Edward & Bella

Edward & Bella

dimanche 23 octobre 2011

49 - Explications

Le soleil s’était levé depuis un bon moment déjà lorsque nous nous décidâmes à quitter le lit.
Charlie avait besoin de réponses, tout comme Bella, et une discussion passablement tendue était à prévoir.
Après avoir usé de ses charmes, et surtout de sa bouche, sous la douche, nous retournions nous habiller dans la chambre.
Focalisé sur ma Bella, je ne faisais plus attention aux pensées des uns et des autres, et alors que je lui envoyais mon drap de bain à la figure pour s’être moquée de mon état ultra hormonal, la porte s’ouvrit dans un grand fracas, Bella enroulée dans sa ridicule serviette et moi à poil, au garde à vous…

- Salut la compagnie ! Assez copulé ! J’viens vous cherch… oh putain ! D’où que c’est qu’elle t’a marqué la frangine ! La vache ! T’as dû en chier mon poteau ! Un peu plus au centre et tu finissais castrat ! Claironna Emmett en se cachant les yeux d’un geste théâtral. Cache-moi ça avant que je ne sois aveugle parce que tu m’auras crevé l’œil, ô mon frère adoré ! Et habillez-vous, Charlie et Sue sont levés depuis un bail et vous attendent ! D’ailleurs, vous avez de la chance que ce ne soit que moi, el Cheffe a failli débarquer au réveil !

Ouais. Ben heureusement que beau-papa n’est pas venu ! Entre nous, je pense qu’il n’aurait pas beaucoup apprécié de me voir baiser la bouche de sa fille…

Emmett sortit enfin de la chambre et nous attendait dans le salon.
Bella le maudissait pour avoir débarqué comme ça, sans prévenir, et promettait de se venger à nouveau, ce qui me fit bien rire et apeura Emmett.
Bella enfila un jeans délavé puis passa une tunique bleue nuit tout en chaussant ses boots, et une fois que je fus habillé d’un treillis et d’un tee-shirt noir, mes rangers aux pieds, nous sortîmes de la chambre main dans la main, puis du cottage, sans nous intéresser à Emmett. Il bougonna puis bouda franchement d’être ainsi ignoré.
Lorsque nous arrivâmes à la villa, Bella me fut arrachée des bras par son impatient de père. Elle l’étreignit puis vint le tour la petite Carlie qui s’éveillait en douceur.
La gamine vit Emmett et lui fonça dessus, hurlant « hue dada ! ». Emmett ne se fit pas prier pour la distraire mais il se fit gronder rapidement par Esmée car il empêchait la gosse de petit-déjeuner.
Par respect pour le Chef Swan, nos amis non végétariens avaient déserté les lieux, tout en restant à une distance raisonnable au cas où. Seuls les deux Volturi étaient restés.
Une fois leurs estomacs humains remplis, Rosalie emmena la petite fille à l’écart, prétextant qu’elle devait prendre un bain. Pas la peine que Carlie assiste à la conversation qui allait suivre après ce qu’elle avait déjà vécu.
Le Chef Swan nous raconta donc ce qu’il s’était passé, de son accident jusqu’au moment où Bella s’était retrouvée enfermée avec lui.
Lorsque nous lui expliquâmes qu’il y avait une incohérence temporelle entre son accident réel et celui déclaré par le FBI au vu des preuves, il tiqua trouvant cela plutôt étrange. Il nous confirma bien que son accident avait eu lieu le soir, et non à l’aube comme le soulignait l’agent Mallone.
En bref, un accident dans d’étranges circonstances et surtout quelle drôle de coïncidence qu’il soit repêché par un groupe de vampires dont le chef en avait après sa fille !
Jasper se massait les tempes, le visage figé et les sourcils froncés. Brusquement, il se redressa en tapant du poing sur la table ; il la fendit sous les yeux éberlués de Charlie et ceux attristés d’Esmée.

- Oh non ! Pas encore ! C’est au moins la vingt-troisième table que vous m’abîmez depuis notre arrivée à Forks ! Pleurnicha Esmée.
- Pardon m'man ! Désolé ! C’est juste que…

Jasper était surexcité et n’arrivait pas à parler, ni à penser, clairement.

- Qu’y-a-t-il Jasper ? Demanda Carlisle d’une voix inquiète.
- Je… je trouve juste de plus en plus bizarre cet écart de temps entre l’accident de Charlie et la version du FBI…
- Que veux-tu dire ?
- Nous savons de source sûre que Charlie a été percuté en soirée… ET si ce n’était pas un animal sauvage qui l’avait embouti ? Si c’était plutôt… l’un des nôtres ? Au plus j’y pense, au plus j’en suis sûr et certain ! Et si ce… Siegfried s’était occupé de traficoter le mental des agents du FBI ?
- Mais… et leurs preuves ? S’exclama le Chef Swan. D’après ce que vous me dîtes, le FBI aurait des preuves de mon « accident » arrivé au petit matin !
- Les preuves peuvent être aisément fabriquées, vous savez. Et si effectivement Siegfried y est lié, même sans preuves, le FBI est persuadé que vous avez été victime d’une collision avec un cochon sauvage et que vous avez disparu dans le lac au petit matin. Expliqua Jasper.

Le Chef Swan se grattouilla le menton un instant puis lissa les poils de sa moustache pensivement.

- Siegfried… Nous en avons souvent entendu parlé, Bella et moi… Enfin plus Bella car la moitié des conversations m’étaient totalement incompréhensibles… Qu’a-t-il donc de si particulier ce vampire pour vous faire trembler ?

Aro, qui était jusqu’à présent resté silencieux, s’installa face au Chef Swan avant de prendre la parole.

- Vous avez dû découvrir par vous-même, cher Monsieur, que certains membres de notre… communauté… sont pourvus de dons, de talents. Télépathie… empathie… divination… torture psychique… bouclier… Dans son cas, Siegfried est un… manipulateur de pensées. Il peut ôter de votre esprit les souvenirs qu’il désire et en implanter d’autres qui vous sembleront parfaitement réels. Par exemple, il pourrait vous faire oublier vos nombreuses années de bons et loyaux services envers votre municipalité et « effacer » votre charmante fille de vos souvenirs pour faire de vous un charmeur de serpents ou un moine, entre autres. Dans certains cas, son talent peut s’avérer très utile ! Mais entre de mauvaises mains…

Aro secoua la tête tout en laissant sa phrase en suspend et Charlie frissonna avant de reprendre le fil de son récit.
Lorsqu’il en vint à parler d’Alec, on vit clairement qu’il affichait une forte compassion et une profonde tristesse envers le vampire.

- … C’est vrai quoi ! Ce pauvre gosse, même s’il est sûrement bien plus vieux que moi, a toujours été… gentil avec moi. Il me traitait avec respect et je voyais bien qu’il était désolé pour moi. Ce pauvre gamin est manipulé par les autres, ça se voit ! Il rampe aux pieds de sa folle de sœur… elle est vraiment démoniaque celle-là… brrr ! … C’est Alec qui se chargeait de m’apporter les repas… c’est le seul qui m’ait considéré… humainement dirais-je. Pour les autres, j’avais l’impression d’être un singe dans une cage et qu’ils visitaient le zoo… Quand je pense à ce qu’ils lui ont fait pour avoir apporté juste un peu de sa… de sang… à ma fille, j’en ai froid dans le dos. Et encore, je ne sais pas tout, Bella n’a pas voulu me raconter…
- Et elle a bien fait, Charlie. Croyez-moi, c’était ignoble… Dis-je en me secouant la tête, essayant de chasser la torture d’Alec de mon esprit.
- Que… quoi… Bella t’a raconté ?
- Non. Euh… Alice l’a vu… et moi aussi…

Le cœur du Chef Swan se mit à battre à toute allure, ses artères diffusaient le sang de plus en plus vite dans son corps, sa tension grimpait en flèche et il devint rouge de colère.

- Comment ça ? Vous… vous nous avez vus ? Vous avez vu ce que nous avons vécu, ce que ma fille a subi, et vous n’avez pas levé le petit doigt pour nous aider ? Et après toi, toi ! Tu oses me dire que tu aimes ma fille ? Tu ne manques pas de culot, mon gars ! Bella était torturée, jour après jour, pendant que toi tu étais là à ne rien faire et tu oses…

Mon corps se tordit de douleur et je grimaçais en revoyant les séances de « rééducation » de ma Bella dans mon esprit. Je comprenais sa colère, mais il ne savait pas.
Carlisle s’interposa entre le Chef Swan et moi puis posa une main sur son épaule, l’obligeant à se rasseoir.

- Charlie, je comprends votre colère et croyez-moi…
- Que je vous croie ? Vous me comprenez ? Vous vous foutez de moi ? Vous n’avez pas bougé le petit doigt ! Il ne se passait pas une journée sans que je ne me concentre sur les alentours, espérant qu’Alice repère l’endroit où nous nous trouvions ! Il ne se passait pas une journée sans que ma fille subisse des sévices et des actes de barbarie sans nom et vous me dites que vous me comprenez ? C’est la meilleure !
- Charlie, ça suffit ! S’exclama Sue Clearwater qui était restée en retrait. Écoute-les et tu comprendras pourquoi ils sont restés en retrait. Ce n’était pas de gaîté de cœur, ils étaient tous effondrés sachant ce que Bella subissait, principalement Edward. Fais-moi plaisir Charlie et écoute ce qu’ils ont à te dire.

Je sentis les bras minces de Bella s’enrouler autour de ma taille et m’aperçus que je m’étais laissé glisser contre une chaise, envahi par la culpabilité et les regrets, assommé par le poids des remords et visions de tortures…
Je la fis passer sur mes genoux et l’étreignis étroitement avant de nous bercer lentement pendant que mon père expliquait au Chef Swan les raisons pour lesquelles nous étions restés ici, à attendre qu’ils reviennent.
Il lui raconta que j’avais voulu partir à leur recherche juste après la première torture de sa fille, mais que tous m’en avaient empêché à cause des visions qu’Alice avait eues. Il lui détailla plus qu’explicitement ces visions de cauchemar, ce futur probable qui aurait eu lieu si j’étais parti les retrouver. Il lui expliqua que même s’ils y étaient tous allés, Bella aurait été incapable de nous protéger de son bouclier, bien trop affaiblie par la soif, et que nous aurions tous péris. Qu’ensuite, Bella n’aurait plus été qu’un objet, un corps sans âme, ne faisant qu’obéir aux ordres, tuée de l’intérieur. Que le monde qu’il connaissait n’aurait plus été qu’un lointain souvenir…
Carlisle lui raconta même combien je pouvais être masochiste, puisque je m’étais fait un point d’honneur à subir mentalement ce que mon ange subissait physiquement au point de me retrouver dans une espèce d’état catatonique dont je n’étais sorti que la veille, juste avant l’appel de Bella.
Au fur et à mesure des explications de Carlisle, le visage de Charlie Swan palissait de plus en plus, tout comme il hoquetait souvent de dégoût et d’horreur, particulièrement lorsque les ignobles visions touchaient sa fille.

- Mais… si les visions d’Alice sont subjectives, comment pouvait-elle donc être certaine de ce qu’il arriverait si vous étiez tous venus ? Vous avez des dons, non ? Des talents ! Vous auriez pu nous sortir de là bien avant ! S’époumona le Chef Swan d’une voix venimeuse.
- Il se trouve que vos tortionnaires aussi ont des talents ! Et pas des moindres… Malheureusement, si nous étions venus à votre secours, sans l’aide de Bella nous n’aurions rien pu faire, hormis périr à vos côtés… Expliqua calmement mon père.
- Mais… mais elle a su nous protéger, Carlie et moi ! Elle aurait tout aussi bien pu vous défendre, non ?
- Malheureusement non, Charlie. Entre protéger deux personnes quasiment immobiles et un groupe d’une trentaine de combattants en mouvement, il y a une énorme différence ! Elle n’avait pas la force de nous défendre le temps que nous en finissions avec vos kidnappeurs.
- Mais vous n’en savez rien ! Éructa Charlie, rouge de colère.

Bella quitta mes bras et se rendit jusqu’à son père, posant une main sur son épaule afin de l’apaiser.

- Ils ont bien fait de ne pas venir, papa. Ils ont eu raison…
- Ben tiens, défends-les ! Tu as été torturée pendant trois semaines, Bells. Trois semaines ! S’ils étaient venus…
- Je n’aurai rien pu faire ! Papa, je ne vous protégeais, Carlie et toi, que lorsqu’il y avait Jane ou Félix à proximité ! Je ne pouvais pas laisser mon bouclier actif 24h/24. J’étais… épuisée. Ils seraient tous morts s’ils étaient venus à notre secours ! Et toi aussi papa !
- Mais bien sûr ! Tu dis ça uniquement parce que la diseuse de bonne aventure l’a dit !
- Non papa. Je le dis parce que c’est la vérité. Et avec le temps, j’ai appris qu’il vaut mieux se fier aux visions d’Alice.

Le Chef Swan croisa ses bras sur son torse et se mit à bougonner avant de poser une autre question.

