de son don et nous repartîmes vers la villa.

- Au fait Magic Fingers, ça va servir à quoi tout ça ? Me demanda-t-il en riant.
- Magic Fingers ? C’est quoi ton délire, Jazz ?
- Bah ! Tu ne sais pas ? Me demanda-t-il, ahuri.
- Je ne sais pas quoi ?
- Ben… C’est comme ça que Bella t’appelle lorsqu’elle est avec les filles, je pensais que tu le savais et…
- Mais comment as-tu appris ça ?
- Et bien… tu sais qu’Alice ne peut rien me cacher, j’adore la faire parler sous la luxure euh… torture et… Enfin bref, je pensais que tu connaissais ton nom de code lorsque les filles parlent entre elles !
- Ben non, je ne savais pas… Emmett en a un ? Et toi ?

Jasper riait de bon cœur et je ne savais pas si je devais être vexé qu’il connaisse mon soi-disant surnom secret. Magic Fingers... Mais où est-elle allée pêcher une idée pareille ?
Ben vu le nombre de fois où tu l’as fait jouir avec tes doigts, y’a p’t’être une relation de cause à effet, non ?
Ouais, pas bête.

- Alors ! C’est quoi celui d’Emmett ?
- Le crétin au phallus d’or…
- Et le tien, Jazz ? Demandais-je en étouffant un rire.
- …

Il avait parlé si bas et si vite que je n’avais rien compris. En le regardant de plus près, Jazz était mortifié.

- Allez Jazz ! Tu sais que je suis Magic Fingers et qu’Em est le Crétin au phallus d’or. C’est logique que je connaisse le tien, non ?
- Huuuung… Ok mais je te jure que si ça sort d’ici, je te tue !
- Ok Jazz, je ne dirais rien, même sous la torture ! Alors !
- Langue agile...
- Pfff… Où Alice est-elle allée cherch… euh… non, laisse tomber, ça fait trop d’informations d’un coup, là ! M’exclamais-je horrifié, des images de Jasper, la tête coincée entre les cuisses de ma sœur, faisant du bouche à bouche afin de réanimer sa chatte, envahissant mes pensées.
- Désolé. Oh ! T’en veux un bon ? Mon préféré, c’est le nom de code de Jacob !
- Ah ouais ? C’est quoi ?
- Somnambaise !
- Somnambaise ? Euh… c’est une nouvelle MST ?
- Non, non, c’est un condensé entre « baiseur » et « somnambule » !
- Euh… je suis pas sûr de comprendre sur le coup…
- Ben en fait, c’est arrivé à quelques reprises que Jake se tape Tanya tout en dormant…
- QUOI ?!
- Ouais, ouais, t’as bien entendu… Il baise Tanya tout en dormant. Et il ronfle comme une tronçonneuse pendant qu’il la ramone en plus !
- Oh. La. Vache. Je ne savais pas que c’était possible un truc comme ça !

Quoi ? Tu ne te souviens pas du nombre de fois où ta Bella humaine faisait l’amour à ton genou ou ta cuisse ? Ou ta main ? Et que tu finissais par lui écarter les cuisses en grand et la fourrer sauvagement tellement t’étais excité par ses rêves chauds bouillants ? Tu vois, c’est possible de baiser en dormant ! Oh ! Et la fois où à force de se frotter contre ta bite elle a fini par s’y empaler toute seule avant de se réveiller au moment de l’orgasme, t’as oublié peut-être ?