- Pas que je ne sois pas heureux que rien de ces visions cauchemardesques ne se soit réalisé, mais quel rapport peut-il y avoir entre ce… Félix… et cette… révolution que vous semblez tant craindre, monsieur ? Demanda-t-il à Aro, soutenant l’intense regard pourpre du vénérable vampire.
- Disons, cher monsieur, que notre frère Caïus n’a jamais vraiment accepté l’idée de… vivre dans la clandestinité. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres membres de notre communauté, les humains devraient nous… déifier et vivre en esclavage. Caïus a de sacrés dons d’orateur en plus de son charisme naturel, un peu comme ce vieux cinglé d’Adolf. Rendez-vous compte, prendre le pouvoir avec seulement 33% de votes ! Bref. Si Caïus venait à lever une armée, cela serait terrible. Pour nous autres, vampires, mais surtout pour vous, humains. Heureusement, les vampires ici présent, même les… carnivores dirais-je, veulent continuer à vivre clandestinement. Nous avons donc également un semblant d’armée. Mais si Félix s’allie à Caïus, je crains le pire… Ce n’est pas pour rien qu’il est nommé le « Fléau » chez les nôtres.
- Humm… J’ai entendu Bella l’appeler ainsi… Et pourquoi ce pseudonyme en question ? Demanda le Chef Swan, la voix vibrante de curiosité.
- Et bien disons que… que rien ne l’arrête. Répondit Aro en choisissant soigneusement ses mots. Son art de la guerre n’a d’égal que sa folie démesurée. Il est capable à lui seul de combattre une dizaine d’assaillants en même temps. C’est un guerrier émérite ! Mais malheureusement complètement fou. Si nous, Volturi, dirigeons notre communauté depuis de nombreux siècles, nous avons pu asseoir notre position de force au sein du monde vampirique principalement grâce à lui. Mais aussi aux jumeaux. Leurs réputations les précèdent de loin !
- Mais s’il était à ce point fou et intenable, pourquoi ne l’avez-vous pas achevé avant ? S’énerva Charlie.

Une voix faible et empreinte d’un profond chagrin s’éleva et Marcus ne prononça qu’un nom : Didyme.

La voix poignante d’une infinie tristesse, Marcus raconta sa douloureuse histoire à Charlie et Bella. Les siècles étaient passés et pourtant, on sentait toujours à quel point Marcus avait aimé sa compagne. A quel point il l’aimait toujours d’ailleurs…
Il expliqua les raisons pour lesquelles Félix était devenu fou, après que Didyme soit morte sous les coups d’un loup-garou, et que depuis ce funeste jour, il avait perdu toute trace d’humanité pour ne devenir qu’un être barbare, dénué de tout sentiment. Le laisser vivant était une sorte d’hommage à sa feue épouse…
Plusieurs fois, je vis Bella se mordre la lèvre, comme si elle retenait ses paroles, puis froncer les sourcils en signe d’incompréhension. Marcus avait à peine fini ses explications que Bella claquait sa langue contre son palais, ennuyée par je ne sais quoi.

- Je ne comprends pas. Je ne l’ai pas connu comme ça… Je…
- De qui parles-tu ma chérie ? Demanda Charlie d’une voix douce.
- Félix. Je…

Je me raidis, en proie à la trahison et à la jalousie en entendant mon ange prononcer le prénom de ce boucher sadique avec tant de détachement.

- Mais qu’est-ce qu’il te prend Bella ? Après tout ce que ce malade t’a fait subir, tu le défends encore ? M’énervais-je en me levant brusquement.

Je n’en croyais pas mes oreilles. Après tout ce qu’elle avait perdu et subi à cause de lui, elle le défendait encore !
Jalousie. Trahison. Haine. Rejet.

- Tu ne comprends pas, Edward !
- Ce que je comprends, c’est que tu le défends !
- Mais je…
- Vas-y ! Si tu crèves tant que ça de le revoir, vas-y ! Y’a rien qui te retient ici ! Ton père et la gosse sont en sécurité maintenant, et puisque apparemment tu raffoles de t’en prendre plein la gueule, retourne là-bas ! Va jouer les carpettes et rampe à ses pieds ! Je suis…

Je feulais et tremblais, en proie à des sentiments néfastes, violents et dévastateurs, puis me figeais lorsque sa main s’abattit violemment sur ma joue. Je fixais Bella, choqué qu’elle m’ait giflé et surtout trahi. Mon cœur se fissura lorsque je réalisais qu’elle ne m’aimait pas autant que je ne l’aimais puisqu’elle en venait à préférer un boucher. Son tortionnaire…
Les vampires étaient-ils donc sujets au Syndrome de Stockholm ? Oui, la preuve…
Charlie Swan observait sa fille, le visage frappé par le choc et l’incrédulité, puis il me jeta un regard à mi-chemin entre les reproches et la peine.
Vaincu, je baissais la tête et fis demi-tour afin de sortir d’ici au plus vite lorsque Bella m’agrippa fermement le poignet, m’attira à elle et me gifla à nouveau.

- Je peux savoir ce qu’il te prend ?
- Ce qu’il me prend ? Je pense avoir été clair Bella, non ?
- Pas ça ! Tu allais vraiment partir, Edward ? Mais tu n’as vraiment rien compris ma parole…
- Oh que si ! J’ai compris que tu aimes toujours ton tortionnaire !

Elle me relâcha subitement le poignet, comme si je l’avais brûlée, et son regard se voila. Puis elle se mit à rire… rire… un rire frisant l’hystérie.

- Ah ! Ah ! Ah ! Mais tu n’as rien compris Edward ! Ah ! Ah ! Ah ! Tu as sauté à de fausses conclusions ! Ah ! Ah ! Ah !

Bella enroula étroitement ses bras autour de mon cou puis nicha son visage contre mon torse, inspirant lentement et profondément.
D’un geste maladroit, je caressais ses cheveux et emmêlais mes doigts dans ses boucles soyeuses avant d’enfouir mon visage au creux de son cou, m’imprégnant de son délicieux parfum, puis embrassais délicatement sa jugulaire qui ne palpitait plus, marmonnant un vague « désolé ». Une fois calmée de son état semi-hystérique, Bella s’expliqua.

- Ce que je voulais dire, c’est que je ne comprends pas. Félix n’était pas comme ça avec moi, avant. Jamais ! Je ne cherche pas à le défendre ni à l’excuser, pas après tout ce qu’il m’a fait. Je le haïs à un point que tu ne peux imaginer. Je n’aspire qu’à une chose, le tuer de mes propres mains… Il est… monstrueux… vil… abject… c’est un assassin… un sadique… un barbare… Il ne mérite que de crever… dans les pires souffrances possibles et inimaginables… mais… avant qu’il ne tue ma m… ma mère… il n’était pas comme ça ! Il… il était gentil… prévenant… et même s’il était loin d’être parfait, il était… aux petits soins avec moi…

Le Chef Swan se leva d’un bond, frappant la table de son poing, le visage empourpré par la rage puis il se mit à gronder vivement sa fille.

- Aux petits soins ? Mais comment oses-tu prendre sa défense après tout ce qu’il t’a fait subir là-bas ? Comment oses-tu ? Mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi Bells ?
- C’est juste que je ne comprends pas ! Comment peut-il être doux avec moi un jour et monstrueux par la suite ? Je ne prends pas sa défense papa, loin de là ! C’est juste que j’ai besoin de comprendre… Pourquoi moi ? Depuis qu’il a appris que je ne suis pas morte ce soir-là, il me harcèle… Pourquoi ?

Alors que Bella en était à la limite de s’arracher les cheveux de frustration, Marcus alla chercher un ordinateur portable avant de revenir s’asseoir près de Charlie et de mon ange.

- Je vous ai déjà parlé de ma Didyme, jeune Isabella. Je vous ai également raconté son histoire commune avec Félix, de leurs fiançailles arrangées avant leurs naissances et de leur mariage qui n’a jamais eu lieu.

Bella écoutait attentivement le Volturi, se contentant de hocher brièvement la tête en guise de réponse.

- Comme nous te l’avons expliqué plus tôt, à cette lointaine époque, une femme était… en quelque sorte le… bien de son époux. Sa propriété si tu préfères. Félix s’était donc persuadé pendant son adolescence que Didyme serait à lui, tôt ou tard. Elle lui appartiendrait et se plierait à la volonté de son époux. Mais lorsqu’il l’a transformée, Didyme et moi nous sommes reconnus…
- Reconnus ? Je ne comprends pas ce que vous entendez par là. L’interrompis mon ange, sceptique.

Marcus lui sourit et la couva d’un regard protecteur avant de lui répondre.

- Lorsque tu as rencontré Edward, Isabella, tu étais encore humaine, n’est-ce pas ? Qu’as-tu ressenti la toute première fois que tu l’as vu ?

Bella baissa le regard et se cacha le visage derrière ses cheveux, gênée de devoir répondre à la question de Marcus devant un auditoire et principalement devant son père.

- Je… j’ai ressenti… du… du désir… Je le voulais… Par dessus tout… C’était plus fort que moi… Mais… mais je le haïssais… je le haïssais d’être ce qu’il est… Et je le haïssais encore plus de me mettre dans cet état…
- C’est à dire, jeune Isabella ?
-Avoir… avoir envie de lui en permanence… avoir besoin de le toucher… un besoin nécessaire… vital… de me fondre en lui… de ne faire qu’un… de… c’est comme s’il me soumettait à un incroyable pouvoir d’attraction… comme s’il était un immense aimant auquel la minuscule bille d’acier que je suis ne peut résister à son puissant champ magnétique… C’était… extrême… hypnotique… puissant… c’était… dévastateur… c’était… Mais pourquoi me demandez-vous cela, Marcus ?


Le vénérable vampire lui sourit d’un air entendu avant de poursuivre.

- Vois-tu mon enfant, ce que tu as expérimenté lors de votre rencontre est un phénomène rarissime. Tu as eu la chance de rencontrer ton compagnon d’éternité de ton vivant. Bref, tu étais toujours humaine et il est extrêmement rare chez les vampires de reconnaître un compagnon humain. Surtout lorsque l’humaine en question est la chanteuse du vampire…
- La « chanteuse » ? Qu’est-ce qu’une « chanteuse » ? Demanda Charlie qui commençait à s’empêtrer dans les explications de Marcus.
- Une « chanteuse » est… un humain, dans le cas de votre fille, une humaine, dont le sang chante pour le vampire…
- Comment cela ? Dit le Chef Swan, les sourcils froncés.
- C’est comme si votre fille, humaine, avait eu un sang créé… sur mesure… pour répondre aux… fantasmes olfactifs et gustatifs, dirais-je, d’Edward… Comme si son sang avait été conçu spécialement pour lui. Hormis le jeune Edward, je n’ai jamais entendu parler d’un vampire capable de résister à son chanteur ou sa chanteuse…
- Qu’entendez-vous par là ? Demanda confusément le Chef Swan.
- Et bien… Disons… que l’humain n’a… aucune chance de survie dans ce genre de rencontre…
- QUOI ? Ça veut dire que tu aurais pu tuer ma petite fille ? TROUVEZ-MOI UN FLINGUE !

Charlie s’était levé d’un bond et se demandait de quelle façon il pouvait me démembrer avant de me faire griller dans un feu de joie. Bella le ceintura afin qu’il ne se casse pas un os en me frappant et l’intima au calme. Je m’approchais de lui, il se débattit entre les bras de sa fille.

- Charlie, Bella était peut-être ma chanteuse, je n’aurai jamais pu la tuer, c’est tout bonnement impossible.
- Ah oui ? C’est pas ce qu’a dit Marcus ! S’époumona-t-il.
- Et vous n’en avez écouté que la moitié, vous extrapolez ! Bien sûr que Bella était ma chanteuse, mais avant tout, elle est ma compagne ! Je ne peux pas vivre sans elle et si elle meurt, je meurs aussi, vous comprenez ?

Le Chef Swan arrêta de se débattre entre les bras de ma Bella puis me jeta un regard méprisant.

- Pff… mais bien sûr !

Puis il coula un regard vers Marcus et continua d’une voix dédaigneuse.

- Et ton Roi des Vampires ? Il a bien perdu sa compagne d’éternité, non ? Je vous prie de m’excuser, Marcus, ne croyez pas que je ne mesure pas l’immense peine que vous éprouvez mais je devais bien montrer à ce petit morv…
- Monsieur Swan. Reprit Marcus d’une voix faible. Croyez-moi, si j’en avais la possibilité, il y a bien longtemps que j’aurais rejoins ma Didyme. Malheureusement, mes frères ont besoin de moi et ont expressément demandé à l’une de nos gardes de… m’attacher à eux. Voyez-vous, Chelsea est capable d’influencer les liens entre les personnes, c’est pour cela que je n’ai toujours pas rejoint mon épouse… Enfin bref, ne parlons plus de ça… Comme je disais précédemment avant de vous expliquer ce qu’est une chanteuse, Bella et Edward se sont reconnus compagnons immédiatement. C’est pour cela que malgré ton acharnement à le repousser, jeune Isabella, tu as été incapable de t’éloigner d’Edward. C’est impossible ! On ne peut combattre l’attraction entre compagnons et on ne peut pas non plus briser leur lien une fois qu’ils se sont reconnus. C’est… c’est pour ça que je vous parlais de ma Didyme… Humaine, elle était promise à Félix. Mais une fois vampire, elle et moi nous sommes reconnus…

Marcus baissa la tête, basculant dans ses souvenirs, tandis que Bella me fixait d’un œil inquisiteur, assimilant les propos et explications du Volturi. Enfin, un sourire aussi éblouissant que dévastateur pris place sur son beau visage et son regard envahi de tendresse se fit bien plus intense. Bella venait enfin de comprendre l’importance de notre lien mais elle venait également d’admettre que nous nous appartenions mutuellement.
Charlie marmonna un flot de paroles inintelligibles avant de fixer son attention sur le Volturi. En voyant, au passage, l’expression d’un intense amour et d’une profonde tendresse qui était affichée sur nos visages à Bella et moi, il grommela pour le sport mais j’entraperçus les coins de sa moustache frétiller.

- C’est bien joli toutes ces histoires de compagnons, messieurs, mais en quoi cela concerne ma petite fille ? Pourquoi ce cinglé en a après elle ? S’énerva mon futur beau-père.

Marcus pianota quelques instants sur son ordinateur, accéda au splendide portrait de sa défunte épouse, puis tourna l’écran face à Charlie.
Le Chef Swan s’empourpra violemment, à la limite de l’apoplexie, puis il explosa de colère.

- Êtes-vous donc tous des psychopathes au sein de votre communauté ? Éructa-t-il, le corps tremblant d’une fureur mal contenue et la voix vibrante de haine. Qu’a donc ma fille de si important pour que vous en soyez à la harceler et à la peindre ?

Marcus se redressa puis plongea son regard carmin dans celui de Charlie.

- Vous faîtes erreur, Monsieur Swan. Ce n’est pas Isabella qui est représentée sur ce tableau…
- Bon sang, je ne suis pas aveugle ! Je sais encore reconnaître ma fille, nom de Dieu !
- Et je vous répète qu’il ne s’agit pas d’Isabella. Ce portrait est celui de ma Didyme.

La bouche de Charlie s’ouvrit et se referma à plusieurs reprises, lui donnant l’air d’un poisson hors de l’eau, puis il se tourna vers moi, son regard me suppliant silencieusement de ne pas infirmer les propos de Marcus et enfin, il souffla lourdement lorsque d’un hochement de tête, je lui confirmais les paroles du vénérable vampire.

- Seigneur… On dirait la même personne… des jumelles… c’est… c’est stupéfiant ! Murmura-t-il.

Le regard de Charlie sautait du portrait affiché sur l’écran de l’ordinateur à sa fille entre mes bras, puis ses pensées se mirent à tourbillonner à une allure folle, m’empêchant d’en saisir l’exacte teneur. Il posa ses coudes sur la table et son menton sur une main, lissa sa moustache pensivement du bout des doigts puis son regard se perdit vers l’extérieur.
Bella commençait à s’inquiéter de la réaction – ou plutôt de l’absence de réaction- de son père, et alors qu’elle amorçait un pas en sa direction, il vrilla son regard sur mon ange.

- Tu es un lot de consolation. Lui dit-il d’une voix mesurée.

Ce n’était plus le père qui parlait ici, mais le flic.

- De quoi parles-tu, papa?
- Je parle de ce qu'il s'est produit il y a cinq siècles... de ce qu'il s'est passé lors de votre rencontre... de...

Il me jeta un bref regard gêné avant de poursuivre.

- De... de ses penchants... de ce qu'il m'a... appris... à votre sujet... pendant notre captivité.

Bella se tendit entre mes bras et baissa les yeux, honteuse. Il va falloir qu'on ait une petite conversation, je crois...

- En bref, reprit le Chef Swan, à mon avis, ce sociopathe sera prêt à tout pour te reprendre sous sa coupe. Il n'a pas pu avoir celle qui lui était promise alors il se rabat sur son sosie. Je ne pense pas que cela soit un hasard qu'il t'ait initiée à ses... ses déviances. Il a profité de ta naïveté, de ton innocence pour te façonner à se guise et je suis sûr que s'il n'avait pas massacré ta mère, il t'aurait transformée lui-même pour te garder rien qu'à lui. Faire de toi un objet. Son objet. Et ainsi pouvoir aimer Dydime, par procuration.

J'étais franchement étonné par le raisonnement du Chef Swan mais dans un sens, il n'avait pas tord. Loin de là, même. Et plus on se penchait sur ses idées, plus celles-ci nous paraissaient justes. Félix n'avait pas jeté son dévolu sur ma Bella par un pur hasard. Et il avait également tout fait pour s'assurer la loyauté sans faille de mon ange. Malheureusement, ou plutôt heureusement, cela s'était retourné contre lui.
Bella, elle, était restée de marbre. Son visage était totalement impassible, dénué de toute expression, comme si les propos de son père ne l'atteignaient aucunement.
Je jetais un regard à Jasper et lui fis un bref signe de tête en direction de ma douce; il fronça les sourcils puis au bout de quelques minutes, il échappa un soupir de frustration.

Impossible ! Impossible de savoir ce qu'elle ressent, elle s'est totalement emmurée. Quelle plaie !

Je grognais à son attention, ce qui eut le don de dérider ma belle qui haussa un sourcil sceptique suite à mon comportement. Je haussais les épaules comme si de rien n'était, espérant que la réponse lui suffirait.
Le Chef Swan, quant à lui, ruminait ses pensées et marmonnait dans sa barbe, puis subitement, il se tapa le front.

- Bon sang! Pourquoi n'ai-je pas fait ça avant?
- De quoi parlez-vous, Charlie? Lui demanda Carlisle.
- Bah! Prévenir les autorités que je suis de retour, pardi !

Nous nous concertâmes tous du regard, sachant déjà que la suite n'allait pas plaire au Chef Swan. Étonnamment, ce fut Eléazar qui prit la parole.

- Il semblerait, cher Monsieur, que vous n'ayez pas vraiment compris la situation...
- Bien sûr que si! Mais puisque je suis en vie, il faut que je prévienne mes collègues!
- Collègues qui sont persuadés que vous êtes mort à la suite d'une collision entre votre voiture et un sanglier et que votre dépouille repose au fond du lac Michigan! Pardonnez-moi, mais ce n'est pas une...
- Je ne peux tout de même pas rester "mort" pour vos beaux yeux, nom d'un chien !
- Monsieur Swan, les agents qui vous ont déclaré disparu sont très certainement manipulés par des vampires, vous le savez aussi bien que nous, la situation vous a été exposée clairement. Pour le moment, il serait judicieux que vous vous fassiez tout petit, vous devez absolument rester à l'écart. Tant que le problème "Félix" n'aura pas été réglé et que nous n'aurons pas mis la main sur Siegfried, nous ne pouvons rien faire. Mais nous vous promettons qu'une fois toute cette histoire résolue, nous vous aiderons à rétablir vos droits. En attendant, vous devez rester caché.

Charlie grommela son mécontentement, mais comprenant la situation, il accepta de ne rien faire qui puisse apporter des problèmes supplémentaires. Il continua à marmonner dans son coin, pour le sport, puis je vis dans ses pensées qu'il se planifiait déjà un nouvel emploi du temps, rester planqué à La Push, passer ses journées avec Billy à la pêche ou à regarder la télévision en sirotant une bonne bière et occuper ses soirées avec Sue à ...
Erk ! Rien que de l'imaginer, j'en suis écœuré!

***************************************

Eléazar reposa le téléphone après l'appel de Marcus. En effet, cela faisait une dizaine de jours que les deux Volturi étaient repartis chez eux, en Italie. Même s'ils souhaitaient rester plus longtemps parmi nous, ils avaient des obligations et devaient reprendre leur rôle : la charge du monde vampirique et maintenir à tout prix le Secret. Ils devaient surtout surveiller leur frère Caïus, qui était miraculeusement réapparu à Volterra hier, et en aucun cas éveiller des soupçons quant à leur implication à nos côtés.
Avant de partir, Aro avait confié une tâche à Jasper : nous entraîner coûte que coûte et former la Meute au combat contre les vampires nouveaux-nés. Il avait le pressentiment que Félix serait capable de s'en faire une armée pour reprendre sa "Dydime" sous sa coupe. Par ailleurs, il avait expressément demandé à Eléazar d'aider mon ange à exploiter toutes les capacités de son double bouclier.
Depuis dix jours, nous ne faisions plus que ça, nous entraîner. Encore et encore. Nous avions ainsi découvert que Bella était capable d'expulser totalement son bouclier physique, malheureusement, cela la rendait vulnérable de toute attaque psychique puisque son bouclier mental s'annihilait. Elle avait donc fait les frais des électrocutions de Kate et s'était tapée une monstrueuse migraine, cadeau de Jasper !
Nous nous entraînions tellement que j'avais peine à passer ne serait-ce qu'une heure en compagnie de ma moitié !
Alice avait alors décrété que nous avions besoin de décompresser un peu et avait emmené les filles avec elle pour une soit-disant journée anti-stress : une virée shopping. Connaissant mon ange, elle devait se retenir de bouffer ma soeur et s'imaginait très certainement la démembrer lentement et sûrement.
Quant à moi, j'observais mon imbécile de frère jouer avec Carlie.
Emmett avait acheté une montagne de jeux vidéo, et la découverte des "lapins crétins revisitent l'histoire" l'avait mis dans un état proche de la transe.
La petite fille était pliée de rire, observant Emmett se balader avec un bandeau sur la tête, un carquois rempli de balayettes et ventouses à chiottes dans le dos, un arc à la main et hurlant "BWAAAAAH" à tout bout de champs en tirant ses flèches... euh balayettes.
Quand ça dure dix minutes, ça passe encore, mais imaginez-vous une journée à subir cela !
J'entendis de loin la Porshe d'Alice et la BMW de Rosalie puis le crissement des graviers dans l'allée m'indiqua leur retour. ENFIN ! Je ne me tenais plus !
Une journée sans ma douce était un véritable enfer...
La porte s'ouvrit et Emmett tira l'une de ses armes factices en hurlant "BWAAAAH !". Je me retins d'exploser de rire en voyant une Rosalie figée par la surprise, une ventouse collée sur le front.
Elle ne dit rien, décolla la ventouse de son visage, puis s'installa sur le canapé en vrillant son regard sur son époux.

- C'est comme ça que tu m'accueilles, Emmett?
- J'suis pas Emmett ! J'suis un lapin crétin ! BWAAAAH !
- Mouais... Tu peux oublier le lapin, t'es surtout crétin si tu veux mon avis... Souffla Rose de dépit.
- Mais euh... MAMAN ! Rosalie elle dit que je suis un crétin !

Esmée arriva, un sourire aux lèvres, puis caressa tendrement le front d'Emmett.

- Mais ce n'est pas une nouveauté, mon chéri! Je trouve bien dommage qu'il ait fallut plus de cinquante ans à Rose pour s'en apercevoir. Enfin, l'amour rend aveugle...
- Mais! Mais! Pff... Z'êtes même pas drôles d'abord! Pas possible, y'a aucun humour dans c'te baraque de fous!

Et Emmett fonça bouder dans sa chambre sous nos éclats de rire confondus, tandis que la petite Carlie continuait son jeu, hurlant "BWAAAH" lorsque son personnage virtuel le faisait.
Bella s'installa sur mes genoux, observant l'enfant d'un air sceptique.

- Que veux-tu mon ange, Emmett finit par déteindre sur elle !
- Pauvre gosse... Elle est mal barrée !

Alors que ses lèvres se posaient voracement sur les miennes, elle me fut arrachée des bras par une Alice surexcitée.

- Alice, non!
- Allez Bella! S'te plaît! S'te plaît! Tu m'avais promis!
- Mais Alice je...
- Non ! C'est comme ça et puis c'est tout!

Ma sœur l'entraîna de force à l'étage tandis que ma Bella la maudissait. Les sœurs Dénali et Rosalie les rejoignirent et moins de dix minutes plus tard, nous entendîmes des hurlements épouvantables.

- NON ALICE ! TOUT MAIS PAS ÇA ! JE TE DETESTE !

Quelques bruits de lutte et bibelots cassés plus tard, Bella réapparut, fulminante, et je dus me balancer un coussin entre les cuisses pour éviter les remarques vaseuses. Ma Bella arrivait vers moi, sublime, époustouflante, divine, absolument bandante, enroulée dans un micro-bout de tissu moiré bleu nuit. Sa robe était si courte que je pouvais voir les jarretelles qui maintenaient ses bas noirs. Elle n'arrêtait pas de tirer sur sa robe, essayant de cacher tant bien que mal ses merveilleuses cuisses. Lorsqu’Alice redescendit, Bella lui jeta un regard assassin auquel ma sœur répondit, l'innocence incarnée.

- Qu'est-ce qu'il y a, Bella? Tu n'es pas contente?
- Pas contente? C'est un euphémisme, Alice! Je te déteste! C'est la dernière fois! Le magasin de lingerie, d'accord, pas de soucis... Les fringues, ça passe encore. Les godasses, surtout tes pompes tuent-la-mort aux talons de 18 centimètres, je ne supportais déjà plus. Mais passer une après-midi complète chez l'esthéticienne à me faire tartiner la tronche de tout un tas de saletés et ton pseudo relooking qui me fait ressembler à une bimbo, ça non! C’est la dernière fois, Alice, je te le jure! Plus jamais ça!
- Mais Bella, voyons, c'était pas spécialement pour toi mais pour faire plaisir à mon frère adoré! Regarde-le, s'il n'y avait personne, il t'aurait déjà sauté dessus! Pff... T’es vraiment une rabat-joie, Bella!

Pff... Jamais satisfaite! Et moi qui me décarcasse pour faire plaisir à tout le monde, voilà comment on me remercie! C'est vrai quoi, j'ai quand même passé la journée à la rendre présentable pour Ed, elle pourrait m'être reconnaissante, non? Ça la change de toutes ses fringues bizarroïdes qu'elle nous met parfois! Bon, je veux bien reconnaître qu'elle peut avoir du goût lorsqu'elle fait l'effort, mais ses vieux jeans troués et ses tee-shirts de groupes de rock, elle devrait s'en séparer! Il n'y a pas plus tue l'amour...