- Euh… Ed, c’est normal que je te sente septique par rapport à tes propres mots ?
- Et bien… euh… en fait… euh… je pense qu’il est possible de… baiser… en dormant… et…
- QUOI ?!
- Ouais, ouais… si tu savais le nombre de fois où ma Bella m’a limite violé en dormant… donc ouais, c’est possible ! J’adore quand même… Somnambaise… quelle connerie ! Enfin maintenant, je sais de quoi parlent les filles lorsqu’elles sont ensembles. Elles ont le même centre d’intérêt que nous, en fait, le sexe !
- Tu oublies le shopping, Ed.
- Ah non, ma Bella elle s’en fout comme de son premier string du shopping !
- Eeeeh ! Et toutes les fois où elle va dans les boutiques de lingerie fine pendant des heures et des heures, c’est pas du shopping peut-être ?
- Ah ça non, Jazz. Ça c’est du domaine d’utilité publique…euh… privée !
- Non, c’est du shopping.
- Non Jazz, c’est pour mon plaisir !
- Ton plaisir ? Je ne vois pas en quoi tu prends ton pied à ce qu’elle passe des heures chez «Victoria’s Secret » !
- Tu es bien naïf mon pauvre Jasper… Je te jure que c’est pour le plaisir… Et le mien ! La voir parader dans tous ses nouveaux ensembles est une pure jouissance visuelle sans parler de la gaule monstre que je me tape pendant le défilé ! Et je ne te parle pas du désir bestial que je ressens quand je lui arrache du corps pour dévoiler ses splendides gros nib…
- Ok ! Ok ! T’as gagné ! C’est bien pour ton plaisir ! Je te savais obsédé, mais à ce point, je ne l’imaginais même pas ! Bon sinon, pour changer de sujet, pourquoi t’es allé cambrioler le commissariat ?
- Pour y récupérer des stups…
- QUOI ?!
- Ouais, ouais… Marcus et Carlisle s’amusent à défoncer les Lycans pour voir leur tolérance. Et à part de la morphine et de la kétamine, Carlisle n’avait rien à disposition. Alors c’était soit faucher de la came au commissariat – et merci Charlie qui nous a dit où la trouver – soit acheter à un dealer…
- Mais il est complètement cintré ou quoi, le vieux !
- J’te l’fais pas dire, Jazz… Je crois que son dernier daim devait être frelaté… à moins qu’il ait bu le sang d’une vache folle, je ne vois pas d’autres raisons…

Nous continuions de disserter sur la folie plus que passagère de notre père le temps de notre course, et une fois arrivés à la villa, nous nous séparâmes ; Jasper était pressé d’alléger le portefeuille de Charlie de quelques biftons supplémentaires, qu’il lui rendrait évidemment en fin de partie. Pfff… Mais quelle idée de la part du Chef Swan de jouer au poker avec des vampires capables de bluffer les plus grands champions ! Lui aussi nous avait pété un câble sûrement.
Je retournais dans le bureau où je trouvais mon père en plein arrachage de cheveux et les Lycans une fois de plus paniqués par le bruit infernal du tensiomètre électronique.
Carlisle et Marcus étaient extatiques en voyant les différents échantillons de substances prohibées que j’avais amenés et ils s’empressèrent de les tester sur les Enfants de la Lune.
Ils leur firent gober des acides… des ecstasys… sniffer du speed… injecter de l’héro et de la coke… pour finalement s’apercevoir, au bout d’une longue journée et d’une longue nuit d’essais en tout genre, que les drogues n’avaient strictement aucun effet sur les trois créatures.

- Arg ! Mais pourquoi cela ne marche-t-il pas ? Avec tout ce que nous leur avons fait prendre, ils devraient être au moins morts à l’heure qu’il est ! Se lamenta mon père tandis que Marcus se cognait la tête sur la table de façon répétitive.

Emmett, lui, continuait de vérifier très attentivement les différents prélèvements que nous leur avions faits après une prise de drogues. Il se caressait le crâne tel un chimpanzé se cherchant des poux – oui, oui, la mimique y est également présente – l’œil vissé sur un microscope puis subitement, il se mit à rire à la limite de l’hystérie.

- Et voilà, ça devait bien arriver… Ce pauvre enfant craque après l’ultime effort d’extrême intelligence qu’il a fourni dernièrement. Statua Marcus d’une voix basse, chargée de gravité, comme pour un éloge funèbre.
- Hi ! Hi ! Mais non ! C’est pas ça ! Au contraire ! Mon intelligence supra fabuleuse s’est encore accrue ! Ouh ! Ouh ! J’ai trouvé ! J’ai trouvééééé ! Oh Rosie-baby tu vas encore pouvoir me récompenser-Eh ! Eh ! Eh !

Emmett se mit à danser, les bras levés au-dessus de la tête, ondulant du bassin et donnant des coups de rein, s’époumonant en hurlant « Master Emmy est un génie ! Hi ! Hi ! Hi ! Et oui Emmett a un cerveau ! Oh ! Oh ! Oh ! »
Au bout de plusieurs longues minutes à subir cette épouvantable cacophonie rivalisant avec une craie crissant sur un tableau noir et cette danse s’apparentant à celle de la victoire, Carlisle se mit à hurler.

- ASSEZ ! Bon sang mais tu vas te calmer Emmett ? Qu’est-ce qu’il te prend nom d’un chien !
- J’ai trouvé ! Yeah ! J’ai trouvé ! J’suis trop fooooort !
- Tu as trouvé quoi ? Cracha Carlisle, sa voix augmentant de quelques octaves sur la fin.

Emmett se calma immédiatement de peur que notre père nous fasse une syncope, puis il reprit son sérieux.

- Je sais pourquoi les drogues n’ont eu aucun effet sur eux. Pour faire simple, qu’il s’agisse de stupéfiants ou de traitements médicaux à visée psychiatrique, les principes actifs agissent au niveau du système nerveux central, hallucinations, sentiment de bien-être, béatitude… Les psychotropes libèrent artificiellement des endorphines, d’où la sensation de planer. La majorité des thymo-régulateurs ou antidépresseurs agissent en inhibiteur du système nerveux central. Le souci avec les Lycans, c’est que les récepteurs de leurs systèmes nerveux ne sont pas actifs, d’où leur absence totale de réactions aux différents psychotropes que vous leur avez fait prendre et…
- Donc, il n’y a rien à faire pour ces pauvres créatures… se lamenta mon père en s’arrachant encore plus les cheveux.
- Rhooo ! Tout de suite les grands maux… J’ai la solution !
- Ah oui ? Et quelle est-elle jeune Emmett ? Comment veux-tu leur réactiver les récepteurs centraux ? S’intéressa Marcus.
- Et bien… Tout ceci est d’un point de vue théorique, bien sûr, mais… je pense que ça peut marcher. Bref. Te rappelles-tu, Carlisle, dans quel état était Esmée lorsque tu l’as trouvée ? Et Bella, juste avant qu’elle ne soit mordue ?
- Euh… Bien sûr que je m’en souviens ! Mais je ne vois pas le rapport ! S’impatienta Carlisle.
- Pfff… Et ça se dit médecin ! Faut tout leur expliquer ma parole ! Marmonna Emmett en secouant la tête. Bon, quelques soient les dégâts infligés à un corps humain, le venin répare, en quelque sorte, les désastres, tant d’un point de vue physique ou médical. Par exemple, des os complètements défoncés et fracassés vont se ressouder ou bien un cancer généralisé va se résorber, vous êtes d’accord ? Je pense donc que nous pouvons encore nous servir du venin pour réactiver leurs connexions neuronales manquantes et ainsi pouvoir les traiter médicalement.

Une fois de plus, mon père et Marcus étaient bouche-bée, mais au moment où j’allais balancer à nouveau une boulette de papier dans la bouche de Marcus, celle-ci se scella bruyamment.

- Incroyable. Un tel génie rivalisant avec une surprenante débilité chronique devrait être un fait impossible, mais non, ça existe. Jeune Emmett, si on me l’avait dit, j’aurais ri pour au moins un siècle, mais comme je suis le témoin de ce phénomène d’exception… Je te tire mon chapeau !

Marcus fit des moulinets ridicules avec ses bras, mimant d’enlever un chapeau imaginaire avant de se pencher et saluer mon frère. Carlisle, lui, s’empressa d’expliquer nos découvertes aux Lycans, mais comme ils n’en comprenaient que de rares passages, Irina vint à notre rescousse et traduisit les explications de Carlisle.

- Святое дерьмо ! (bordel de merde !) Karrrlaï vouloirrr donner venin vampyr ! Nous êtrrre trrrès malades, assez êtrrre cobayes !
- Non, non, ne vous inquiétez pas ! Nous allons faire certains prélèvements supplémentaires, trouver la dose exacte de venin afin que vous ne soyez pas malades et nous ne vous ferons cette injection que lorsque nous serons sûrs et certains que cela ne sera pas nocif pour votre santé, je vous le promets.

Les trois Enfants de la Lune discutèrent entre eux et au bout d’une bonne demi-heure d’arguments et de cris, ils finirent par accepter. Ce fut finalement Sergueï qui nous défendit le plus alors qu’au départ, il était complètement rétif à l’idée de ces examens.
Carlisle fit jouer ses relations et au bout d’interminables coups de téléphone et d’abominables quantités de pots de vin, il avait eu l’autorisation de réserver pour une demi-journée l’aile d’imagerie médicale de l’hôpital de Seattle. Il emmena immédiatement les trois Russes pour leur faire passer un scan complet et une quantité d’IRM pendant que nous travaillions sur nos échantillons sanguins et le venin. Au bout d’un moment, Marcus tapa violemment du poing sur la table.

- Cette quantité de venin est bien trop faible pour agir, voyons !
- Comment cela Marcus ? Qu’est-ce qui ne va pas ? S’inquiéta Rosalie devant la colère du Volturi.
- Réfléchissez un peu… Les Enfants de la Lune qui ont été malades du venin avaient été mordus des suites d’un combat, vous êtes d’accord avec moi. La quantité et la qualité du venin que nous produisons sous la colère ou la peur est cent fois plus concentrée que lors d’un repas, ce n’est donc pas le ridicule échantillon du venin de ce cher Emmett qui va nous aider ! S’énerva le vénérable vampire suite à ses explications.