- Alice, ça suffit ! Ce n'est pas parce que tu as une addiction à la mode que ça doit être le cas de tout le monde. Ma Bella me plait telle qu'elle est !

Alors que ma sœur s'apprêtait à riposter, la porte de la villa s'ouvrit sur le Chef Swan, accompagné de Sue et Billy, poussé par Jacob.
Lorsqu'il vit le visage de sa fille, Charlie s'illumina comme un sapin de Noël. Mon ange se leva afin d'accueillir son père, et elle tira sur sa robe en prenant garde à ne pas tirer trop fort et dévoiler ses magnifiques seins engoncés dans le bustier.

- ISABELLA MARIE SWAN ! OÙ EST PASSÉ LE RESTE DE TA ROBE ?

Il me jeta un regard assassin, me croyant l'unique responsable pour la tenue plus que provocante de sa fille.
Bella claqua ses doigts devant le visage de son père.

- Oh ça va! Il n'y est pour rien! Tu peux remercier Alice pour ça!
- Alice? La petite Alice? ALICE ! VIENS ICI ! S'époumona Charlie au bord de la crise de nerfs.
- Oui Charlie? Vous désirez?

Ma sœur arriva en papillonnant des cils et le Chef Swan fut tellement ébloui par son air ingénu qu'il en oublia de râler.

- Euh... C'est à dire.... et bien... Ma fille... sa robe... euh... elle est merveilleuse, Alice, tu fais des miracles!

Billy riait sous cape et Bella roulait des yeux face au visage rougissant de son père.
Esmée, pendant ce temps, avait dressé la table afin de servir les humains invités sous notre toit.
Le repas fut agrémenté de gémissements de satisfaction, de tintements de couverts, de soupirs extatiques... pour le plus grand plaisir de ma mère.

- C'est incroyable ! Pour une personne qui ne mange pas, votre cuisine est un vrai bijou, Esmée ! Vous êtes une véritable artiste culinaire! Je n'ai jamais mangé quelque chose d'aussi délicieux ! S'exclama Charlie en caressant son estomac plus que rempli. Aaaah... pour un peu, je vous épouserai tout de suite !
- EH ! Se renfrogna Sue en lui frappant l'épaule.
- Désolé de vous décevoir, Charlie, mais cette fabuleuse cuisinière est d'ors et déjà prise et je la garde précieusement ! Je ne partage pas ! Rigola Carlisle en entrant dans la villa après sa journée de travail.

Il avait l'air préoccupé par quelque chose, puis finalement, il se tourna vers Alice.

- Dis-moi, as-tu eu une quelconque vision au sujet de Félix?

Ma sœur se mit à fouiller les avenirs éventuels des uns et des autres avant de se tourner vers notre père, dépitée.

- Non, rien du tout. Pour l'instant, il s'en veut énormément d'avoir réduit ses alliés en morceaux à la suite de l'évasion de Bella, Charlie et Carlie. Ils sont tous en train de se remettre plus ou moins péniblement et à part les fournir en... les alimenter... et maintenir leurs membres pour une reconstitution correcte de leurs corps, il ne peut rien faire d'autre. Pourquoi?
- Et bien... disons qu'il y a eu d'étranges disparitions sur Seattle. Des personnes qui se sont évaporées du jour au lendemain, parfois même au beau milieu d'un club bondé. De plus, trois cadavres ont été amenés à la morgue aujourd'hui. Des cadavres exsangues... Nous apprit-il.

Charlie, en bon flic, prêtait une oreille attentive à notre conversation.

- Exsangues, dites-vous? Et vous en pensez quoi, Carlisle?
- Pour moi, il n'y a pas trente-six solutions possibles, il s'agit de l'œuvre d'un vampire...
- Humm... je vois. Mais... de ce que je sais, la majorité de vos... invités... suit un régime traditionnel, non? Je ne souhaite pas vous froisser, mais c'est peut-être l'un d'eux, ne croyez-vous pas?
- Non Charlie, les amis des Cullen ne sont pas responsables. Affirma Billy Black en attrapant le poignet de son ami.
- Et qu'en sais-tu? Tu y étais peut-être?
- Non, bien sûr ! Mais nous avons un traité avec les Cullen. Leurs amis non végétariens n'ont pas le droit de se nourrir dans cet état sous peine de mort.
- C'est vrai, Carlisle?
- Oui Charlie. En général, je subtilise des pochettes à la banque de sang, sinon nos amis vont se... nourrir en dehors des frontières de Washington. De plus, pour la grande majorité de nos amis au régime traditionnel, ils se nourrissent en général de criminels. Violeurs, assassins, pédophiles... et jamais, ô grand jamais, ils ne se nourriraient d'enfants ou adolescents. Or, les victimes exsangues n'avaient pas plus de 13 ans pour le plus vieux d'entre eux.

Carlisle soupira en secouant la tête. Il avait l'air d'avoir pris dix ans. Il n'avait jamais compris comment certains de nos congénères pouvaient s'en prendre à des enfants, alors qu'ils avaient une longue vie - pourtant bien courte comparée à notre immortalité - devant eux. Il n'était pas le seul d'ailleurs, nous étions pour la plupart dégoûtés par ce mode... d'alimentation des plus vils.
Voyant que nos pensées étaient des plus morbides, Alice bondit de sa chaise avec sa bonne humeur coutumière.

- Et si on se faisait une soirée films? Hein? Vous en dites quoi?

Le Chef Swan s'attendrit en la voyant sautiller sur place et frapper des mains, Billy Black, lui, se demandait s'il ne fallait pas clairement l'interner. Sue, quant à elle, enviait l'énergie intarissable de ma sœur. Entre la Meute, sa fille qui grandissait bien trop vite à son goût, Seth qui était en pleine crise d'adolescence et lui en faisait voir de toutes les couleurs, et Charlie qui parfois agissait comme un vrai gosse, la pauvre en avait plein le dos !
Les "adultes" décidèrent d'une petite ballade digestive, pour les uns, et apéritive pour les autres. Entendant Charlie plaisanter avec Eléazar, je m'étonnais encore de voir avec quelle facilité il s'était habitué à notre monde. Il avait encore un peu de mal avec nos amis non-végétariens, mais il commençait tout de même à les respecter. Et merci qui pour ça ? Merci les Quileute ! Et oui, étonnamment.
Alice nous proposa une liste de films, uniquement des comédies à l'eau de rose. Emmett fit un rapide aller-retour jusqu'à sa chambre et ramena un tas de films d'action.

- Ah non Em, certainement pas! Râla Alice en tapant du pied. Y'en a marre de tes films de bagarres !
- Et nous on a besoin de testostérone ! Y'en a plus qu'assez de tes films gnangnan et cul-cul la praline! C'est pas toi qui décide d'abord !
- Oh que si !
- On vote ! S'exclama Jasper, ce qui lui valut un regard noir de la part de sa "gazelle".

Alice se tourna vers ma Bella et lui souffla rapide "je t'ai à l'œil". Mon ange, quant à elle, lui sourit d'une manière absolument diabolique qui me fit froid dans le dos.
Comme de bien entendu, nous, mâles, options pour les films d'action. Personnellement, "Titanic" je n'en supporterai pas un 275ème visionnage... Quant aux filles, elles optèrent pour les comédies romantiques. Puis Alice se tourna vers Bella, le teint encore plus pâle qu'à l'accoutumée et une grimace déforma son visage de lutin.

- Oh non, non, non ! Tu n'oserais pas ! Dit-elle à mon ange d'une voix affolée.
- Oh que si ! J'vais m'gêner tiens ! ACTION !
- YEAAAAH !
- Bella, Bella, Bella, mais tu peux pas nous faire ça ! Tu peux pas me faire ça ! La supplia Alice.
- T'avais qu'à pas me traîner de force pour ta soit-disant journée anti-stress et t'avais qu'à pas m'obliger à porter cette chose ridicule ! Lui répondit mon ange avec un petit sourire satisfait aux lèvres.
- Sainte-Bella, je te laisse le choix du film ! Coupa Emmett en se mettant à genoux devant elle, les boîtiers dans les mains.
- Mais Bella, t'es carrément anti copines, là ! Et la solidarité féminine, t'en fais quoi ? Tu peux pas me... nous faire ça !
- Et si, Alice ! Fallait pas me chercher ! Tiens, ça fait longtemps que je ne les ai pas vus ceux-là... Ben puisque j'ai le choix, on se fait une soirée "Matrix" !

Bella lança les boîtiers à mon frère puis se jeta sur mes genoux, félicitée par nos amis qui pour une fois ne subiraient pas les films romantiques de ma sœur. Alice, quant à elle, avait une petite moue pleurnicheuse aux lèvres en regardant ma Bella.

- Bellaaa... S'te plait ! Fais-moi... euh nous plaisir ! Je te laisse le choix entre "Titanic", "Love Story" et "Pretty woman" !
- Non Alice ! J'ai déjà choisi !
- Mais Bell...
- La ferme Alice ! Va te faire une manucure et nous ennuie pas ! Intervint Rosalie, son regard gourmand rivé sur le postérieur de son homme.

Alice donnait l'impression d'avoir reçu une gifle tandis que nous regardions Rosalie avec un mélange d'incompréhension et de respect.

- Ben quoi ? Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu ce film ! Et il faut reconnaître que Keanu Reeves a un super beau petit cul et qu'il est très sexy dans Matrix. Aaaah... Quel dommage qu'il n'aime pas les femmes...

Nous explosions de rire en voyant le visage peiné d’Emmett, jaloux que sa femme aime mater les p'tits culs humains. Alice, quant à elle, pleurnichait dans son coin, espérant sans cesse que son "Jazzou" prenne sa défense. Raté. Quelque soit le conflit, Jazz est comme la Suisse : neutre.
Le premier film démarra, puis au bout d'une petite heure, je vis que ma Bella était plongée à la fois sur l'écran, mais aussi dans ses pensées. Elle ne bougea pas d'un poil jusqu'à la fin du film, puis pendant le second volume ni pendant le troisième. J'avais beau essayer de la distraire, ça ne marchait pas. Enfin, alors que le jour se levait doucement et que le générique de fin de "The One" se déroulait, Bella se releva subitement, comme si elle s'était assise sur un tapis d'orties, un sourire aux lèvres. Au même moment, Alice hoqueta de stupeur suite à une vision. Je n'en eu malheureusement pas accès puisque ma sœur s'amusa à chanter l'hymne national bulgare. Par contre, elle se tourna vers ma Bella, un sourire vengeur et extatique aux lèvres.

- Tu me dois une journée shopping, ma vieille !
- Hungh... Pff... Bon, c'est d'accord ! Marmonna ma Bella d'une voix tendue.

Alice l'agrippa par le poignet et la tira sans ménagements jusqu'à sa chambre. Alors que je m'attendais à entendre de nouveaux cris et hurlements, je fus surpris de voir ma Bella redescendre, vêtue d'un pantalon ample et d'un débardeur. Je ne comprenais pas comment Alice pouvait tolérer un tel accoutrement pour une sortie shopping !

- Let's go ! Vous venez les filles ! S'écria ma sœur d'une voix enjouée.
- Oh non ! J'aimerai passer ma journée avec mon Jacob pour une fois ! Se lamenta Tanya en enfouissant son visage dans le torse de son compagnon.
- Tu feras des papouilles au chien plus tard ! On y va !

J'eus à peine le temps d'effleurer les lèvres de ma belle qu'elle m'était de nouveau arrachée des bras par une Alice surexcitée.

- Vous allez où ?!
- Shopping mon Jazzou ! Le lèche-vitrine n'attend pas !
- On doit s'entraîner Alice !
- Ben... entraînez-vous ! Nous on se promène ! A plus tard mon Jazzou !

****************************

Trois semaines que les filles se tirent de leur côté chaque jour, dès l'aube, ne rentrant qu'au coucher du soleil.
Trois semaines qu'elles nous cachent je ne sais quoi, leurs pensées axées sur différents sujets. Des futures collections de prêt-à-porter pour Alice aux différents jeux érotiques que Rosalie aimerait partager avec Emmett, en passant par les parties de jambes en l'air lupinovampiriques de Tanya et Jacob, sans parler des "punitions" que Kate et Irina recevraient puisqu'elles ne voulaient pas avouer à leurs compagnons respectifs ce qu'elles trafiquaient depuis plusieurs jours avec Bella.
Trois semaines que je devenais dingue puisque je n'avais quasiment plus de contacts avec mon ange. Hormis nos temps-libres pendant la chasse qui se terminaient généralement à la va-vite contre un arbre ou à même le sol, je ne profitais presque plus d'elle car chaque soir le Chef Swan venait dîner à la maison, et chaque soir, le Chef Swan s'accaparait mon ange pendant des heures.
Trois semaines que je n'en peux plus de toute cette foutue tension ! Ajoutez à cela la frustration sexuelle et vous comprendrez que j'étais comme une bombe à retardement sur le point de péter.
J'évacuais ma frustration en éclatant royalement Jasper sur "Splinter Cell" et môssieur, vexé d'avoir le dessous, me bombarda d'ondes hilarantes pour m'empêcher de jouer correctement.

- Sale tricheur !
- T'en veux encore, Eddy? Ou tu préfères peut-être un peu plus de luxure? Ou de frustration ?
- J'te déteste ! Et puis arrête de m'appeler "Eddy" !
- Ok... Eddy !

Grrr... Parfois, j'avais de ces envies de meurtre!

Pourquoi j'ai l'impression d'avoir envie de me foutre une balle dans la tête, Eddy ?

Arg! Et ce connard se foutait clairement de ma gueule en plus !

Je continuais à le rétamer sur le jeu lorsque la porte s'ouvrit ENFIN sur les filles.
Elles avaient toutes un sourire rayonnant aux lèvres et Jasper sentait une certaine fierté émaner d'elles, principalement de ma Bella.
Mon ange se planta finalement devant l'écran, empêchant Jazz de jouer.

- Eh Bells! À ce que je sache, ton père n'est pas vitrier ! Bouge !

Bella resta stoïque, éteignit la télévision, puis se planta, droite comme un I, devant Jasper.

- Eh, Jazz ! Je connais le jiu-jitsu...

vendredi 2 septembre 2011

48 - ... et on s'assemble

Un violent CRAC ! retentit alors que je la réceptionne. Son corps se plaque brutalement contre le mien, cherchant à fusionner avec moi. Je l’enlace étroitement alors que ses jambes s’enroulent fermement autour de ma taille. Le visage enfoui dans son cou, j’inspire sa délicieuse fragrance jusqu’à saturation, le corps tremblant, en manque de ma dose. Je n’aspire plus qu’à une chose, me fondre en elle pour l’éternité et ne plus jamais la relâcher, ne plus jamais en être séparé. Maintenant que j’ai retrouvé mon cœur, je suis enfin entier.
J’oublie tout ce qu’il se passe autour de moi. J’oublie où je suis et avec qui je suis. Il n’y a plus qu’elle qui compte. Elle et moi.
Un bras toujours enroulé autour de sa taille, j’agrippais brusquement sa chevelure et relevais son visage, ancrant mon regard au sien.
Ses yeux miroitaient de mille feux et je pouvais y lire clairement le soulagement qui l’habitait, tout comme l’amour passionnel qu’elle ressentait à mon égard. Puis, sans plus attendre, je me jetais voracement sur sa bouche.
Bon sang ! Comment avais-je fait pour me passer du goût de ses lèvres pendant tout ce temps ?
Un langoureux gémissement s’échappa de sa gorge lorsque ma langue caressa timidement sa lèvre inférieure, quémandant l’entrée de sa délicieuse bouche.
Alors que nous nous embrassions avec ferveur, un raclement de gorge et quelques rires tout sauf discrets nous ramenèrent à la réalité.

- Eh ! Z’allez pas copuler ici, non ? Prenez une chambre ! Ricana Emmett, goguenard.

S’apercevant de notre position plus qu’équivoque, Bella se laissa glisser doucement au sol, frottant au passage le feu qu’elle avait crée dans mon futal. Je grognais tandis qu’elle m’observait, un sourcil haussé et une expression amusée gravée sur le visage. Elle eut au moins la décence de cacher mon gros problème en me tournant le dos et en se collant contre moi. J’enroulais mes bras autour de sa taille et elle en profita pour se frotter contre moi, n’arrangeant en rien mon souci érectile.

- Allumeuse… Lui susurrais-je d’une voix sourde et emplie de désir au creux de l’oreille.

Bella gloussa doucement et un second raclement de gorge nous ramena au moment présent.
Je relevais la tête pour croiser le visage du Chef Swan.
Oups !
Je ne sais pas pourquoi, mais il avait une tête de constipé qui s’acharne à pousser le baobab coincé dans son anus en nous observant, sa fille et moi. Il grogna et m’assassina du regard avant de blêmir subitement et de reculer d’un pas, son regard fou sautant de l’un à l’autre, faisant le tour de l’assemblée présente au salon.
C’est sûr que de débarquer dans un nid de vampires avait de quoi largement le mettre mal à l’aise!
Sans réfléchir, j’allais jusqu’à lui et l’étouffais dans une étreinte à lui briser les os, soulagé de le revoir en vie, parmi nous.

- Ça fait plaisir de vous revoir entier, Chef ! Vous nous avez manqué.
- Euh… Oui… euh… toi aussi ça fait du bien de te revoir, gamin !

Je le relâchais puis il m’observa attentivement avant de reprendre.

- Euh… enfin… je dis gamin mais… je… t’as quel age ? Me demanda-t-il d’une petite voix.
- Dix-sept ans ! Claironnais-je.
- Euh… je veux dire… pas physiquement, hein ? T’as quel age ?
- Un siècle. Marmonnais-je entre mes dents.

Il me détailla de haut en bas, choqué, puis se reprit en riant.

- Bah ! T’es plutôt bien conservé pour un centenaire ! Euh… je veux dire… vous avez…

Bella lui donna un coup de coude en riant.

- Voyons papa ! Tu l’as toujours tutoyé, tu ne vas pas te mettre à le vouvoyer quand même !
- Eeeeh ! Je n’y peux rien, on m’a toujours appris à respecter mes aînés ! Tu te rends compte, il pourrait être mon grand-père !

Emmett explosa de rire, s’imaginant déjà m’acheter un déambulateur et un dentier. Je grognais à son attention puis le Chef Swan s’approcha de moi, pointa son index sur mon torse avant de le marteler en appuyant chacun de ses mots.

- Dis-donc toi, on ne t’a jamais appris que la pédophilie c’est immonde ? Ma petite fille a tout juste, dix-huit ans et toi…
- Et moi dix-sept ! Alors si attentat à la pudeur il doit y avoir, c’est de la faute de Bella ! C’est elle qui fait du détournement de mineur, pas moi !
- ARGH ! Vous me donnez la migraine avec toutes ces histoires de fous et…

Le Chef Swan se figea, regardant quelque chose au-dessus de mon épaule et ses yeux s’envahirent peu à peu par la terreur. Je me retournais vivement et compris qu’il avait peur en voyant Aro, Marcus et Amun qui s’approchaient de nous. Il se mit à trembler légèrement avant de se ressaisir. Son regard se durcit également lorsqu’il se posa sur les trois vampires.
Aro, un sourire radieux aux lèvres, prit doucement le poignet de Bella et lui fit un baise-main.

- Très chère Isabella, je suis enchanté de te voir enfin ! Humm… Toujours aussi impénétrable, comme lors de notre précédente rencontre…

Bella le regarda, les yeux écarquillés par la surprise, et je vis dans son regard qu’elle se demandait s’il était possible qu’un vampire soit atteint de démence sénile.

- Euh… Je… je suis également enchantée de faire votre connaissance, monsieur, mais vous faites erreur, nous ne nous sommes jamais rencontrés, je suis désolée de vous contredire.

Eléazar s’approcha également, se présenta auprès de Charlie, puis fit une brève accolade à mon ange. Marcus, lui, s’extasiait sur l’intensité du lien qui nous unissait, ma douce et moi, puis il s’avança d’un pas et se présenta également à ma Bella.

- Je ne voudrais pas paraître impolie mais… vous êtes qui ?
- Voici Aro et Marcus Volturi. Expliqua mon père qui s’était rapproché de nous. Je suis ravi et surtout soulagé de vous revoir en un morceau, Charlie. Et toi aussi, Bella. Vous n’imaginez pas à quel point vous nous avez manqués !

Le Chef Swan hocha brièvement la tête en souriant à mon père.

- Volturi ? Comme vos rois vampiriques ? Demanda-t-il, un soupçon de curiosité dans la voix.
- Effectivement. Répondit Aro d’une voix étonnée. Et comment le savez-vous ?
- Bah… vous savez… pendant notre captivité, j’ai eu le temps d’en apprendre un peu sur votre… espèce ?
- Excusez-moi, on se connaît ? Demanda Bella en fixant intensément Marcus.
- Oui jeune Isabella. Nous nous sommes déjà rencontrés. Une fois.

Le regard de mon ange se perdit rapidement dans les songes avant de faire la navette entre Aro, Marcus et Eléazar à plusieurs reprises, puis sa bouche s’ouvrit, formant un O absolument parfait.

Oouuuhoooo… si tu savais à quel point j’aimerai sentir ton O se refermer autour de ma queue avant de m’attaquer à ton Q !

Je me secouais la tête pour chasser tous les fantasmes qui envahissaient mes pensées et me focalisais à nouveau sur la discussion.
Bella enroula ses doigts autour de ma main et se mit à les serrer avec une poigne d’acier.

- Oh ! Ce… C’était vous ? Ce soir-là… C’était vous ?

Marcus lui répondit d’un bref hochement de tête et lui sourit tristement.

- De quoi parles-tu, Bells ? Demanda le Chef Swan.
- Le… la soirée feu de camp… avec maman… la dernière fois… ce… c’est grâce à ces trois personnes si je ne suis pas morte ce soir-là…

Les yeux de Charlie s’emplirent de larmes qu’il essuya discrètement du revers de la main ; son regard n’était plus que reconnaissance infinie à l’égard des trois personnes. De ses mains tremblantes, il attrapa celles d’Aro et de Marcus et les serra fermement, avant de répéter son action auprès d’Eléazar.

- Merci. Merci pour ce que vous avez fait. Merci d’avoir eu la bonté d’épargner mon bébé. Elle est tout ce que j’ai de plus cher au monde et je ne vous serai jamais assez reconnaissant pour votre geste.

Aro et Marcus échangèrent un regard stupéfait. Ils n’en revenaient qu’un « humain » leur témoigne de la gratitude à ce point.
Un rire enfantin s’éleva dans les airs et je me tournais pour apercevoir la fillette, agrippée sur le dos d’Emmett qui imitait le cheval.

- Allez hue ! Plus vite ! Hue baudet !

Un rire collectif retentit lorsque nous vîmes mon frère courir dans tous les sens, essayant de hennir et tapant sur ses cuisses pour imiter le bruit d’un cheval au galop. Ouais. Décidément, il s’était trouvé une petite copine du même âge !

- Emmett ! Repose-moi cette petite par terre, tu vas la rendre malade ! Et c’est qu’elle doit avoir faim cette enfant ! S’exclama Esmée qui venait de dresser la table pour la gosse, Charlie, Sue et les clebs.

La gamine se mit à rougir lorsque son ventre gargouilla, et elle s’approcha timidement d’Esmée qui lui tendait la main en souriant.
Je n’avais pas fait attention à la gosse, trop focalisé sur mon ange, et si je trouvais notre ressemblance incroyable à travers les visions d’Alice, je fus tout de même choqué de voir à quel point Bella et moi étions présents en elle physiquement. Traits… cheveux… rougissements… Si nous avions pu avoir un enfant, c’était bien cette gosse.

- Mais dis-moi, comment t’appelles-tu ma chérie ? Lui demanda doucement ma mère en caressant la tête de la petite.
- Carlie.
- C’est un bien joli prénom pour une bien jolie petite fille, Carlie. Moi, je m’appelle Esmée, et lui c’est…
- C’est Caraïlle ! Je sais ! Lui c’est Mémette… et lui c’est Jassèr… et là c’est Lalice… et elle c’est Rojalie ! Et puis là c’est Ewar !
- Tu nous connais déjà ? S’étonna ma mère, au même titre que nous.
- Ben oui ! Bella elle parle tout le temps de vous. Elle m’a dit c’est quoi que vous ressemblez. Comme ça, je m’ai pas trompé ! Bella elle vous aime trop beaucoup alors moi aussi !
- Tu aimes Bella tant que ça ?
- Bah oui ! Elle a empêché les méchants de me faire du mal alors elle est gentille. Ma maman elle m’a dit que il faut toujours être gentil avec les gens qui sont gentils. Et même si des fois Bella elle m’a fait un petit peu peur ou un peu beaucoup, et ben c’était pas de sa faute, c’est parce que le méchant pas beau il ne lui donnait pas à manger.
- Le méchant pas beau ? Mais c’est qui ? Lui demanda ma mère tout en connaissant déjà la réponse.
- Il s’appelle Phallique je crois…

Nous étouffions un rire en entendant le lapsus de la petite, mais Emmett fut beaucoup moins discret, comme nous en témoigna le « AÏE ! Mais ça fait mal bébé ! » résultant de son fou rire.

-… Il est pas beau et il est méchant et puis il a des yeux tout rouges, comme eux là-bas ! Chuchota l’enfant au creux de l’oreille d’Esmée, en pointant du doigt Aro, Marcus et le clan Égyptien.
- Oh. Et tu n’as pas peur de nous ?
- Bah non hein ! Bella elle m’aura jamais emmené chez des méchants alors j’ai confiance !

Aaaah… vive la logique d’un gosse de cinq ans !
Aro était très étonné de la façon de penser de la petite. Il s’approcha donc d’elle en douceur puis leva les mains en signe de paix lorsqu’il vit Carlie reculer d’un bond et se cacher sous la table, ses grands yeux chocolat effrayés.

- Ssssh… ne t’inquiète pas petite fille. Je ne te ferai aucun mal.

Il l’aida à se sortir de sa cachette puis lui tapota doucement la tête. Le visage d’Aro était marqué par l’affliction et un profond dégoût.

- Je suis désolé, enfant… je ne peux rien faire pour mes yeux. Tu sais que tu ne risques rien ici, non ?

Carlie hocha doucement la tête.

- Bien. Est-ce que tu sais ce que nous sommes, petite Carlie ?
- J’suis pas petite ! J’ai cinq ans ! et demi !

Je masquais un sourire en voyant la petite, butée, croiser ses bras sur sa poitrine tout en jaugeant Aro du regard. Je revoyais Bella lorsque j’avais tendance à la contredire !