Je haussais des épaules et continuais à me pencher sur les différents ouvrages traitant de psychiatrie comportementale, les laissant discuter entre eux, lorsque d’obscènes pensées me parvinrent à l’esprit. Je serrais les dents, refoulant les pensées perverses de mon frère, mais au bout d’un moment, je ne pus les ignorer plus longtemps…

Oh oui… Son cul est encore plus beau que lorsqu’elle était humaine ! Huuummm… Et voyant comment Eddy est sur les rotules à chaque fois qu’ils ont leurs petits moments de tendresse, elle doit être sacrément bonne au pieu. J’me d’mande si elle serait partante pour un plan à trois avec ma Rosie. Oh putain ! Ça serait trop cool de la voir se tortiller sous mon corps tout en donnant du plaisir à ma Rose d’amour. Oh ouais… Bella est carrément trop bonne ! Et trop chaude aussi. C’est du gâchis de la voir uniquement contenter un seul homme… Et je suis sûr que sa bouche doit faire de talentueuses choses lorsqu’elle…


Le venin coulant à flots de ma bouche, je me jetais sur mon traître de frère en grognant, tous crocs dehors, un voile rouge de haine obstruant ma vue. J’allais le tuer. Le démembrer. Le foutre au feu pour avoir osé pensé à ma Bella de cette ignoble façon. Je mordis de toutes mes forces et de toute ma rage et fus franchement étonné de m’apercevoir que mes dents s’enfonçaient dans son bras comme s’il était un morceau de beurre. D’ailleurs, je n’entendais pas non plus ce déchirement métallique typique d’une peau de vampire arrachée…

- Ça va frangin ? T’es calmé ? Eh ! Oh ! Du bateau ! Youhou ! Eddy ! C’est bon, j’ai ce qu’il me faut maintenant ! Tu peux lâcher !

Grognant méchamment, je m’aperçus qu’Emmett était éloigné de moi de plusieurs mètres et que Marcus et Rosalie me maintenaient de toutes leurs forces conjuguées. Mon traître de frère me faisait de grands gestes de ses deux bras.
Hein ? Deux ! Bah ! J’ai quoi entre les dents alors ?
Je secouais la tête pour m’éclaircir les idées et m’aperçus que ma bouche était envahie par un morceau de coussin gonflable. Je crachais l’infâme chose polluant mon palais lorsque Rosalie le récupéra précautionneusement, scotchant la déchirure sur le pseudo tissu. Elle le mania avec une attention extrême et je me rendis compte que le coussin était gonflé par la quantité de venin qu’il contenait…

- Bon sang, c’est quoi ce bordel ! Je vais te tuer Emmett !
- Eh calmes-toi bourriquet ! J’ai déjà joué les cobayes la dernière fois, c’était ton tour ! Fallait bien trouver un truc pour te sortir de tes gonds et t’obliger à produire cette quantité de venin, non ? Je te rassure, je ne pensais pas un traître mot de tout ce que tu as perçu dans mon esprit. Y’avait qu’avec toi qu’on pouvait faire ça. Ou alors Jazz mais on serait tous morts pour avoir osé ressentir de la luxure, même fausse, envers Alice… Donc, ben… T’as fait un magnifique rat de laboratoire mon coco. C’est dingue la quantité de venin que tu nous as produit mec, j’ai jamais vu ça !
- C’est un peu normal, jeune Emmett. Tu as osé penser à sa compagne d’une odieuse manière, c’est dans ses instincts de protéger sa femelle. Expliqua Marcus.
- Quoi ? Mais comment savez-vous que ce pourri a pensé à ma Bella ?
- Edward… Pendant que tu te concentrais sur tes bouquins poussiéreux, nous avons mis au point ce petit stratagème vois-tu ? Dit Rosalie en secouant la tête et en me tapotant affectueusement l’épaule.
- Parce que t’as aussi participé à ça ? Bon sang ! Si tu savais ce qu’il a osé penser, tu le priverais de sexe pendant au moins dix ans ! Hurlais-je au bord de l’apoplexie.
- Oh je sais, crois-moi. D’ailleurs, il est privé de sexe pendant une semaine. Ça ne me plaisait pas du tout cette idée, j’aurai largement préféré que ce soit Marcus qui joue les pervers penseurs mais… en cas de problème, Emmett était le plus capable de te retenir tu comprends ?