- Oh ! Très bien, grande fille, il est vrai qu’à cinq ans et demi, on n’est plus un bébé. Alors dis-moi, sais-tu ce que nous sommes ? reprit Aro, essayant de conserver un visage impassible, mais agréablement surpris par le caractère effronté de Carlie.
- Bah oui ! T’es un vampire !
- Est-ce que tu sais ce que c’est ?
- J’suis peut-être petite mais j’suis pas bête, hein ! Je connais Dracula, je l’a vu à la télé !

Carlie secoua la tête tout en roulant des yeux, affligée par la soi-disant stupidité d’Aro qui n’y connaissait rien à Dracula, puis ses sourcils se froncèrent et son visage se referma.

- Mais dans Dracula, ils disent que les vampires ils aiment pas les croix et l’obélite. Et puis ils disent aussi que le soleil ça les tue, mais c’est pas vrai, Bella elle brille au soleil, je l’ai vu! Dis, tu dors dans un cercueil ? Je pourrais le voir ?

Aro s’étouffa de rire en entendant les propos de la petite et entreprit de lui expliquer la différence entre les « vrais » vampires et ceux des mythes pendant qu’elle mangeait en compagnie de Charlie, Sue et des Quileute.
Carlie me regardait fixement, puis elle détailla chaque vampire présent dans la pièce avant de reporter son attention sur Aro.

- Dis monsieur, pourquoi ils ont des yeux dorés et pas toi ?
- Oh ! C’est parce que… nous n’avons pas le même… régime alimentaire.
- Bah, ça boit pas du sang, un vampire ? Lui demanda Carlie en fronçant des sourcils.
- Oui, bien sûr ! Nous nous nourrissons de sang. Mais… si les Cullen et Dénali ont les yeux… dorés comme tu le dis si bien, c’est parce qu’ils boivent… du sang animal.
- Ah bon ? Et toi alors, tu bois du sang de quoi ?
- Euh… et bien j’ai… un régime plus… traditionnel dirons-nous… Expliqua Aro, gêné de devoir se justifier face à une petite humaine de cinq ans.
- Et quoi ça veut dire tradichonel ?
- Ça veut dire que je bois le sang des humains.
- Ohoh. Ça veut dire que tu vas me manger alors ? Lui demanda-t-elle d’une petite voix timide et craintive en se recroquevillant contre Charlie.

Aro rit puis lui caressa tendrement le visage.

- Rassures-toi, belle enfant, je ne te mangerais pas ! Et Charlie non plus ! Bien que normalement, je devrais le faire…
- Pourquoi ça ?
- Vois-tu, jolie petite fille, en temps normal les humains ne doivent surtout pas être au courant de notre existence. C’est un secret. Lorsqu’un humain découvre la vérité, soit nous le transformons, soit nous le tuons. Dans votre cas, cependant, c’est la folie de l’un des nôtres qui vous a fait basculer dans un monde dont vous ne devriez pas avoir connaissance. Il ne serait donc pas juste de mettre un terme à votre vie, tu ne crois pas ?
- Si. Alors tu vas me transformer si tu ne me manges pas ?
- Bien sûr que non, ce serait un crime ! Les enfants immortels ne doivent pas exister. Tu t’imagines vivre cinq cents ans dans le corps d’une petite fille, sans jamais grandir ? Tu dois juste garder le Secret. Ne jamais parler de nous. D’accord ?
- D’aaaaccoooord… Lui répondit Carlie en baillant à s’en décrocher les mâchoires.

Alors qu’elle commençait à s’endormir au-dessus de son assiette sous les regards à la fois attendris et protecteurs de toutes les personnes présentes, Rosalie la prit tendrement dans ses bras et l’emmena à l’étage, dans mon ancienne chambre. Le Chef Swan était inquiet à l’idée de laisser Carlie seule ici, au beau milieu de « personnages de cauchemars » et alors qu’il se levait pour aller la rechercher et l’emmener chez lui, je m’approchais de mon futur beau-papa afin de le rassurer.

- Ne vous inquiétez pas, Charlie. Carlie ne risque rien, elle est en sécurité ici, tout comme vous.

Son regard s’adoucit légèrement et son corps se détendit, puis l’inquiétude revint au galop lorsque Peter et Charlotte revinrent de leur « repas » et qu’il tomba sur leurs yeux d’un vermillon pétant.

- Nous ne risquons rien ? En es-tu bien sûr ? Me demanda-t-il d’une voix cinglante, sur ses gardes.

Alors que j’allais lui répondre, Amun s’approcha de nous puis s’assit face à Charlie. Le regard de ce dernier s’écarquilla de terreur lorsqu’il croisa les prunelles pourpres de l’Egyptien, mais il resta stoïque, rassuré quelque peu par la présence de sa fille, des loups et de ma famille.

- Monsieur Swan, je comprends parfaitement que vous ne soyez pas rassuré en notre présence mais…

Charlie se leva, furibond, et se posta face à Amun, droit comme un I, en tapant du poing sur la table.

- Vous comprenez ? Alors ça, ça m’étonnerait ! J’ai passé trois semaines dans une cellule à me demander ce que l’on pouvait bien me vouloir avant d’être balancé de but en blanc au beau milieu d’une réalité complètement surréaliste ! Je me suis torturé psychologiquement ensuite, croyant que chaque jour serait mon dernier, persuadé que j’allais mourir des mains même de ma fille ! Je n’ai rien demandé, moi ! Ma petite vie était bien tranquille et il a fallu qu’un… qu’un vampire fou furieux s’en prenne à moi et à ma fille ! Et cette pauvre gosse n’a rien demandé non plus ! Et pourtant, ça n’a pas empêché ce psychopathe de tuer sa mère devant elle ! Alors ne me dites pas que vous comprenez parce que…
- Détrompez-vous, Monsieur Swan, je sais très bien ce que vous pouvez ressentir. Je connais personnellement ce psychopathe, comme vous le dites si bien. Ses méthodes barbares également. Si nous sommes réunis en ce lieu, c’est parce que nous avons le même but : détruire notre ennemi commun. Une majorité des personnes présentes ici ont eu à souffrir de la barbarie de ce monstre. Les autres sont là uniquement pour nous appuyer dans notre quête. Aussi Monsieur Swan, je vous assure que vous ne craignez rien ici. Il ne pourra plus vous atteindre, nous veillons. Maintenant, vous avez eu une dure journée, riche en émotions fortes, surtout après votre éprouvante captivité. Vous devriez vous reposer, nous aurons tout le temps de répondre à vos questions dès demain. Allez dormir, Monsieur Swan, vous en avez grand besoin.

Puis Amun se releva et rejoignit les membres de son clan sous le regard éberlué de Charlie qui ne savait plus que croire ou penser. Hormis Alec qu’il voyait comme un enfant abusé, il s’était forgé une opinion sur les « vampires aux yeux rouges », faussée par sa captivité, et voilà qu’Amun brisait toutes ses croyances !
Il se frotta les tempes, subitement écrasé par le poids de sa fatigue, mais bien trop angoissé pour avoir un sommeil réparateur. Carlisle s’en aperçut et lui apporta un léger calmant qui lui permettrait d’avoir un sommeil sans rêves, puis Esmée les mena, Sue et lui, dans la chambre d’amis.
Les Quileute formèrent deux groupes, l’un retournant à La Push, l’autre patrouillant dans les environs en compagnie des Égyptiens et des Irlandais, des fois que Félix ou l’un de ses sbires se décide à faire une apparition.
Alors que ma Bella revenait vers moi après avoir accompagné son père pour s’assurer qu’il fasse une bonne nuit, le téléphone d’Aro sonna, indiquant le rapport quotidien de Démétri.

- Oui Démétri ?
- Bonjour à vous, Maître. Je vous appelle pour vous faire part d’un nouveau déplacement de Maître Caïus.
- Ah oui ? Il est parti du Panama ? Il retourne à Volterra ?
- Non Maître. Maître Caïus a bien quitté le Panama avec Madame Athénadora, mais ils ne retournent pas au château, ils se rendent dans un ashram au Népal, sur les hauteurs de Katmandou.
- Comment ? Un ashram ? Mais qu’est-ce qui lui passe par la tête à celui-là ? Bon. Merci Démétri. Mais dis-moi, es-tu vraiment sûr de ce que tu avances ?
- Oui Maître. J’ai piraté le téléphone cellulaire de Maître Caïus et je peux ainsi entendre ses communications et lire ses messages. J’ai bien entendu Maître Caïus faire les réservations nécessaires pour son voyage. Ils sont présentement dans l’avion pour Londres.
- Bien, bien. Je te remercie pour ta fidélité et ta loyauté mon jeune ami. Nous nous reverrons dans quelques jours. Transmets mes salutations à Renata et Chelsea ainsi que mon amour à Sulpicia, je te prie. A bientôt mon cher Démétri.
- A bientôt, Maître.

Aro raccrocha le téléphone, dépité par sa conversation, puis il se tourna vers Marcus.

- Mon frère, notre cher Caïus perd complètement la boule… Voilà qu’il se décide à se rendre dans un ashram au Népal ! Au milieu des hippies à Katmandou ! Dis-moi, mon cher Carlisle, est-il possible qu’un vampire perde la boule et devienne sénile ?
- Humm… peut-être que Caïus a décidé de… d’adoucir son caractère belligérant par un peu de méditation ? Rétorqua mon père en riant.

Je ne m’intéressais pas plus à leur conversation et me tournais vers mon ange, qui riait avec Alice, Rosalie, Tanya et Irina. Elle croisa mon regard et subitement, j’eus l’impression d’étouffer ici.
J’avais besoin d’intimité, besoin d’elle, de son corps.
J’en avais vraiment besoin. Et vite.
Bella devait certainement penser la même chose que moi puisqu’elle s’éloigna des filles et m’attrapa férocement la main, criant un « à plus tard ! » tonitruant qui fit rire tout le monde.

- Essayez de laisser le cottage debout pour une fois ! Rigola Emmett.

Je ne pris même pas la peine de répondre et filais avec mon ange chez nous.
Je plaquais violemment Bella contre la porte à peine refermée et écrasais mes lèvres sur les siennes. Elle gémit bruyamment lorsque ma langue attaqua goulûment sa bouche puis elle emmêla ses doigts dans mes cheveux, s’agrippant désespérément à ma tignasse alors que je pressais mon corps contre le sien.
Mes mains n’étaient pas en reste, pétrissant son adorable petit cul et ses seins voluptueux. Je me mis subitement à haïr ses vêtements et arrachais son jeans sans plus attendre avant de déchirer son tee-shirt sur toute la longueur. Bon Dieu, qu’est-ce que j’ai envie d’elle !
Bella suçota ma lèvre inférieure pendant quelques instants avant de remonter jusqu’à mon oreille et de mordiller doucement mon lobe.

- Huuungh… Edward ! Tu m’as tellement manqué… j’ai tellement envie de toi !

Je ne pus contenir mon gémissement lorsqu’elle empoigna mon érection à travers le tissu, la pressant juste ce qu’il fallait pour que mes yeux roulent dans leurs orbites. Je glissais une main avide entre ses cuisses et grognais de plaisir lorsque je sentis mes doigts humides de son excitation.

- Bella… J’ai besoin de te sentir… besoin d’être en toi… maintenant !

Un gémissement étranglé me répondit et elle déboutonna mon jeans en un clin d’œil avant de me l’ôter tout aussi rapidement. Une fois débarrassé de ce bout d’étoffe plus qu’encombrant, Bella empoigna à nouveau ma bite et me branla doucement tout en badigeonnant mon gland du liquide séminal qui en perlait. Je grognais lorsque mon pouce débusqua son clitoris et enfonçais deux doigts qui glissèrent aisément au fin fond de son antre.

- Aaaah… Ab-à bas les préliminaires ! Prends-moi bordel ! Roucoula-t-elle d’une voix de gorge.

Elle n’eut pas besoin de me le dire deux fois !
J’agrippais ses jambes pour les enrouler autour de ma taille avant d’empoigner son délicieux fessier. Ma queue frémissait d’impatience aux portes de sa féminité et les yeux dans les yeux, je m’enfonçais en elle d’un ample coup de rein.
Bonheur… Félicité… Ivresse… Euphorie… Nirvana…
J’étais enfin à ma place.
Le visage enfoui dans son cou, m’imprégnant de son envoûtante fragrance, je savourais cet instant de communion parfaite, immobile au fond de son ventre, m’enivrant de la sentir si serrée autour de ma queue et de mon corps.
Bella m’incita à bouger en roulant du bassin et je m’y pliais bien volontiers. Je sortis de sa fente en lenteur pour m’y enfoncer à nouveau vigoureusement, la faisant presque glapir de plaisir.
Elle rejeta sa tête en arrière, cognant brutalement la porte, lorsque ma bouche explora son buste avant de se refermer sur un appétissant téton rose et tendu, puis elle se mit à jurer en me sentant aller et venir en elle, toujours aussi lentement et puissamment.

- Oooh… Bella ! C’est si bon… si serré… je te sens si bien ! Marmonnais-je contre son sein entre deux baisers.

Bella se cramponna fermement à mes épaules, m’étreignant désespérément comme si elle craignait que je m’évapore à tout moment ; son souffle court et heurté se répercutait dans mon cou et ses gémissements plaintifs m’enivraient.
Elle commençait à devenir folle, ne supportant plus le rythme langoureux que je lui imposais et je me mis à pétrir son adorable petit cul d’enfer pour l’immobiliser.

- Pl-plus fort ! Edward… prends-moi… plus fort !