Rosalie me montra donc quelques feuilles de papier sur lesquelles leurs écritures s’entrelaçaient afin de créer le scénario dont j’avais eu, à mes dépends, le rôle principal. Je m’en voulais de m’être fait avoir comme un bleu et je leur en voulais d’autant plus d’avoir osé me faire ça. Comme si je n’avais pas déjà assez de soucis en tête à cause de l’autre psychopathe qui voulait me prendre ma compagne à moi !
Retournant à mes bouquins de psychiatrie, je laissais Marcus, le spécialiste en hématologie, et Emmett, le roi des abrutis, travailler de concert pour trouver la dose adéquate de venin pour contrecarrer les effets du gène Lycan.
Je sursautais lorsque Carlisle et les Enfants de la Lune revinrent en grandes pompes ; je n’avais pas vu le temps passer, plongé sur une analyse des différents effets secondaires des antipsychotiques sur la psyché.
Carlisle était revenu avec une multitude de feuilles, scanners, IRM et radios qu’il avait fait passer aux trois Russes et en jetant un coup d’œil aux IRM cérébraux, on voyait effectivement que leurs connexions neuronales étaient comme bouchées au niveau des récepteurs du système central.
Au bout de longues journées et nuits de recherches et d’expérimentations intensives, nous avions enfin trouvé la dose exacte de venin à injecter à leur métabolisme. Le plus étrange dans tout ça, c’est que nous avions combiné le venin avec le gène lupin des Quileute. En effet, même si le venin réactivait les récepteurs défectueux des Lycans, leur étrange nature reprenait le dessus et leurs connexions neuronales se rebouchaient au bout de quelques heures. Cependant, la faculté de régénération des Quileute présente dans leurs gènes et mélangée au venin réactivait de façon permanente les récepteurs cérébraux des Enfants de la Lune. Cela faisait exactement cinq jours que les Lycans avaient reçu leur sérum. Cela faisait également cinq jours que Marcus et Carlisle continuaient à leur filer des acides, des ecstasys, de l’héroïne… et croyez-moi, voir trois grands gaillards taillés comme des armoires à glace se mettre à rire pour rien, avoir des hallucinations visuelles ou auditives, une libido particulièrement exacerbée et totalement euphoriques, était une drôle de chose à voir.
Pour faire simple, les trois Russes étaient complètement défoncés.
De mon côté, j’avais cherché le traitement adéquat à leur situation.
Leur « monstre » agissant de façon psychotique, un peu comme un schizophrène, j’avais opté pour un neuroleptique classique, à forte dose, combiné à un régulateur d’humeur afin qu’ils puissent contrôler leur état. Enfin, afin de pallier aux différents effets secondaires des neuroleptiques, j’avais également ajouté un correcteur de neuroleptiques. Franchement, je n’avais pas vraiment envie de les voir amorphes, la langue pendante et la bave coulant au coin de la gueule.

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25 jours que Seth s’était totalement remis de son mal, sans aucune conséquence physique ou mentale de la morsure qu’il avait eue. Il était toujours aussi égal à lui-même.
15 jours que les Russes suivaient leur traitement attentivement, bien que cela n’ait aucune incidence sur leur forme humaine, et je craignais fortement que cela soit malheureusement inefficace… Ma Bella s’était montrée une incroyable supportrice et son optimisme incroyable peinait à rivaliser avec sa soif insatiable de débauche.
Nous étions de nouveau en route vers les montagnes, une vingtaine de vampires accompagnant les Lycans, car cette nuit, nous aurions enfin la réponse ; la pleine lune était prévue aujourd’hui.
Les Quileute avaient enfin compris et ils étaient restés sagement à la Push.
Une fois arrivés dans cette même clairière qui avait connu cet effroyable combat presque un mois plus tôt, nous laissions les Enfants de la Lune manger tranquillement la quantité phénoménale de sandwiches qu’Esmée et Sue avaient préparés pendant que nous allions chasser.
Lorsque l’astre lunaire fit son apparition, Jasper s’éloigna radicalement. Il ne supportait pas leur souffrance.
Leur terrible métamorphose achevée, les Lycans hululèrent à la gloire de la lune et tournèrent enfin leurs grosses gueules repoussantes vers nous.
Leurs yeux vermillon luisaient dans la nuit noire légèrement éclairée par la lune.
Brusquement, je me figeais, incapable de réagir, lorsque l’un d’eux se jeta sur moi…