Je claquais ma langue contre mon palais pour lui signifier que je menais la danse, puis mordis délicatement son téton gorgé de plaisir alors que je butais fortement en elle.
Ses gémissements gutturaux et son souffle vif se fanaient au creux de mon cou et je souris contre son sein, satisfait de son état.
Bella agrippa brusquement mes cheveux et me força à croiser ses yeux d’un noir d’encre et soudain, elle souleva son bouclier, me donnant accès à ses pensées et ses envies.
Je devins fou… Et me mis à délirer lorsqu’un « baise-moi fort ! » résonna dans mon esprit.
Je grognais et fis passer sa cuisse sur mon bras, écartant ma Bella afin qu’elle m’offre un meilleur accès ; elle était tellement plus profonde ainsi !
Elle couina lorsque je touchais un point sensible en elle et hurla de surprise lorsque je me mis à la pilonner…

- Tu veux que je te baise, mon ange ?
- Ou-oui ! Ouiii !
- Cramponnes-toi, tu vas être servie…

Je remerciais intérieurement Esmée pour avoir eu l’idée de génie de poser des portes renforcées et la bénie carrément lorsque Bella m’offrit ses pensées les plus secrètes et ses fantasmes débridés.

- Putain Bella ! Tu vas me tuer…

Elle se mit à pleurnicher lorsque d’un brusque coup de rein je la fis décoller. Je passais mon second bras sous son autre cuisse, satisfait de la voir ainsi grande ouverte, offerte à mon bon plaisir, et me mis à la marteler tel un chien en rut, évacuant ma hargne, ma colère et ma peur ressentie pendant son éloignement forcé au rythme d’un va-et-vient enragé.
J’avais la folle impression que ma bite punissait sa chatte de son absence et la pilonnait d’autant plus vite et vigoureusement.

- Oui ! Oooh ! Aaah ! Enc-encore ! Edwaaaard ! Plus fort ! Ouiii là ! Ahan ! Ouiii!
- Putain ! putain ! putain ! bordel ! bordel ! bordel ! merde ! merde ! Ouiii !

Nos souffles heurtés n’arrivaient plus à suivre le rythme infernal et saccadé de mes coups de butoir et les “ah! Ah ! ah ! " qui peinaient à sortir de la bouche de ma Bella me galvanisaient presqu’autant que les cris humides de sa chatte.
La voyant se battre pour contenir son orgasme, j’insérais doucement le bout d’un doigt dans son anus, et voyant la facilité avec laquelle il y glissait et le visage extatique de mon ange, je l’enfonçais entièrement, lui imprimant un mouvement de va-et-vient.

- Edwaaard ! Je… Haaan !

Marteler. Pilonner. Défoncer. Ravager.
Aucun mot ne pouvait rivaliser avec la frénésie qui nous possédait.
J’étais certain de me payer un foutu échauffement de la queue à force de la buriner ainsi, mais je m’en foutais royalement, n’écoutant que le plaisir qui nous envahissait.
Le silence était entrecoupé de nos grognements sauvages, des BANG sonores, résultant de son corps cognant contre la porte, des claquements de sa peau contre la mienne et des bruits humides qui trahissaient son plaisir.
Nous n’étions plus que deux bêtes guidées par leurs hormones et par le sexe.
Deux animaux en rut.
Bientôt, je la sentis se contracter, les jambes tendues et son intimité incroyablement resserrée sur mon chibre. Ses doigts s’enfoncèrent dans mon dos, griffant, pinçant, creusant… et elle explosa sur mon membre frémissant en elle et ruisselant de son jus.

- Ooooh… Edward ! Edaaaargh !

Les lèvres serrées et les mâchoires tendues, je continuais à la marteler, mes coups de butoir étaient bien plus vifs et brutaux. Ses cuisses, mes mains et mon pelvis ruisselaient de son foutre et je criais comme une bête, agrippant son bassin à deux mains pour m’enfoncer une dernière fois en elle. J’éjaculais puissamment au fond de son ventre au moment où un deuxième orgasme s’empara d’elle.

- Bordel ! Bordel ! Bordel ! Bellaaaa !

Ma queue pulsa encore quelques instants en elle, crachant ses dernières gouttes de foutre et pendant un moment, je crus voir des étoiles avant d’être aveuglé par un voile noir.
L’orgasme… la petite mort… le pied total, ouais !
J’entendis subitement un grand « BAM ! » qui me fit redescendre de ma petite planète plaisir et m’aperçus que je m’étais écroulé à genoux, ma Bella enroulée autour de moi.
Nous peinions à reprendre notre souffle, nos têtes enfouies dans le cou l’un de l’autre, puis au bout de quelques secondes…minutes…heures…ma douce soupira longuement.

- Wow ! C’était juste… waouh… Haleta-t-elle contre mon cou.
- Hein… hein. Wow. Comme tu dis.

Bella releva la tête et je croisais son beau visage barré d’un immense sourire radieux empreint d’une extrême béatitude, puis ses yeux s’emplirent d’une infinie tendresse.

- Ça, c’est ce que j’appelle des retrouvailles en or !
- Tu l’as dit, ma belle. Tu sais que tu m’as tué en levant ton bouclier ? J’ai cru devenir fou !

Bella me frappa doucement l’épaule en riant.

- Eeeeh ! C’est plutôt toi qui m’as tuée ! J’en ai le frifri qui palpite encore !
- Le frifri ?
- Rhaaa… j’ai la fouf’ en feu si tu préfères !

Elle roula des yeux puis posa tendrement ses lèvres sur les miennes.

- Je t’aime Edward.
- Je t’aime aussi, ma Bella.
- Si tu savais à quel point tu m’as manqué(e) !

Nous explosâmes de rire en nous apercevant que nous avions prononcé les mêmes mots au même moment. Puis subitement, un élan de culpabilité m’envahit en me rendant compte que je l’avais baisée comme une chienne. Je m’étais comporté comme un sauvage, comme un animal uniquement contrôlé par son propre plaisir.

- Je suis désolé mon ange… Lui dis-je doucement en lui caressant la joue.
- Désolé de quoi ? Mais enfin… de quoi tu parles, Edward ?
- De… (je la désignais) et… (puis montrais la porte)… je…
- Attends, tu plaisantes j’espère !

Bella explosa de rire sous mon regard peiné de l’avoir traitée comme un vulgaire objet. Une fois calmée, elle attrapa doucement mon visage.

- Tu t’excuses de quoi, Edward ? De m’avoir fait vivre la meilleure baise de ma vie ? J’ai vu les étoiles, je les ai touchées du bout des doigts. J’ai décollé au septième ciel et fait un aller-retour Terre/Paradis, et toi tu t’excuses ?
- Mais je…
- Ssssh… Me musela-t-elle d’un doigt. Nous en avions besoin Edward. Il y avait trop de tension à évacuer, d’un côté comme de l’autre. Oui, tu m’as baisée comme une bête. Oui, j’avais l’impression d’être une chienne en chaleur. Mais j’ai aimé ça. Adoré, même !

Bella m’embrassa à nouveau et ses lèvres semblaient aussi légères qu’une bulle de savon. D’un mouvement souple, je nous redressais tous les deux et gardais les jambes de mon ange autour de la taille avant de nous mener à la salle de bains.
Je n’avais eu aucune considération pour ma Bella, je l’avais utilisée, prise pour ma chose, alors qu’après sa captivité et leur évasion, elle avait besoin que je m’occupe d’elle !
Je la posais délicatement sur le meuble du lavabo et j’ouvris le robinet d’eau chaude sous la douche avant de retourner à ma douce.
Je lui enlevais ses chaussures qui ne l’avaient toujours pas quitté puis lui ôtais les lambeaux de jeans et de tee-shirt qui tenaient encore debout.
Puis je vis les marques sur son corps…
De profondes zébrures lacérant son ventre, ses cuisses, et en la retournant brutalement, je m’aperçus que son dos et ses fesses étaient marqués également.
Une colère monstrueuse s’empara de moi et je vis rouge.
Puis un profond dégoût. Envers Félix et surtout moi-même qui avais passé mon temps à pleurnicher sur mon sort.
Sans m’en apercevoir, je m’étais mis à gronder violemment en m’écartant lentement de ma douce.

- Vas-t-en !

Bella avait prononcé ces mots d’une voix suintante de tristesse et de désespoir et elle tentait tant bien que mal de recouvrir son corps avec les maigres lambeaux de vêtements qui restaient près d’elle.

- Mais que…
- Vas-t-en ! Sors ! Vas-t-en d’ici Edward !

Il était hors de question que je sorte de la salle de bains sans en avoir une raison valable. Merde ! Tout allait bien dix minutes avant !
J’agrippais fermement ses épaules, elle se débattait comme un beau diable.

- Mais qu’est-ce qu’il te prend Bella ?
- Ce qu’il me prend ?

Ses yeux s’écarquillèrent sous la surprise puis son regard se durcit.

- Tu oses demander ce qu’il me prend ? Ne te fous pas de moi !
- Mais de quoi tu parles ?
- Du dégoût que je t’inspire ! De ta colère à mon encontre ! De ton dégoût pour ces cicatrices qui m’enlaidissent ! Je vois bien que mon corps te répugne, c’est pour ça que je te facilite les choses ! Vas-t-en ! Maintenant !

Elle n’a rien compris !
Bella devenait complètement hystérique, me repoussant violemment avant de se rouler en boule sous la douche et de se balancer d’avant en arrière, puis elle attrapa une éponge et commença à se frictionner rageusement.
Je restais face à elle, les bras ballants, ne sachant pas comment réagir et je finis par me mettre en rogne contre son caractère de cochon et son côté je sais tout même si je ne sais rien du tout.
Après m’être débarrassé du peu de vêtements que j’avais encore sur moi, je me glissais sous la douche et me mis contre Bella. Ses petites mains se posèrent sur mon torse et elle me poussa brutalement, mais je restais bien ancré sur mes pieds.
Je lui arrachais ensuite l’éponge des mains et l’attrapais doucement mais fermement par les épaules.

- Vas-t-en ! S’il te plait vas-t-en… M’implora-t-elle, ses grands yeux tristes osant à peine croiser les miens.
- Ssssh… Non Bella, je n’irai nulle part…
- Mais je te dégoûte !
- Non Bella !
- Ne me mens pas ! Tout mais pas ça !

Je dégageais son visage des mèches folles qui l’encombraient puis caressais sa joue avec délicatesse, comme si elle était faite du plus fragile des cristal.

- Je ne te mens pas mon ange ! Jamais !
- Mais je…

Je posais mon doigt sur sa bouche et vrillais mon regard au sien avant de l’embrasser tendrement sur le front.

- Oui j’ai la haine, Bella. Oui je suis dégoûté. Mais pas contre toi ! J’ai la haine pour ce que ce boucher t’a fait subir ! Je suis dégoûté de voir ce qu’il a osé te faire, mais ce que je ressens surtout, c’est un profond dégoût envers moi-même !
- Mais… pourquoi ?
- Bella, tu… tu as eu à subir tout cela et tu n’as pas bronché. Alors que moi j’étais là à pleurnicher sur mon sort ! Tu comprends ?

Elle recommença à frotter ses lacérations, tentant de les décaper à mains nues.

- Mais elles sont hideuses ces cicatrices ! Un horrible rappel ! C’est ce que je suis désormais, horrible !
- Non mon ange. Tu es belle. Magnifique. Forte. Ces marques sont la preuve de ton courage, bébé. Sois-en fière !

Son regard perdu croisa le mien et elle enfouit son visage dans mon cou, le corps secoué par de violents sanglots.
Je la berçais quelques instants puis l’aider à se remettre debout. Je lui lavais ensuite les cheveux avec un soin tout particulier et pris son éponge pour la savonner doucement, mon regard ancré au sien, vénérant son corps du bout des doigts.
Une fois sa toilette terminée, je coupais l’eau d’une main, attrapant une épaisse serviette éponge et entrepris de la sécher délicatement, puis je l’entraînais dans notre chambre.
Depuis nos fiançailles gâchées par Félix, je n’avais pas pu mettre un pied dans cette pièce, mais je comptais bien y remédier grâce à ma Bella.
Je l’allongeais précautionneusement au centre du lit sans jamais rompre notre échange visuel, puis entrepris de caresser chaque parcelle de son corps du bout des doigts, du plat de la main, de mes lèvres.
Bella se tendit subitement lorsque je frôlais une longue lacération barrant son bas-ventre du bout de l’index. Je retraçais alors chacune de ces ignobles marques d’un léger effleurement de la main avant de les redessiner du bout de la langue.
Je voulais lui faire comprendre que bien que ces marques soient un rappel du prix à payer pour avoir croisé la route de ce boucher, elles étaient avant tout une preuve de son courage et de sa force de caractère.
Je voulais que Bella comprenne qu’elle était une déesse – ma déesse – et qu’elle se devait d’être adorée… idolâtrée… vénérée.
Son petit corps tremblait sous mes mains, mais ce n’était ni à cause de la peur, ni du dégoût. Elle commençait enfin à s’abandonner librement à mon adoration.
Ses grands yeux caramel rivés aux miens, j’empaumais doucement ses seins, taquinant ses pointes tendues de mes pouces, puis elle gémit lorsque je me mis à suçoter un téton, d’abord doucement, mais bien vite goulûment. Un vrai délice !
Je m’aperçus que je m’étais agenouillé entre ses cuisses lorsque je sentis quelque chose de chaud et humide frotter sur mon genou et entendis Bella gémir.
Je mordillais doucement son téton puis m’attaquais à l’autre avant de laisser une main glisser entre ses cuisses et de grogner contre son sein.

- Merde Bella ! Tu es complètement trempée…

Elle haleta lorsque je glissais deux doigts en elle et râla, lorsqu’après quelques va-et-vient, je les ressortis. Bella gémit à nouveau lorsqu’elle me vit sucer mes doigts dégoulinant de son nectar puis elle se mit à grogner.
Bon sang, comme je trouvais cela sexy chez elle ! Animal… Bestial… Sauvage… Sexe…

- Tu aimes me voir lécher mes doigts remplis de ton foutre, Bella ? ……… Réponds !
- Ou-oui !

J’enfonçais à nouveau mes doigts en elle et les ressortis pour les sucer, encore.

- Rrrrrrrrrr…
- Bien que je trouve tes grognements super sexy et surtout bandants, il y a autre chose que je préfère entendre…
- Ah oui ?
- Oh oui… J’adore t’entendre hurler de plaisir, mon ange…

Je ne lui laissais pas le temps de me répondre et glissais mes lèvres de sa poitrine à son ventre avant de poser fermement mes mains sur ses cuisses, les écartant suffisamment pour y prendre place.
Sans lui laisser le temps de dire « ouf ! », je léchais langoureusement sa fente et m’attardais quelques instants sur son délicieux bouton, le suçotant, le mordillant, l’aspirant…

- Ooooh… Edwa… aaah !

… puis recommençais mon manège.
D’une légère pression de la main, son sexe s’ouvrit tel un fruit bien mûr et je récoltais chaque goutte de ce précieux sirop du bout de la langue.
Et dire que j’en avais presque oublié son goût… quel crime !

- Humm… Bella tu es… exquise…

J’aspirais son clitoris avec gourmandise…

- … Délicieuse…

… puis la baisais avec ma langue, encore et encore, enorgueilli de la voir se trémousser contre mon visage en poussant des petits cris étranglés.
Je lui fessais les cuisses lorsqu’elle essaya de me caresser avec son pied. C’était mon tour de m’amuser… Et je m’y appliquais avec un soin tout particulier.
Lorsque je vis son corps parcouru de frémissements et soubresauts, je pinçais son clitoris entre mon pouce et mon index, le branlant doucement et baisais son antre de ma langue.
Si elle aimait ça, comme en témoignaient ses cris démentiels, moi j’adorais !
Elle agrippa violemment mes cheveux et pressa mon visage contre son centre lorsque son corps s’arc-boutât, soumis à des centaines de frissons puis se laissa submerger par son orgasme tandis que je lapais chaque gouttelette de ce divin breuvage craché par sa délicieuse petite chatte jusqu’à la lie.

- Ah ! Ah ! Edwa… Edwa… Ed… aaah !

J’embrassais doucement son bouton à plusieurs reprises et lui caressais tendrement ses plis le temps qu’elle émerge de son état orgasmique, et alors que mes lèvres remontaient lentement jusqu’à ses merveilleux seins, Bella empoigna furieusement ma tignasse, releva brutalement mon visage et plaqua brusquement ses lèvres sur les miennes.
J’eus à peine le temps de réagir que sa langue pénétrait ma bouche sans ménagement, mais je n’allais pas m’en plaindre, loin de moi cette idée !
Elle grogna lorsqu’elle se goûta dans ma bouche et mes couilles me firent un mal de chien lorsqu’elle se mit à gémir voluptueusement tout en me suçant la langue, aspirant son jus qui y était resté.
Oh que c’est bon ! Sexe à souhait.
Nous nous écartâmes l’un de l’autre à bout de souffle, le regard noirci par le désir, et nous écroulâmes sur le lit dans les bras l’un de l’autre.

- Waw… Tu m’as tuée !
- Mais non, mon ange ! Regarde, tu parles !
- Tu fais de ces choses avec ta langue, c’est… c’est… Y’a pas de mots pour le décrire tellement c’est bon… Ô mon Dieu c’est…
- Edward, ma chérie. Moi c’est Edward.
- Prétentieux ! Rigola-t-elle en me frappant l’épaule.
- Même pas vrai !

Je caressais doucement la courbe de sa hanche du bout de l’index et elle se mit à frissonner.

- Tu vois ? La preuve ! Regarde dans quel état tu te trouves avec seulement un doigt ! Lui dis-je malicieusement.
- Ce que tu peux être con !
- Méfies-toi, mon amour, parce que la langue et les doigts dudit con pourraient se mettre en grève…

Ses grands yeux s’écarquillèrent face à mes fausses menaces et sa bouche s’ouvrit en grand sous la surprise. Elle la referma alors que j’allais y mettre mon index puis me regarda en haussant un sourcil.

- C’est pas grave ! A ce que je sache, ta bite n’est pas en grève, elle !

Je n’eus pas le temps de répondre que je me retrouvais le dos cloué au matelas, ma Bella assise sur mes cuisses et les mains plaquées au-dessus de la tête.
Je grondais doucement lorsqu’elle commença à frotter lascivement son intimité chaude et humide sur mon chibre, un sourire satisfait aux lèvres et les yeux pétillants de malice.
Puis elle se pencha, écartant un peu plus les jambes, et pressa ses seins contre mon torse. Je n’avais plus qu’une idée en tête, ruer du bassin et plonger en elle d’un vif coup de rein. Un instant, je crus que ma Bella lisait mes pensées puisqu’elle décolla légèrement son bassin du mien et fit glisser ma queue sur toute la longueur de sa fente, encore et encore, sans jamais me laisser la pénétrer, quoique je fasse.

- Bellaaaa !
- Qu’est-ce qu’il t’arrive mon cœur ? J’ai l’impression que tu es… tendu !

Bella me fit un petit sourire narquois, fière de voir l’état dans lequel elle me mettait.
Je tentais d’échapper à sa poigne, mais sa foutue force de nouveau-né était toujours présente, malheureusement.
Je me laissais donc aller à subir sa délicieuse torture, en espérant qu’elle ait bientôt pitié de ma pauvre érection et de mes malheureuses couilles presque bleues…
J’échappais un râle de plaisir alors que mon gland glissait contre son entrée et ris, satisfait, lorsqu’elle souffla quand son clitoris frôla mon bout palpitant.
Brusquement, il n’y eut plus ni poigne sur les mains, ni chaleur et humidité contre ma queue, mais juste un vide enrageant.
Alors que je levais la tête pour voir de quoi il en retournait, mon chibre fut vivement englouti dans l’étroit fourreau de son appétissant petit minou.

- Humm…. Putain Bella ! Haaa…

Les yeux fermés, je guidais mes mains jusqu’à l’endroit où se trouvaient ses hanches et fus surpris d’y découvrir son adorable petit cul. J’ouvris un œil et vis que ma Bella s’était empalée sur moi en sens inverse. Aaaah… j’adorais lorsqu’elle prenait de telles initiatives !
Elle se cramponnait à mes mollets et ondulait sur moi, coulissant de bas en haut, de haut en bas, ses seins frottant sur mes genoux.
J’agrippais les deux globes laiteux avidement et les écartais doucement, juste ce qu’il fallait pour me voir aller et venir en elle. Je grognais sauvagement en voyant ma queue luisante de son jus et m’aperçus que mes grognements provoquaient instantanément une réponse chez ma Bella. Surtout de la part de son vagin…
Elle se redressa et se cambra, ses longs cheveux bruns chatouillaient mon estomac, puis elle tourna la tête et me fit un clin d’œil coquin tout en se mordillant la lèvre inférieure.
Mes mains se resserrèrent brutalement sur son petit cul lorsque je devinais plus que je ne le voyais, qu’elle se caressait les seins.

- Bella… je ne te savais pas aussi… vicieuse…

En réponse, j’eus droit à un langoureux gémissement, une merveilleuse image de son téton roulé entre son pouce et son index, une délicieuse vue de sa langue léchant voluptueusement ses lèvres et de son bassin qui ruait sur le mien.
Elle râla puis grogna lorsque je lui mis une fessée, puis une autre… et une autre encore.

- Ooooh Edward ! Encooore !

N’y tenant plus, je l’attrapais par la taille, la virais de ma queue en sifflant d’inconfort, la jetais à plat ventre sur le lit, l’obligeais à se cambrer et pointer son cul vers le haut puis m’enfonçais d’un violent coup de rein au plus profond d’elle-même tout en la fessant.
Elle voulait du sport ? Elle en aurait !
Eeeeh ! Ce que femme veut, Dieu le veut !
Bella glapissait à chaque coup de butoir et couinait dès que ma bite quittait son antre du plaisir.
Je m’acharnais en elle, la martelant, la fessant, mais ce ne fut bientôt plus suffisant…
J’enroulais sa longue chevelure autour de mon poignet et la tirais fermement jusqu’à moi, la cambrant au maximum, et me réjouissais d’entendre ses hurlements et mes couilles claquer contre sa fente.
Putain que c’est bon !
Bella était tellement déchaînée et ruait tellement sous mes coups de rein effrénés que j’avais l’impression d’être en plein rodéo.
Plaquant une main contre son ventre, je la redressais, collant son dos à mon torse et la fis asseoir sur mes cuisses ruisselantes et collantes de ses jus.
Je dégageais son cou de ses mèches et me mis à l’embrasser, le lécher, le mordiller. Une main glissa jusqu’à son bouton engorgé de plaisir et l’autre s’empara avidement d’un sein tandis que je continuais à la marteler et qu’elle se déhanchait sur mon chibre.
Bella était proche de son apogée, je le sentais. Moi aussi d’ailleurs…
Subitement, mes lèvres trouvèrent quelque chose, à la base de son cou, qui ne devait pas y être.
Je me tendis, elle également.
J’ouvris les yeux et à l’endroit où étaient posées mes lèvres, je vis deux marques argentées sur sa peau, en forme de croissants de lune. Une morsure.
Et pas la mienne.
J’agrippais Bella par la taille et l’abaissais rageusement sur ma bite.

- Bella, c’est quoi ça ?
- Une… une mors… morsure.

Je la fis à nouveau coulisser rapidement sur ma queue.

- Oui, je sais… C’est lui ?
- Ou… Oui. Ouiii !

J’accélérais la cadence de mes coups de butoir, la faisant glisser frénétiquement sur mon chibre, en proie à la colère.

- Tu. Es. A. Moi, Bella… Mienne.
- Oui ! Oui ! Oh putain ouiii !
- MIENNE ! DIS-LE !
- OUI ! JE SUIS A TOI ! TOI ! TOI ! TOUAAAAAAAAH !

Je la mordis violemment pour recouvrir cette ignoble marque au moment où ses parois se resserrèrent furieusement sur ma queue et pompais en elle à quelques reprises avant de jouir profondément ancré en elle, submergé par un orgasme dévastateur.
Bella frissonnait violemment entre mes bras, à la fois de plaisir mais aussi de douleur à cause du venin.
Instantanément, je m’en voulais d’avoir été aussi brutal et même… violent. Mais je devais la marquer comme étant MIENNE aux yeux de tous.
Il était hors de question qu’elle porte la marque de Félix ailleurs qu’à son poignet. Et si je n’avais pas recouvert cette marque, c’est parce qu’aux yeux de Bella, elle était un rappel du prix à payer et de la vengeance.
Une fois remis de mon orgasme et de mon accès de rage, mes entrailles gelées se tordirent sous le poids de la culpabilité, de la honte et des remords.
Non seulement j’avais baisé ma Bella comme une chienne, usant et abusant de son corps pour assouvir mes besoins, mais en plus, là, je l’avais carrément brutalisée. Mais qu’est-ce qu’il m’arrivait ? Ce n’était pas moi, ça !
Décidément, je ne valais vraiment pas mieux que ce boucher sadique de Félix…

- Non Edward, je t’interdis de penser ça de toi !

Je regardais mon ange, les yeux écarquillés. Lisait-elle dans les pensées maintenant ?

- Mais non gros bêta ! Tu as juste pensé à voix haute !

Je baissais les yeux, honteux, et sentis rapidement ses bras minces se resserrer autour de mon cou.

- Je suis désolé, Bella…
- Pas moi ! Mais quand comprendras-tu que j’aime quand tu te lâches et que tu laisses ton côté bestial s’exprimer ?

Je caressais doucement la morsure sur sa nuque que je lui avais infligée du bout des doigts. Sa peau se refermait tout juste et du venin suintait encore de la plaie.

- Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je ne…
- Sssssh… ça aussi j’ai aimé. Ça m’a peut-être sacrément brûlé, je ne vais pas te mentir, mais tu m’as mordue au moment adéquat. Et puis… je t’ai déjà marqué comme mien, ça rééquilibre la balance, non ?

Elle me fit un clin d’œil et je souris en repensant à cette nuit-là et à ma « punition » puis caressais machinalement l’intérieur de ma cuisse.

- Et puis tu sais Edward, je préfère souffrir et avoir ta marque sur mon corps plutôt que de subir la sienne. Une seule suffit amplement !

J’effleurais son poignet puis sa nuque.

- Pourquoi t’a-t-il mordue ?
- Oh ! Il n’a pas… apprécié que je mette en doute sa virilité. Je l’ai fait une fois de trop, devant ses sous-fifres… et il a voulu montrer qui était le maître. Mais tu sais quoi mon amour ? On parlera plus tard, on a le temps. Là je veux juste me repaître de ton corps… en user… et en abuser…

Lorsque je vis son regard noirci de désir et la sentis user de sa force sur moi, je sus instantanément que ça allait être ma fête…
Et honnêtement, entre nous, qui suis-je pour m’en plaindre !